Monaco, le club qui voulait tout, tout de suite

17
juin
2013

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Catégorie : Editos / Ligue 1

Le nouveau riche affole le marché des transferts. L'AS Monaco attire, mais attention à ne pas oublier la formation et l'équipe qui les a fait monter...

Racheté en décembre 2011 par la 100e fortune mondiale selon Forbes, le Russe Dmitry Ribolovlev, l’AS Monaco découvre les joies d’un mercato à la hauteur de ses nouvelles ambitions. Si les milliards de son discret propriétaire confère un club de la Principauté une telle force d’attraction, le changement de cap est pour le moins spectaculaire.

C’est l’histoire d’un nouveau riche, qui excite autant qu’il inquiète. A la manière d’un éléphant dans un magasin de porcelaine, l’ASM ne fait pas dans le tact, ni dans la délicatesse pour entériner son entrée dans le cercle des écuries milliardaires. Une frénésie sans pareille qui rappelle le tournant QSI à Paris, l’été dernier. En un an, on a donc vu passer Ibrahimovic, Thiago Silva, Lucas, Lavezzi. C’est bien, voire au delà de nos espérances, nos mirettes n’étant pas encore habitués à voir de tels noms en Ligue 1. Apparemment, ça ne serait assez. Du moins pour les ogres que sont les deux nouveaux mastodontes français sur le marché des transferts. Un fait étonnant, quand on sait que c’est dans l’Hexagone que les mouvements les plus impressionnants seront enregistrés. La France, un championnat pauvre ? Oui, mais ça c’était avant.

Désormais, la dynamique vient d’ici. Plus besoin d’envier les autres championnats qui nous narguaient à coups de transferts mirobolants, des joueurs fantastiques qui ne s’arrêtaient pas en France, ou du moins la traversait par avion pour rallier leur destination dorée. Dorénavant, on y fait escale. Et pour plusieurs années qui plus est. Un beau pied de nez aux détracteurs qui prédestinaient la L1 à moisir dans les bas-fonds européens. Que neni. C’est une entrée fracassante dans le milieu très prisé des clubs qui comptent. Au-delà du PSG, qui a étalé quelques 250 millions de transferts sur deux ans, Monaco est un cas à part.

Radamel Falcao, la nouvelle star de l'AS Monaco pour la saison 2013/2014Tout juste remonté de Ligue 2 et auréolé du titre de champion de France, l’ASM ne veut pas perdre de temps. Il en a déjà gaspillé deux à l’échelon inférieur, frôlant même une relégation en National. L’inquiétude liée à l’arrivée de Rybolovlev a mis du temps à se dissiper. Rare dans les médias, et signant des sommes indécentes (pour la 2e Division, on s’entend) pour arracher des pépites méconnues en France, et depuis peu attaqué par tout le contingent des présidents de clubs sur le statut fiscal avantageux sur le Rocher, le Russe noie sa mélancolie dans des transferts, tous plus fous les uns que les autres. James Rodriguez et Joao Moutinho ? 60M€. Le meilleur numéro 9 du monde ? La même somme sur le seul Falcao. Acheter français pour calmer les velléités des hauts dirigeants français désireux de revenir à une certaine équité ? Et vas-y que je t’achète Isimat-Mirin à Valenciennes pour 4M€. Une frénésie apparemment incontrôlable pour affole la presse, et délie les langues.

Officiellement, on parle de Ligue des Champions, ce qui, au vu de l’effectif, paraît raisonnable, mais on mettrait notre main à couper que le magnat lorgne bel et bien sur le titre de champion de France. Histoire de concurrencer la seule équipe capable de rivaliser financièrement. Mais se pose la question ici de la formation. Voire de la majorité de l’équipe de L2 qui leur a pourtant permis de monter. A vouloir confondre vitesse et précipitation, les dirigeants ne risquent-ils pas de créer un fossé entre une belle génération en devenir (les U19 champions de France), des joueurs tout à fait capables de tenir leur rôle en Ligue 1 et une armada de « furioclasse » faisant partie du gotha européen, voire mondial ? Le doute est permis. Comme un pauvre qui gagnerait à l’Euro-Millions, on se précipite dans un magasin dans lequel on a jamais mis les pieds. En comptant ses billets, on est pris d’une folle envie de tout acheter, tout dépenser. On a ni l’expérience, ni les coutumes de ce genre de folles transactions, mais qu’importe. Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse. Mais à force de voir trop grand, trop loin dans l’avenir, on risque d’oublier un passé. Le ciment d’un club que seul le respect peut consolider. 

Auteur : Fabien Burgaud

Fabien : motivation le journalisme sportif. Supporter du FCN et amoureux du football.

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