Multiplex : géniale invention

20
mai
2013

Auteur :

Catégorie : Edito / Ligue 1

multipex

Comme il est de coutume lors des 37e et 38e journées, Canal+ nous offre son multiplex. Un dispositif unique qui couvre pour notre petit bonheur dix matchs, et promet une soirée forte en émotions. Une tradition qui aura rarement déçu. Décryptage d’un succès télévisuel.

La sonnerie de votre lycée/collège ? Déprimante. Celle de votre réveil ? Encore pire. La petite musique d’un Multiplex ? C’est un tout autre ressenti. Une sonorité entraînante qui mêle excitation, inquiétude et fait office de zappette géante au moment de changer de stade au gré des buts des différentes équipes. Un dispositif génial qui repose sur une mécanique pour le moins simpliste, on compte sur les buts pour voyager. On traverse la France du football en comptant sur le talent des écuries pour inscrire un but, qui permettrait de stopper l’hégémonie des affiches dans les moments de flottement. Pour combler ces temps faibles, on a vu beaucoup de Paris/Brest, moins de Reims/Lorient. Logique sportive et médiatique oblige tout en essayant de varier les plaisirs, la voix fluette d’Eric Besnard nous aura encore fait passer une belle et longue soirée. Où tout va vite, où le téléspectateur a le pouvoir, et où on nous abreuve de buts. Plaisir rare quand on se plaint du manque de spectacle de notre L1.

Cette recette consistant à additionner les dix matchs pour avoir le plus de chances de voir des buts, c’est tout con, mais diablement

efficace ! Du coup, on a cette enivrante, et trompeuse impression que notre Ligue 1 sait être spectaculaire et fofolle. À peine le temps de voir un ralenti, le premier au bout de 40 secondes, que la musique retentit et hop, on est transporté à un tout autre coin de la France. Le tout avec un enthousiasme débordant, qui fera se questionner Eric Besnard, au bout de quelques sonneries dans le premier quart si « l’on ne battra pas le record de 43 buts en 2008 ».. L’enflammade made in France dans toute sa beauté. Mais non, après la pause, on a affaire à un pétard mouillé, très peu de buts, alors que l’enjeu est croissant. Drôle de paradoxe alors que ces journées sont décisives pour les clubs, financièrement et footballistiquement. Si toutes les équipes veulent bien finir, certaines plus que d’autres jouent un avenir radieux (qualification européenne), ou tentent de sauver le leur (relégation).

Du coup, le classement fictif devient le meilleur ami du supporter, un but peut le chambouler, un autre peut le retourner. Dans tous les sens. C’est l’infographiste de Canal qui doit devenir dingue. Ça dégouline de belles images (larmes de Beckham, larmes de Nancéiens dans un tout autre registre), et captive l’attention, en sachant jouer sur la génération de téléspectateurs qui regardent ce spectacle, habitué à zapper, et voir seulement l’essentiel, à savoir les buts. Mais tous les ans, à cette période, on assiste à la chute d’un « historique » de la Ligue 1, un triste dénouement en multi-vision, surtout connaissant les résultats des adversaires directs sur les autres terrains. Une sorte de mini-révolution , triste certes, mais toujours émouvante quand l’équipe en question est difficilement imaginable en Ligue 2. Cette année Nancy tient le mauvais rôle, après Auxerre, Monaco, Nantes.. Des descentes qui appellent donc des remontées, et repasser dans un multiplex. Et la boucle sera bouclée

Auteur : Fabien Burgaud

Fabien : motivation le journalisme sportif. Supporter du FCN et amoureux du football.

Vous avez aimé cet article ? Partagez-le !

Les derniers articles de la catégorie Edito

Comments are closed.

Plus dans Edito, Ligue 1
ibrahimovic psg
UNFP : Ibrahimovic meilleur joueur de Ligue 1 !

Meilleur buteur de la Ligue 1 avec 29 réalisations avant la dernière journée, Zlatan Ibrahimovic a été élu meilleur joueur...

ancelotti
UNFP : Galtier et Ancelotti, meilleurs entraineurs de Ligue 1

Fait assez rare lors de la cérémonie des trophées UNFP, deux entraineurs sont à égalité pour le titre de meilleur...

sirigu
UNFP : Salvatore Sirigu meilleur gardien de L1 !

Pourtant en grande concurrence avec Steve Mandanda, Michael Landreau et Stéphane Ruffier, c'est bien le parisien Salvatore Sirigu qui remporte...

Fermer