Militons pour des play-offs !

27
mai
2013

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Catégorie : Editos

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Les fins de saisons à l’étranger ont toujours l’air plus fun. On y oppose des prétendants à la montée, ou au maintien sous le principe de la C1, match aller-retour pour entretenir un suspense déjà haletant. Ça attire du monde dans les stades et on y découvre le vrai sens « théâtral » du football. Alors, pourquoi ne pas le faire en France ?

La tragédie ? Watford-Leicester. Ou quand le football tutoie le genre théâtral préféré des auteurs. Le destin y joue un rôle prédominant, le malheur et le vice détruisent des personnages tourmentés par un « être suprême » qui ne leur laisse aucun répit. S’en suit souvent la mort, douloureuse. Clap clap clap, le rideau se baisse et tout le monde applaudit. On apprécie les cris, les larmes, tant qu’elles sont simulées, jouées, pour transcender une audience conquise. Mais le football est bien plus que ça. Répétée à l’envi et qui sied à merveille pour ce genre de match, la phrase de Bill Shankly prend tout son sens « Le football, ce n’est pas une question de vie ou de mort, c’est bien plus que ça ». Lors de cette demi-finale des play-offs pour l’accession en Premier League, Anthony Knockaert a la balle de qualification pour la finale au bout du pied. Au bout du temps additionnel. Sur pénalty. Mais le joueur de Leicester voit Almunia détourner ses deux frappes. La fébrilité aura eu raison de l’ex-Guingampais qui verra de loin s’échapper l’ailier de Watford, courir, encore, et toujours avant de délivrer un centre millimétré pour un grand gaillard qui remisera sur Chabolah, buteur. Passer de l’enfer au paradis. Du vide au sommet. Si rapidement. La folie pure, comme on l’aime, qui nourrit ce sport magnifique depuis sa création.

Des moments de grâce que l’on voit rarement, des instants touchés par le divin qui transportent joueurs et spectateurs au nirvana, ni plus

ni moins. Clap clap, clap, le rideau se baisse, et tout le monde pleure. On apprécie les chants, les sanglots, tant que l’authenticité y est. Le public est conquis, le football, grandi. Tout ça pour défendre farouchement l’idée de play-off en France. Histoire de pallier à ces fins de saisons où l’on connaît le champion, les qualifiés européens et les relégables quelques journées avant la fin du championnat. Lorsqu’il n’y a plus d’intérêt, il est bien difficile de s’enflammer, et de retrouver la passion. Cette petite flamme qui pousse à aller au stade dans le fol espoir de vivre quelque chose de grand, de beau. Évidemment, le cas de Watford-Leicester est à part. On ne promet pas l’anthologie tous les ans, mais au moins des matchs fous opposant deux équipes, le couteau entre les dents, bien déterminés à décrocher un objectif, si longtemps rêvé, après une saison souvent exténuante.

Une finale des pauvres en quelque sorte. Mais une finale quand même. Avec tout ce que cela comporte : l’intensité, la tension, l’engouement populaire et une motivation décuplée. Et pour des équipes de 2e Div, peu habituée à se rendre au Stade de France dans des « vraies » finales (France et Ligue), ça vaut bien tout l’or du monde. Une manière aussi d’entretenir la passion et remplir des stades, comme rarement. La formule coupe permet aussi de créer la surprise. Dans ces parties où aucune logique sportive n’existe, les surprises foisonnent. Comment ne pas être séduit alors, par ces matchs de fin de saison où la gravité est à son paroxysme ? Où le cœur menace de lâcher, à plusieurs reprises ? Où le vrai supporter passe par tous les états ? Les play-off offriraient cette occasion de mobiliser jusqu’au bout l’attention et la tension. Alors, toujours pas convaincu, Mr Thiriez ?

Auteur : Fabien Burgaud

Fabien : motivation le journalisme sportif. Supporter du FCN et amoureux du football.

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