Nantes, un mal profond ?

03
mars
2014

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Catégorie : Ligue 1

En manque de résultats depuis le début de l'année 2014, le FC Nantes glisse au classement. La question aujourd'hui est : est-ce un mal vraiment profond ?

Presque bientôt deux mois sans le moindre succès, le FC Nantes traverse actuellement une zone de turbulences dont il ne sort pas. Dernière rafale en date, Evian vendredi. Pourtant après un début d’exercice impressionnant du point de vue comptable pour un promu, les canaris se sont brûlés les ailes à partir de fin décembre pour inexorablement chuter. Une descente aux enfers programmée ?

Des cadres moins présents

Papy Djilobodji, Lucas Deaux, Filip Djordjevic. La colonne vertébrale de la maison jaune s’est effritée, pire le rendement des trois hommes aujourd’hui est bien en deçà des attentes chez les observateurs. Commençons ligne par ligne. En défense, Papy Djilobodji n’est plus aussi souverain qu’à l’automne, le géant Sénégalais répare les boulettes de ses homologues, pas vraiment irréprochables sur certaines rencontres. Des efforts en plus qui font que le nouvel international des Lions de la Téranga passe plus du temps à combler les manquements défensifs. Derrière le canari est beaucoup moins impérial.

Au milieu, c’est un peu la débandade. Moins actif, moins tranchant, encore trop brouillon. Trois descriptifs qui collent à la peau de Lucas Deaux depuis plusieurs mois. L’ancien Rémois a clairement un coup de pompe dans un moteur qui tourne au ralenti. Sa fougue et sa niaque qui cachait ses énormes lacunes techniques sont désormais bien loin. Le chien de garde du milieu de terrain nantais laisse les portes de maison ouvertes aux adversaires qui ne demandaient que ça. Son compère, généralement Birama Touré au four et au moulin, intercepteur de ballons ne peut que constater les dégâts. Sans doute dépassé par la folie médiatique, et par son activité récurrente sur un célèbre réseau social, Lucas a failli.

Son absence manque cruellement, offensivement les canaris tournent beaucoup, mais alors beaucoup moins bien sans le buteur Serbe. Sa suspension de trois rencontres suite à un geste d’humeur envers l’arbitre de la rencontre face à Lyon, a démontré que sans lui, le FC Nantes ne possède plus un point d’ancrage en attaque. Filip Djordjevic a certes, été bâillonné par les défenses adverses de la 13ème à la 24ème journée. Sa dernière réalisation avant Lyon remontait au 10 novembre 2013 lors du déplacement en terre girondine qui avait vu la victoire des canaris assez largement (3-0). Mais quoi qu’on en dise, le plus ancien de la Jonelière est important. Que ça soit dos au but, dans le pressing ou encore dans le repli défensif. Ses tâches ingrates, qui servent au collectif sont primordiales pour une formation nantaise en proie à des difficultés de réalisme offensif devant le but. Les huit pions de l’aigle Serbe (neuf si on compte Bastia) cachent la forêt. Et cela s’est vu à Nice, contre Rennes et à Evian, 0 but et surtout deux tirs cadrés sur les trois rencontres, abyssale…

Plus attendu

Très clairement, on prédisait aux canaris un maintien difficile (ce qui est toujours le cas !). Mais la première partie de saison avait effacé les doutes et les critiques de quelques journalistes à l’orée d’une saison qui voyait le retour des hommes de Michel Der Zakarian en Ligue 1, après quatre années de purgatoire dans l’antichambre de l’élite du football français. Les points rapidement pris, les victoires nettes (Evian, Rennes, Nice, Bordeaux) et les succès précieux (Marseille, Ajaccio, Valenciennes) venaient à penser que le FCN se maintiendrait assez rapidement et surtout facilement. Que nenni, janvier allait démontrer le contraire.

Désormais plus attendus, Nantes s’est pris les pieds dans le tapis partout où il est passé, excepté une victoire contre Lorient et une qualification face à Nice en Coupe de la Ligue. La défaite au Parc des Princes 5-0 reste comme le symbole d’une chute vertigineuse vers la seconde moitié de tableau. Après ça, Sochaux puis Lyon, Rennes et dernièrement Evian en ont profité pleinement. En manque de résultats depuis le début de l'année 2014, le FC Nantes glisse au classement. La question aujourd'hui est : est-ce un mal vraiment profond ?Incapables de reproduire le jeu alléchant du début de saison, les nantais ont pris le bouillon à de multiples reprises, sans pour autant retrouver un supplément d’âme derrière. Un constat alarmant et véridique. Nantes en 2014 c’est 5 points pris sur 24 possibles, 2 buts marqués, 13 encaissés en 8 journées. Alors que sur les dix-neuf premiers matchs, Rémy Riou le portier de la maison jaune n’avait pris que 17 buts ! Avec notamment huit clean-sheets (matchs sans prendre le moindre but). Une défense qui verrouillait les assauts des adversaires et qui aujourd’hui laisse les vagues déferlées et plongées le navire dans les abysses de l’océan Atlantique. Ajouter à cela une panne d’efficacité, un milieu moins fringant et des remplaçants qui n’apportent pas le moindre plus, vous obtenez le mélange d’une équipe qui est passé du paradis à l’enfer en l’espace de deux mois. Ceux qui venaient à la Beaujoire en début de saison, ne prenaient pas au sérieux le FCN, du moins faisaient moins attention à des joueurs qui survoltés de jouer en Ligue 1 mordaient plus dans le ballon. Désormais c’est l’effet inverse qui se produit, et Nantes ne l’a pas vu venir.

Un système tactique trop modifié

S’il y a bien une critique à faire en ce qui concerne Michel Der Zakarian c’est bien dans ce domaine-ci. Le coach nantais, suspendu pendant plusieurs rencontres, a clairement mis en péril un système, qui pourtant tenait vraiment la route. En écartant un homme comme Adrien Trébel, qui a refusé de prolonger son contrat, MDZ a enlevé un joueur capable de tenir le ballon et de le sublimer. D’autres questions se posent, pourquoi un Jordan Veretout ne joue-t-il pas plus ? La fatigue ? Moins présent dans le jeu en première partie de saison. Des doutes subsistes, l’entraîneur nantais préférant désormais trois hommes au coeur du milieu : B.Touré, Deaux et la nouvelle recrue Rémi Gomis. Des joueurs qui pourtant sont moins habiles techniquement balle au pied que ne l’est un Jordan Veretout. Devant, en l’absence de Filip Djordjevic, c’est Johan Audel qui a assuré l’intérim. Sans pour autant apporter de garantie suffisante pour l’an prochain et pallier ainsi le départ de l’attaquant Serbe. Regrettable, car il est évident que le poste de l’ancien joueur de Stuttgart est plus sur les côtés, avec ses qualités de vitesse et sa vista. Regrettable également de ne pas avoir vu plus Etay Shechter, l’arrivant Israélien s’est contenté de bouts de matchs, passant la plupart du temps sur le banc que sur le terrain. Recruté vraisemblablement pour remplacer Djordjevic l’an prochain, il n’a pu montré son potentiel. Du passage au 4-4-2 au 4-2-3-1 ou encore au 4-3-3, Der Zakarian s’est perdu dans des systèmes et le choix des hommes à une période charnière de la saison.

Le présent et le futur

Actuellement le FC Nantes occupe la 15ème place du championnat avec 31 unités (-3 pts suite à l’affaire Abdoulaye Touré, Nantes-Bastia). Avec neuf longueurs d’avance sur la zone rouge et Valenciennes 18ème. Pour l’heure, la situation n’est pas encore alarmante. Même si les canaris ne gagnent plus, sept matchs sans le moindre succès et des statistiques déroutantes (voir plus haut) au vu de la première partie de saison. La rencontre qui vient face à Ajaccio va être sans aucun doute importante. Que ça soit sur le plan comptable mais aussi dans les têtes. Car il faut se le dire, les Nantais ont la tête sous l’eau depuis pas mal de temps. En cas de contre-performance contre l’actuel et dernier de la classe, il faudra tirer la sonnette d’alarme. Si victoire il y a, alors les supporters et le club pourront respirer. Sans pour autant se reposer, derrière viendra un déplacement ô combien périlleux à Lille et deux réceptions, Montpellier puis Bordeaux. Des rencontres, à n’en pas douter qui permettront de savoir si le FCN se maintiendra ou si tout un peuple jaune et vert devra retenir son souffle jusqu’à l’ultime journée. D’ailleurs, ce même peuple qui depuis le début de la saison est exceptionnel.

Après cinq mois magnifiques, il serait dommage de venir tout gâcher. La reconstruction est entamée, il ne faudrait pas la détruire à nouveau, comme par le passé.

Auteur : Thomas Bernier

Amoureux du football, supporter du FC Nantes et fan de Norwich City.

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