Nancy, merci !

29
avril
2013

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Catégorie : Editos

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Qu’ils se maintiennent en Ligue 1, ou qu’ils descendent en L2, Nancy aura égayé cette fin de saison par une abnégation sans faille qui aura permis aux Lorrains de quitter la place de lanterne rouge, jusqu’à sortir de la très redoutée « charrette ». Un bel exemple de courage de joueurs, et d’un nouvel entraîneur, qui ont sauvé l’image d’un club pourtant au bord du gouffre, il y a de ça quelques mois.

Rien ne dit qu’Ajaccio est jumelé avec Nancy. Pourtant, au-delà d’un partenariat qui pourrait être bénéfique pour les deux régions, les équipes de chacune des villes ont épousé un parcours quasi similaire d’une saison à l’autre. Des trajectoires renversantes qui en auront épaté plus d’un et déjoué tous les pronostics. En cumulant 16 journées dans la zone de relégation, dont un trou noir entre la 11e et la 20e journée qui les engluera à la dernière place, les Ajacciens se sont finalement sauvé à la faveur de 7 victoires et 8 nuls durant la phase retour. 12 points à la trêve, 41 à la fin. Un retournement de situation fou qui a dû inspirer nos Lorrains. Et rapproche encore plus les destins de deux clubs condamnés prématurément à descendre.

Si l’on attendra par prudence le glas de la 38e et dernière journée pour affirmer que Nancy repartira dans les vingt équipes sur la grille de départ de la L1, en douter serait illogique, insultant. À la manière de leurs « voisins » du Sud, les Nancéiens ne comptaient que 11 points à la trêve, et une place de lanterne rouge. Depuis ? Jean Fernandez évincé et le « fidèle de 20 ans », selon les mots du président Jacques Rousselot, Patrick Gabriel prend place sur le banc. Un intérim forcé pour celui qui aura passé 15 ans au chevet des équipes B et C de l’ASNL. Un turnover, aux teintes de coup de poker alors que le club semble tout droit se diriger vers la L2, plutôt réussi. On ne lui attribuera le terme « gagnant » qu’à la fin de la saison. Après un parcours plus qu’honorable, dont trois victoires de suite entre la 29e et 31e journée fait rare pour un club qui aura toujours lutté pour sa survie dans l’Élite, le club Lorrain est désormais 16e avec 35 points, soit un capital point multiplié par trois en 15 journées !

Si l’écart avec le premier relégable est seulement d’un petit point, la ferveur populaire et l’euphorie sont palpables à Marcel-Picot. La victoire face à Troyes (1-0), concurrent direct au maintien, devant 19 000 spectateurs, record de la saison, résume à elle seule la force d’une équipe qui n’en finit plus de surfer sur une dynamique, presque insolente de réussite. Autrefois réputé pour son jeu stéréotypé et archidéfensif, il paraîtrait même que l’on prendrait du plaisir à les regarder. Autre symbole de cette renaissance, le cas de Benjamin Moukandjo. Pourtant attaquant de pointe, il ne parviendra pas à inscrire le moindre but durant la phase aller, la faute sans doute à un jeu bien trop limité et peu offensif. Depuis la prise en main et la confiance accordée par Patrick Gabriel, le Camerounais vient d’inscrire la bagatelle de 9 buts (5 en L1, 3 en Coupe de France, 1 en Coupe de la Ligue). Au travers de cette sensationnelle remontée au classement, des valeurs comme le courage, la farouche envie de réussir et sauver le club succèdent au pessimisme et au fatalisme. Du « feel good » à l’état pur. Des moments de grâce où le chaos est évité de peu, où l’apothéose est tutoyée. Le coaching gagnant, la force d’une équipe qui a su se remobiliser dans ce qui est sans doute la pire des rôles à savoir la lanterne rouge que tout le monde condamne, le sourire d’un président qui a tant souffert affectivement et financièrement, et un renouveau qui défie toutes les statistiques, la vraie bouffée d’oxygène de cette fin de saison vient de Lorraine. À l’Est, tout de nouveau !

Auteur : Fabien Burgaud

Fabien : motivation le journalisme sportif. Supporter du FCN et amoureux du football.

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