Miralem Pjanic : le Bosnien qui a conquis Rome

23
octobre
2013

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Catégorie : Europe

Miralem Pjanic en pleine ascension, l'ancien Messin explose à Rome sous les ordres de Rudi Garcia. En juin prochain il découvrira la Coupe du Monde.

Du haut de ses 180 centimètres, le natif de Tuzla (ex-Yougoslavie) épate les fans charismatiques de l’AS Roma. Sa palette technique et son sens du jeu font de lui un des meneurs de la formation managée par Rudi Garcia. Entamant sa troisième saison en terre romaine, Miralem démontre à seulement 23 ans, qu’il est sans doute l’un des héritiers de Safet Susic. Portrait d’un joueur qui a le talent pour devenir un très grand.

De la Yougoslavie au Luxembourg

Le jeune Pjanic n’a pas vraiment vécu dans son pays natal puisque suite à la guerre en Yougoslavie (aujourd’hui Bosnie-Herzégovine), son père décide de quitter Tuzla. Après un bref passage en Allemagne, la famille Pjanic pose ses valises au Luxembourg et plus exactement à Schifflange. Cette charmante petite bourgade d’à peine 8000 habitants, située quasiment à la frontière française a été certainement sa deuxième maison. La passion pour le football de Miralem Pjanic est grande, lui qui rêvait petit “d’en faire son métier”. Son père n’est pas étranger à cette passion dévorante, lui qui jouait attaquant dans un club de seconde division en Bosnie.

De 10 à 14 ans, Miralem évolue dans le club local, le FC Schifflange 95, pôle espoir de la fédération luxembourgeoise de football. Repéré par plusieurs clubs européens, à l’orée de ses quatorze printemps, Pjanic opte finalement pour le FC Metz. Un choix surprenant, puisque l’Inter Milan lui faisait les yeux doux. Mais l’intéressé ne regrette pas cette décision, en mettant l’accent notamment sur la proximité géographique.

Le rêve est proche

En intégrant le centre de formation lorrain, le Bosnien sait qu’il pourra peut-être devenir footballeur professionnel, rêve ultime pour celui qui dormait avec un ballon dans sa jeunesse. Pendant trois années, il répète ses classes dans le club formateur de Robert Pirès. Entre-temps, “Miré” comme on le surnomme signe un contrat élite de 5 ans en 2006 avec les Grenats. Considéré comme un des espoirs du club, Metz souhaite absolument garder sa pépite. Un an plus tard, Francis de Taddeo, l’entraîneur de l’époque, décide de le lancer dans le grand bain à seulement 17 ans. Et pas contre n’importe qui, contre le Paris Saint-Germain. Entré en seconde période, il fait parler ses qualités techniques et démontre une très grande maturité pour son jeune âge. Voyant que le gamin a du culot et de l’envie, le club décide de le faire signer pro en novembre 2007. Quelques semaines plus tard il inscrit son premier but en Ligue 1 face à Sochaux. Des débuts remarqués, qui commencent à attirer certains corbeaux aux alentours du Stade Saint-Symphorien. Le Bosnien à la côte et sait que son avenir est déjà tracé. Les sirènes de l’Olympique Lyonnais retentissent dans les oreilles de Pjanic et après seulement une saison professionnelle en Lorraine  (32 matchs / 4 buts), l’enfant de Schifflange quitte son club formateur pour rejoindre l’un des clubs forts du foot français.

La confirmation d’un diamant, encore à polir

Quand Lyon m’a sollicité, je n’ai pas hésité une seconde. C’est le club référence en France. Déjà à Metz, je suivais leurs performances, j’étais devenu supporter de cette équipe lyonnaise avec les Essien, Diarra…” Dixit l’intéressé. Pourtant ses débuts avec la capitale Rhodanienne vont être difficiles. Blessé rapidement lors de sa première saison, il ne dispute que vingt rencontres avec l’OL, son temps de jeu est moindre. Malgré tout, Claude Puel lui réitère sa confiance la saison suivante. Cette confiance entre les deux hommes Miralem Pjanic en pleine ascension, l'ancien Messin explose à Rome sous les ordres de Rudi Garcia. En juin prochain il découvrira la Coupe du Monde.permettra à Miralem Pjanic d’exploser clairement aux yeux de la France, mais aussi de l’Europe. Auteur d’une saison quasi complète avec 37 matchs disputés, le milieu offensif se découvre aussi des qualités de buteur en inscrivant six buts lors de cet exercice. Grâce notamment au Bosnien, l’OL termine à la seconde place au championnat, juste derrière l’Olympique de Marseille. Mais le fait de gloire de Miré restera sans doute son but décisif à Santiago Bernabeu, sa première grande joie de footballeur : “j’étais tellement heureux de marquer un but aussi important pour les supporters, mes coéquipiers. Mon père était  dans les tribunes, j’étais fier.” Lyon qui éliminera donc le Real Madrid, mais le chemin des hommes de Jean-Michel Aulas se terminera en quart de finale face au Bayern Munich de Franck Ribéry. Quant à Miralem, il aura participé à quatorze rencontres, pour la bagatelle de cinq pions.

La saison suivante, Pjanic est attendu au tournant. Lui qui sort d’une saison accomplie à 20 ans. Sauf que le nouvel international Bosnien ne répond pas aux attentes des médias. Il déclara alors dans la presse : “je trouve certaines critiques injustes à mon égard, je n’ai que 20 ans, je sors d’une bonne saison. Prétendre que je n’ai pas le niveau…Franchement, c’est méchant“. Celui qui a relégué sur le banc le nouveau Zinedine Zidane du foot français, en la personne de Yoann Gourcuff n’aime pas les avis tranchés. Il est vrai que sa saison ne plaide pas forcément en sa faveur, avec trente rencontres et trois buts. N’étant pas non plus décisif dans le jeu lyonnais, que ça soit en Ligue 1 ou en Ligue des Champions, les observateurs s’impatientent et veulent voir le jeune joueur prendre une autre dimension.

Cette saison complète, sera la dernière de Miralem Pjanic en France, car l’Italie lui dit Te Amo.

“Guignol, j’ai préféré la commedia dell’arte à tes pitreries”

Dans les ultimes heures du mercato d’été, l’AS Roma offre aux dirigeants de l’OL une somme de 10 millions d’euros pour s’arracher le Miralem Pjanic, nouvelle idole de la Roma ?Bosnien. L’OL accepte, contre le gré du staff. Direction la capitale de la Squadra Azurra pour le milieu de terrain. Le coach espagnol Luis Enrique ne tarde pas à lui donner les clés du camion. Titulaire d’entrée, Pjanic démontre aux supporters de la Roma qu’il a un immense potentiel. Auteur d’une première partie de saison impressionnante, Miralem déçoit lors de la seconde. Pas épargné par une blessure avec la Bosnie. Malgré ce léger couac, les aficionados de la Louve sont satisfaits de sa saison. Il termine ce premier Calcio avec 3 buts et surtout 9 passes décisives. L’arrivée de Zeman n’empêche pas à Pjanic de progresser. Le fantasque adepte du 4-3-3 ultra-offensif permet à Miré de s’épanouir et de montre une nouvelle fois sa qualité technique au sein même de l’entrejeu des Giallorossi. Défensivement, il pêche toujours et doit encore bosser sur le plan physique. Il participe à 30 rencontres de Série A et plante trois pralines dans les cages adverses pour 8 passes décisives. Un véritable moteur et une valeur sûre de la Roma.

2014, arrivé à maturité ?

Andreazolli débarqué, Pjanic évolue désormais sous les ordres Rudi Garcia. L’entente depuis le début de la saison est parfaite, le dragon Bosnien est un élément indispensable pour l’ancien coach du LOSC. Aux côtés de Daniele de Rossi et de Kevin Strootman, Miralem s’éclate. Le départ stratosphérique des Romains (8 victoires en 8 journées) permet à l’ancien messin d’accroître sa dimension au sein du collectif de la louve. Une dimension qui a atteint des sommets il y a quelques jours lors de la victoire de l’AS Roma au Stadio Olympico face au Napoli d’Hamsik et de Benitez. Miré a offert la victoire à sa bande grâce à son doublé, ouvrant la marque sur un coup franc pleine lucarne aux 25 mètres puis sur un penalty plein de sang froid.

Désormais, Miralem Pjanic et ses coéquipiers ne doivent plus se cacher, ils joueront le Scudetto face à la Juventus et Naples. Quant à lui, il doit maintenant prendre une autre dimension, lui qui a désormais 23 ans. Sa carrière est encore longue, mais elle s’écrit en grande partie avec l’AS Roma.

Prototype du joueur technique

Doté d’une technique au dessus de la moyenne, Miralem Pjanic possède aussi une énorme qualité de passe. Depuis le début de sa carrière, c’est certainement son point fort. Capable de donner le ballon au bon moment et surtout capable de donner des ballons décisifs. Sa patte droite est une arme dévastatrice, notamment sur les coups de pied arrêtés et sur les centres. Alternant le jeu court et le jeu long, disposant d’une vitesse intéressante, Miré doit encore parfaire son physique. Ses tâches défensives ne sont pour l’heure, pas à la hauteur des observateurs, qui savent très bien que le milieu Bosnien possède un immense potentiel. Surtout offensivement, mais aussi défensivement.

La Bosnie verra le Brésil

Très jeune, Pjanic avait le choix : le Luxembourg, terre d’accueil, ou la Bosnie, terre de naissance. L’intérêt de la France à son égard ne

changera pas son avis, il choisit son pays natal, la Bosnie. Depuis ? 45 sélections et 8 buts. Miré a commencé très tôt sous les couleurs blanches des Zmajevi (dragons). Disputant ainsi les qualifications et un barrage pour la Coupe du Monde 2010, l’Euro 2012, jouant contre des grandes nations comme la France, le Portugal (qui a éliminé les Bosniens lors des barrages de la CDM 2010 en Afrique du

Sud) ainsi que le Brésil. Jeune pays, la sélection de de Susic n’avait jamais connu les joies d’une qualification pour une grande compétition. Ceci est réparé depuis la victoire contre la Lituanie le 16 octobre dernier. Dans une lutte infernale avec la Grèce depuis le début des éliminatoires, la Bosnie a arraché son ticket pour le mondial Brésilien au bout du suspens. Créant alors dans Sarajevo une explosion de joie (aussi de fumigènes) aussi importante qu’une victoire en finale de la Coupe du Monde. Miralem Pjanic symbole d’une équipe Bosnienne en pleine progression depuis quelques années découvrira la plus grande compétition mondiale pour un footballeur. En compagnie des Dzeko, Spahic, Ibisevic ou encore le gardien Begovic.

Auteur : Thomas Bernier

Amoureux du football, supporter du FC Nantes et fan de Norwich City.

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