Nathalie Iannetta : « Je suis là sur un énorme malentendu ! »

06
mars
2014

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Catégorie : Interviews

APP a été invité à une Master Classe de l'IEJ de Paris, avec comme invité Nathalie Iannetta, pour près de deux heures de discussions.

Il y à quelques jours, APP a été invité à une Master Classe de l’IEJ (Institut Européen du Journalisme) de Paris, avec comme invité Nathalie Iannetta, pour près de deux heures de discussions. Florilège.

Nathalie Iannetta a beau avoir 20 ans de journalisme derrière elle, elle continue à ne pas perdre de temps. «J’imagine vos interrogations sur un avenir que je vous souhaite radieux, mais il ne le sera pas pour tout le monde» commence la franco-italienne, sourire en coin. Les rires des étudiants de 3ème année lui permettent de préciser son propos : « il vaut mieux être cash. Vous n’avez pas choisi la facilité, si en plus vous avez choisi la télévision, autant vous dire que c’est la loi de l’emmerdement maximal ! ». Elle est comme cela, Nathalie Iannetta : cash, sans ambage. La discussion se forme, entre les questions et demandes d’une vingtaine d’étudiants, presque tous présents avec la volonté de faire le “Master Journalisme Sportif” que propose leur école.

« Les obstacles sont fait pour être sautés »

Les premières questions sont sur son parcours, sa difficulté d’être “une femme dans un milieu d’homme”. L’intéressée ne se fait pas prier, mais parle de sa conception générale du métier : « c’est un milieu compliqué. Le métier que vous avez choisi est formidable : si vous aimez travailler, si vous ne comptez pas vos heures, si vous n’imaginez pas une vie pépère et rangé. » Et enchaîne avec deux recommandations bien senties. « Le  conseil que je veux vous donner, c’est que vous allez rentrer dans un rôle qui s’appelle le journalisme : vous allez devenir des journalistes. Ne vous définissez jamais autrement qu’en tant que journaliste. Que vous soyez un homme ou une femme. L’autre conseil, c’est de travailler. Si vous travaillez, vous gagnerez forcément. Il n’y a pas beaucoup de places dans ce métier, mais il y en a pour les meilleurs. »

APP a été invité à une Master Classe de l'IEJ de Paris, avec comme invité Nathalie Iannetta, pour près de deux heures de discussions.La présentatrice du “Canal Champions Club” saute d’un sujet à un autre, aborde le paradoxe des nouveaux supports médiatiques. Le web est un format qui offre de nouvelles débouchés, «une chance», mais paradoxalement elle note qu’il n’y a pas plus de journalistes à effectuer ce métier. Les élèves acquiescent dans la salle, songeurs. Nathalie Iannetta les déride à nouveau quand elle revient sur ses 20 ans dans le métier, où elle a commencé « par le bas de l’échelle ». « Je suis arrivée sur le média télévisuel, je n’y connaissais rien. Lorsque je revois mes premiers journaux, c’est un immense espoir pour chacun d’entre vous parce que moi, je ne me serais pas gardée ! ».

Alors pourquoi a-t-elle été retenue ? Le travail, encore une fois, et son opiniâtreté. «Les obstacles sont fait pour être sautés» confie t-elle en réponse à un élève.

La date fatidique du 25 mars 2008

Lorsque l’un d’entre eux oriente la discussion sur la considération des journalistes sportifs, Nathalie Iannetta se montre catégorique. « En France, on est pas un pays de sport ». Elle prend pour exemple son second pays, teinté d’un Forza Juve. « Moi qui suis d’origine italienne, les stars, ce sont les journalistes de sport. En France, pas du tout ! ». Ce n’est pas faute d’avoir essayé dit-elle, en créant des émissions comme Les Décodeurs ou Les Spécimens. Mais sans jamais se croire à l’abri. « Moi j’ai un soucis de légitimité totale, je n’étais pas du tout prédestinée à faire ce métier et surtout dans ce monde là. Je ne me suis jamais sentie à ma place ». Et c’est ce qui a fait sa force. « Je ne me suis jamais installée. Il y a des fois je me dis : “c’est un énorme malentendu ma carrière. Je suis là sur un énorme malentendu. » Sans pour autant se sentir sous-compétente par son rôle de journalisme sportif, dont elle a pris la pleine conscience lors de la mort de son mentor, Thierry Gilardi, le 25 mars 2008. « Ce jour là j’ai accepté que finalement, être journaliste de sport, c’était pas reconnu mais fondamentalement on s’en fout. L’essentiel c’est d’être heureux dans ce qu’on fait. »

crédit photos : www.sportbuzzbusiness.fr / enpleinelucarne.net

Auteur : Christophe.C GARNIER

Passionné de foot et spécialement fan de tout ce qui se fait outre-Manche depuis 10 ans.

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