Mourinho l’insaisissable

26
février
2013

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Catégorie : Europe

mourinho

Avant la double confrontation entre le Real Madrid et Barcelone, APP fait un focus sur la carrière du Special One, José Mourinho.

Un enfant de la balle

Né le 26 janvier 1963 à Setúbal, José Mourinho baigne dans l’univers du football depuis toujours. Fils d’une institutrice et d’un ancien footballeur professionnel, il a semble-t-il su réunir les aptitudes de ses deux parents. Son père, gardien de but, a notamment évolué au sein du club de Belenenses et obtenu une seule (et unique) sélection en équipe nationale Portugaise. Devenu entraineur, Mourinho père constate l’attirance du rejeton pour le ballon rond. Il laisse régulièrement le jeune José assister avec entrain aux séances d’entrainement. Déjà passionné, l’apprenti coach s’investit, il analyse les équipes adverses et n’hésite pas à replacer certains joueurs sous l’autorité du paternel. Un aplomb et une audace remarquables vu son jeune âge. Un aplomb et une audace qu’il conservera tout au long de sa carrière et qui lui vaudront le statut de génie pour certains et de prétentieux pour d’autres.

José Mourinho a 13 ans et il s’imagine en joueur professionnel, comme Papa. Il franchit un à un les échelons dans les équipes de jeunes de Belenenses avant de rejoindre Rio Ave. Lucide, José Mourinho s’aperçoit rapidement que ses aptitudes physiques paraissent limitées par rapport aux exigences du haut niveau. Un peu frêle et fragile, l’homme n’est pas du genre à tergiverser et décide de stopper sa carrière de joueur. Un choix radical, et pas le dernier de son cursus. Inscrit par sa mère au sein d’une école de commerce, José Mourinho a 23 ans et sait ce qu’il veut. Il quitte cette école qu’il n’a pas choisie et commence une formation à l’Institut Supérieur d’Education Physique. Le début de l’aventure.

Une ascension par palier

Obnubilé par le football, il s’investit à 100% dans ses études et obtient un diplôme. Il débute sur les terrains sur le banc de touche…mais en tant que soigneur. Une simple étape. Un soigneur qui replace les joueurs et étudie les dispositifs tactiques adverses, ça ne court pas les rues. Le club d’Estrela de Amadora le remarque et lui propose le poste d’entraineur adjoint. Ambitieux, le natif de Setúbal n’hésite pas une seconde et fait ses armes sur les bancs de touche Lusitaniens. Désireux de tout connaître du football, le Portugais se retrouve traducteur pour Sir Bobby Robson. Poste qui se transforme rapidement en entraineur-adjoint tant le jeune Portugais se passionne pour la gestion des hommes. Le tandem fonctionne à merveille et Robson restera comme l’un des mentors de Mourinho. Le duo poursuit sa route au Portugal puis au sein du FC Barcelone.  Prêt à tout, il apprend le Catalan et résistera, contrairement à Robson, au désir du changement du président des Blaugranas. Limogé, Robson rebondira aux Pays-Bas. Van Gaal, son successeur sera lui aussi l’un de ses plus importants modèles. Mourinho apprend, s’inspire du Néerlandais et commence à faire son trou malgré la faible exposition d’un entraineur adjoint.

Mourinho débute en tant qu’entraineur principal au Benfica Lisbonne avant de passer par l’UD Leiria. Des tours de chauffe avant la véritable explosion. En janvier 2002, le FC Porto semble en sous-régime et Machado, l’entraineur est démis de ses fonctions. Il reste 15 matchs à jouer et Mourinho est choisi pour terminer la saison. Un bilan respectable de 11 victoires, 2 nuls et 2 défaites plus tard, Porto termine sur la 3ème marche du podium. Adepte des coups d’éclat, Mourinho fait l’une de ses 1ères déclarations tapageuses. Il fait la promesse de « faire sacrer champion Porto l’année prochaine » devant la presse et s’inflige par conséquent une sacrée pression. Le technicien Portugais s’appuie déjà sur des certitudes tactiques et notamment l’importance d’un pressing haut effectué par un bloc compact. Mourinho aime bousculer les codes et les habitudes. Durant la pré-saison 2002/2003, il met en place de nouvelles techniques d’entrainement. Méthodes qu’il retranscrit dans le détail sur le site du club. Un acte qui peut paraitre dérisoire et qui pourtant prouve la volonté du bonhomme. Mourinho innove et cela ne plait pas à tout le monde. Certains y voient une forme de prétention, de supériorité. D’autres y voient une innovation essentielle en cette ère numérique. Déjà le paradoxe Mourinho. Certains l’adulent, d’autres le détestent.

En termes de résultats, le bilan du Portugais plaide en sa faveur. Porto remporte le titre, la coupe du Portugal et la Coupe de l’UEFA (Europa League actuelle). Un triplé qui fait du bruit. Le phénomène Mourinho est en marche, mais le meilleur est à venir.

La réussite sportive

La saison suivante, le FC Porto écrase (presque) tout sur son passage. Vainqueur une nouvelle fois du championnat, los Dragões échouent en finale de Super Coupe d’Europe (défaite 1-0 contre l’AC Milan) et en finale de Coupe du Portugal face à Benfica. Ces déceptions sont bien vite oubliées quelques semaines plus tard lorsque Mourinho conduit Porto sur le toit de l’Europe. Après avoir éliminé Manchester United, Lyon ou encore La Corogne (qui à l’époque était redoutable), les joueurs Bleu et Blanc ont vaincu l’AS Monaco 3-0. Un exploit qui place Mourinho dans le gotha des techniciens et fait exploser sa cote de popularité. Courtisé par de nombreux grands clubs tels que le Real Madrid, Liverpool ou Chelsea. Réticent dans un premier temps, le Portugais cède aux sirènes du projet Blues en 2004. Mourinho aime prendre le contre-pied. Bien lui en a pris. Entre juin 2004 et septembre 2007, il remporte avec les Londoniens 6 titres majeurs. La suite de sa carrière de manager sportif n’est qu’une longue suite de succès. Mourinho est un homme de défi et il ne recule devant rien. En 2008, il accepte de relever le challenge que lui propose l’Inter Milan. L’objectif n°1 est de remporter la Ligue des Champions, un titre qui lui échappe depuis 1965. Une éternité pour un club de son standing. Malgré la difficulté de la tâche, Mourinho impose sa patte et remporte le trophée en 2010.

Ancien Blaugrana, Mourinho rejoint en 2010 le Real Madrid. Un choix qui prouve l’imprévisibilité du personnage. Le contexte est à son arrivée assez difficile. Le rival Barcelonais règne sur la Liga depuis 2008 et l’exigence des fans Madrilènes est à son paroxysme. Le Portugais répond aux attentes et remporte le championnat, même si la Ligue des Champions représente cependant un objectif non atteint actuellement. Un manque qui obsède sans doute cet homme au désir de titres insatiable.

Une personnalité contestée

Malgré la quantité de trophées amassés, José Mourinho ne fait pas l’unanimité. Décrié ou adulé, l’homme ne laisse pas de marbre. Il agace ou fascine. Et pour cause, il n’a pas sa langue dans sa poche et ne s’échappe jamais au moment de créer une polémique. Provocateur dans l’âme, le technicien Portugais est un homme de communication et maîtrise (à peu près) le poids des mots. Meneur d’hommes et fin psychologue, il se laisse pourtant emporter de temps à autres. Petit florilège des punchlines Mourinhesques :

• « Je suis The Special One. » (2004,Chelsea). Auto-description, après sa 1ère conférence de presse en tant qu’entraineur à Chelsea. C’est ce qu’on appelle un départ en fanfare.

• « Si tu veux te battre, on va se battre. » (2010, Inter Milan) Mourinho s’adresse à un journaliste du Sun et « soigne » ses relations avec la presse Britannique.

• « En 5 ans, je n’ai jamais vu mon équipe avoir une moins bonne possession de balle que ses adversaires » (2005, Chelsea). Ce qui est sûr, c’est qu’on ne peut pas lui reprocher d’être devin. Quelques années plus tard, le FC Barcelone répondra sur le terrain.

• « Makelele n’est pas un joueur de foot, c’est un esclave » (2007, Chelsea). Domenech annonce qu’il souhaite rappeler le Claude pour les éliminatoires de l’Euro 2008. Une requête à la quelle Mourinho répond. Tout en nuances.

• « Un jour, quand on perdra, ce sera férié national, mais on est préparé pour cela. » (2005, Chelsea). Ou la recherche de la motivation par le « ils sont tous contre nous ».

• « Je respecte le foot Italien mais je ne l’aime pas » (2010, Inter Milan). Le jeu du chat et la souris. Mourinho est définitivement imprévisible.

Moment charnière au Real

3ème de Liga à 16 points du rival Barcelonais et en ballotage (légèrement) défavorable en LDC après son nul à Bernabeu face à Manchester United, le Real ne cracherait pas sur un trophée.  En effet, la Coupe du Roi tombe à point nommé pour éviter de vivre une saison blanche en cas d’élimination à Old Trafford. Après un nul à Madrid, les hommes de Mourinho se déplacent au Camp Nou le couteau entre les dents. Les relations entre le Real et Barcelone sont compliquées. Celles entre Mourinho et Barcelone également. Un climat tendu dans lequel l’entraineur Portugais se complait. Une tension dans laquelle Mourinho adore évoluer.

Pour preuve, Mourinho et Roura (le coach intérimaire du Barça) se sont livrés à une joute verbale concernant l’arbitre désigné pour ce match retour de demi-finale de Coupe du Roi à savoir Undiano Malleco. Au grand dam de Roura qui a expliqué que le FC Barcelone avait obtenu sous l’autorité de celui-ci ses « plus mauvais résultats ». Ce à quoi Mourinho a ironiquement et malicieusement répondu « j’ai beaucoup appris du Barça dans le passé. Des leçons de fairplay, une manière de ne pas mettre de pression sur les arbitres, ne pas les entourer. Et bien sûr, des leçons sur la manière dont il faut jouer au football… ». Pas de doute, le Clasico est lancé. Rendez-vous ce soir à 21h.

Auteur : Franck Chantereau

Accro au football depuis toujours. Le beau jeu, c'est bien ; la victoire c’est mieux. Les deux, c’est le Graal.

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