Nathalie Iannetta : “Le foot féminin doit beaucoup à JMA”

16
avril
2013

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Catégorie : Interviews

Interview Nathalie Iannetta

Aux commandes de la nouvelle émission de Canal+ depuis l’été 2012, le Canal Champions Club, Nathalie Iannetta a accepté de répondre à nos questions. Plusieurs sujets ont été abordés comme notamment la Ligue des Champions, le foot féminin ou encore l’Italie.

Nathalie, je ne peux pas commencer sans parler de l’Italie et du Calcio. Votre grand-père vous a transmis la passion de la “Juve”, le titre semble promis non ? 

Cette année, je ne vois pas en effet comment le scudetto pourrait lui échapper. La vérité c’est que j’imaginais cette équipe plus performante sur le plan européen, et j’avoue que l’élimination en quart de finale par le Bayern m’a laissé un goût amer.

Le Canal Champions Club est le rendez-vous de Canal + lors des rencontres de Ligue des Champions. Qu’est-ce qui fait la réussite de cette émission ?

La ligue des Champions, c’est le must en terme de football. Les stars, les stades, l’enjeu, la pression, la tension : tout y est plus fort. C’est une véritable piste aux étoiles. Pour les téléspectateurs, c’est un rendez-vous à part, unique.

Lors des quarts de finale, le PSG a été éliminé par le FC Barcelone. Avez-vous été surprise par l’effet psychologique de Lionel Messi sur ses coéquipiers ?

Lorsque Pastore marque pour le PSG, notre réalisateur fait un gros plan sur Messi sur le banc. Il s’était déjà rongé les ongles pendant 1 heure. Mais là, on a senti une rage s’emparer de lui. Il a remonté ses chaussettes, ôté son survêt’ et est parti s’échauffer, presque sans rien demander au coach. Il a senti qu’avec lui, ses coéquipiers allaient retrouver le bon chemin. Et c’est ce qui s’est passé. Évidemment il délivre LA passe pour Pedro. Mais le plus frappant ce n’est pas ça. C’est effectivement le changement d’état d’esprit qui s’est opéré sur les autres joueurs au moment de son entrée… La vraie Messi dépendance est presque plus psychologique que footballistique. C’est stupéfiant !

Pour vous, quel club a les meilleures cartes pour remporter la coupe aux grandes oreilles ?

Le Bayern

Revenons sur un fait qui vous a marqué, la déclaration de Bernard Lacombe. Mais outre cette phrase, la réaction de vos confrères vous a encore plus choquée ?

J’ai réagi rapidement, mais assez calmement aux propos de Bernard. Je ne veux pas polémiquer davantage. Je sais qu’il restera toujours des hommes (joueurs, téléspectateurs, entraineurs, dirigeants, etc…) qui trouveront toujours qu’une femme n’est pas légitime. Y compris certains de mes confrères. Je les respecte. Qu’ils en fassent autant.

Restons justement sur le sujet du football féminin. Canal + pourrait-il un jour se positionner sur le championnat de D1 Féminine ?

Surement. Le monde des droits sportifs évolue vite. Des “produits” jadis délaissés sont désormais plus attractifs, et c’est clairement le cas du foot féminin. Et puis désormais, notre groupe diffuse en clair du foot féminin via D8… Donc tout est possible!

De votre côté, suivez-vous la D1 Féminine ? Quel regard avez-vous sur les performances de l’Olympique Lyonnais ?

J’ai beaucoup d’admiration pour toutes celles qui évoluent en D1. Celles qui sont pros comme les filles de l’OL. Mais aussi toutes les autres qui ne le sont pas encore et sont obligées de travailler pour vivre parce que le foot ne suffit pas.

L’OL, c’est le modèle. Comme en Allemagne, le club s’est mis à la disposition de ces 2 équipes : les garçons ET  les filles. Elles sont traitées comme les gars, bénéficient des infrastructures et de l’ambition tout entière de l’institution OL. Et ça paie. Il faut quand même rappeler que rien de tout cela n’existerait sans la volonté et l’obstination d’un homme : Jean Michel Aulas. Le foot français lui doit beaucoup. Et le foot féminin plus encore…

Plusieurs de vos anciens collègues de Canal + sont partis l’an dernier sur Be In Sport. Vous n’avez pas été tentée ?

Cela fait 18 ans que je suis à canal. C’est ma maison. Je suis fière d’être restée après tant d’années. C’est précieux la fidélité.

Dernière question, votre plus beau souvenir en football ?

1982. France Allemagne. Et 3 jours plus tard : le titre de champion de l’Italie. J’étais là bas. J’avais 10 ans. Et j’ai compris que plus rien ne serait comme avant…

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Propos recueillis par Maxime Coutant

Auteur : Maxime Coutant

Ex-Footballeur mais toujours autant assidu ! Admiratif du beau jeu et de la technique.

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