Mourinho a t’il perdu le mojo ?

24
septembre
2016

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Catégorie : Europe

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José Mourinho restera comme un des entraîneurs marquant des années 2000. Le portugais semble pourtant dans l’impasse. « The Special One » n’est plus le Boss du game, dans tous les domaines.

Un entraîneur cyclique

Le 21 mai 2003 du côté de Séville, un jeune entraîneur fête la victoire de son équipe en finale de la Coupe UEFA, son nom : José Mourinho. Un patronyme qui s’apprête à rester en haut de l’affiche pendant des années. Séduisant, intelligent et envoûtant l’ancien traducteur de Bobby Robson au Barça rafle la saison d’après la Ligue des Champions toujours avec les Dragoes. Suite à cette incroyable succès, le natif de Setùbal rejoint le Chelsea du très ambitieux Roman Abramovitch. The right man at the right place comme disent les anglais.

Mourinho, verbe haut et défense de fer (15 buts encaissés sur la saison en Premier League) devient la coqueluche d’un club qui revit et d’un pays qui aime ce genre d’entraîneur. Jamais une tel arrogance n’a été vu dans la Perfide Albion depuis le fameux Brian Clough. Le football anglais devient une pièce de théâtre jouée par 22 joueurs et écrite en conférence de presse par celui qui se nomme « The Special One », en toute simplicité.

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Son charme opère sur tout le monde. Médias, supporters et joueurs sont gagas du coach qui permet à son équipe d’atteindre les 95 points lors de sa première saison. Sa façon de manager devient l’exemple à suivre. Le père fouettard tient son groupe entre coups de gueules et gros câlins. Sa relation avec Didier Drogba en est le symbole. L’ivoirien devient vite le soldat préféré de son Boss.

Pourtant, après deux titres le vestiaire explose, les méthode du portugais use autant qu’elle font gagner. L’Europe découvre la toute nouvelle « règle » des coachs à cycle. Pour José c’est trois ans maximum. Après seulement 8 matchs le technicien prend la porte. Direction l’Inter, qui depuis le Calciopoli écrase tout sur son passage.

Plus jamais le même

Ses deux saisons en Italie seront une réussite totale : 2 titres de champions, 1 ligue des champions et 1 coupe d’Italie. L’Inter Milan restera comme le dernier moment parfait pour Mourinho. Suite à sa Dolce Vita s’ouvre les portes du grand Real Madrid, la plus grande institution du football. Une Maison Blanche qui malgré une victoire en championnat et en coupe ne gardera pas un grand souvenir du passage du portugais. La Casa Blanca n’est pas un club comme les autres et ça, l’ancien joueur de Rio Ave le comprend. Ici, le show médiatique en conférence de presse n’est pas le bienvenue tout comme avouer en octobre que la course au titre est déjà fini.

En conflit avec Iker Casillas et une bonne partie des cadre du vestiaire, le torchon brûle et en juin 2013 la Vida loca s’arrête avec un goût d’inachevé. Mourinho était venu pour la Decima et il partira dans l’embarras pour retrouver son ex, la belle londonienne habillée de bleu. Pour son retour, tout est parfait, les fans sont aux anges, Abramovitch le regarde de nouveau avec amour. Si Chelsea fini troisième comme la saison d’avant avec Benitez, la deuxième saison se passera mieux c’est certain, comme à Madrid.

Le scénario se vérifie, les six premiers mois sont superbes, Chelsea joue bien et le club semble dès le début de saison le futur champion, à raison. Paradoxalement, cette saison 2014-2015 qui semblait partir pour être une des plus belles se fini en queue de poisson dès février avec l’élimination face au PSG en 1/8 de finale de la Champions. Chelsea redevient moche et défensif 80% du temps. Quand aux palabres et gesticulations de Mourinho, à l’image de l’altercation avec Wenger, elles semblent plus agacé l’Angleterre autant qu’elle la faisait rire moins de dix ans avant. La saison suivante, Mou ne restera que 16 journées sur le banc avant de récupérer une deuxième fois un énorme chèque made in Russia. Le Portugais fini encore mal son hysteric love avec Chelsea. Le roi de la com’ n’envoûte plus personne, le tacticien n’invente plus et le meneur d’hommes a encore perdu son vestiaire, cette fois en décembre.

United, dernier échec ?

Pourtant, cet été, Manchester United décide d’installer l’ancien ennemi dans le costume qu’il a toujours rêvé, celui de successeur de Ferguson. Après un mercato XXL, les Red Devils démarrent avec trois victoires face à de petites équipes sans montrer aucun fond de jeu, ni de réelle logique tactique. Des manques qui arrivent à leur paroxysme lors du derby de Manchester lors de la 4e journée (1-2).

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Face au City de Guardiola, la défense prend les vagues initiées par De Bruyne. Pogba et Fellaini disparaissent au milieu, Rooney traîne sa caravane et Ibra (pourtant buteur) semble presque tendre devant la rage de la Premier League.

Quand à Mourinho ? Le néant. Face à son éternel ennemi, l’ancien entraîneur de Porto prend une nouvelle fois une leçon d’utilisation du ballon, de jeu en mouvement et de collectif. Si le score semble presque serré, City domine le match dans les grandes largeurs et signe le début d’une période qui va peut-être finir par signer la fin de Mourinho a United qui perd quatre jours après en Europa Ligue et une semaine après à Watford.

Que ce soit clair, l’ex « Special One » restera comme un grand entraîneur, il gagnera peut-être encore des titres mais les deux dernières défaites en championnat de son équipe montre que rien ne va plus. Le magicien n’a plus aucun tour dans son chapeau à part son plus connu, taper sur ses joueurs en conférence de presse. Et si Mourinho se faisait virer d’Old Trafford encore plus tôt que David Moyes ? Cela paraît presque impossible mais l’exercice en cours pourrait clôturer la belle époque de Mourinho, à jamais.

Crédits photo à la une :  newsweek.com
Crédits photos article : skysports.com

Auteur : Thomas Bartoli

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