“Mes premières émotions sportives” ou le bonheur de l’enfance

20
avril
2016

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Catégorie : APP a lu

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Denis Chaumier, ancien rédacteur en chef à L’Equipe et directeur de la rédaction à FranceFootball, aujourd’hui journaliste indépendant et auteur de nombreux ouvrages sur le football (autobiographies de ou en collaboration avec Rudi Garcia, Gérard Houllier ou Luis Fernandez, livre d’entretiens avec Jérôme Champagne chez Hugo et Cie, auteur des Mémoires de Guy Roux aux éditions L’Archipel…), nous propose de revenir sur nos souvenirs sportifs à travers une série intitulée “Mes premières émotions sportives”, décennie après décennie. Parce que sur Au premier poteau on aime surtout le ballon rond, mais pas que, on a voulu en savoir un peu plus sur le travail d’écriture de cet amoureux de sport.

– Cette série de trois livres : Pourquoi ces trois décennies? Pourquoi et pour qui avez-vous fait ces trois ouvrages? Pour les anciennes générations et/ou pour les futures?

– Ces trois livres sont en réalité quatre depuis quelques jours puisque nous avons décidé de publier la période allant de 1986 à 1995. Ils s’adressent à toutes les générations confondues avec l’ambition de faire revivre le sport à ceux qui l’ont vécu directement et de le faire découvrir à ceux qui en ont entendu parler, sans plus. Il est un lien unificateur entre les membres d’une même famille. Grand-père, père, fils ou petit-fils ; grand-mère, mère, fille ou petite-fille, chacun (e) peut picorer et puiser dans ces ouvrages ce que bon lui semblera : un souvenir, une histoire, une anecdote, une référence, une date. Mais chaque lecteur (trice) aura surtout le loisir de retrouver la trace de tous les sportifs (ives) qui ont marqué de leur empreinte quarante années du sport mondial.

– Chaque livre fait référence à un passé (“Mes premières émotions sportives” ” Né en…”), celui de l’enfance. C’est l’âge des plus belles émotions, les plus pures et les plus ingénues?

C’est l’âge de la découverte et, souvent, de l’émerveillement. L’enfant reçoit furtivement des images, des sons, des couleurs qui font tout à coup partie de sa vie, et qui constituent pour lui une sorte d’imaginaire à jamais gravé dans sa mémoire. Le livre a cette faculté de réveiller auprès de chaque enfant que nous avons été un morceau de rêve parfois enfoui.

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– Cette série est présentée comme des “miroirs de notre mémoire”. La mémoire qui ne s’efface donc pas, celle des émotions sportives qui occupe une place à part chez tous les amateurs de sport?

Elle est essentielle, dans le cheminement personnel de chaque individu. Le sport n’est qu’une longue histoire sans fin, qui ne cesse d’être animée et évolutive, et pour l’apprécier aujourd’hui à sa juste valeur, il faut toujours se souvenir de sa trace imprimée dans le temps. « La mémoire, c’est l’écho qui continue à se répercuter après que le son s’est éteint », disait le philosophe. Alors que l’on fête en ce moment les 80 ans de Raymond Poulidor, il n’est pas inutile de retrouver sa présence dans les différents ouvrages parus, afin de connaître et de comprendre sa trajectoire hors du commun.

– Le sport est un marqueur de temps, un révélateur de changements profonds dans nos sociétés. C’est un aspect que l’on retrouve dans vos livres. Pourquoi ne pas l’avoir accentué encore un peu plus?

Par leur nature même, pas leur structure également, ces livres ne sont pas destinés à approfondir tous les sujets liés au sport. Ils fixent les bornes et les idées, établissent des repères et des hiérarchies, rappellent les faits et les mettent en perspective, à chacun ensuite, s’il le souhaite, de « creuser » davantage pour une connaissance plus large de chaque événement traité.

– Dans ces trois livres le football occupe une place importante mais pas démesurée par rapport aux autres sports. Mais le “sport roi” a été et restera plus médiatisé que les autres sports. En tant que journaliste sportif, avec une carrière principalement consacrée au football, comment expliquez-vous ce phénomène?

Le football, par ses règles d’une très grande simplicité et par sa pratique d’une facilité évidente, qu’elles que soient les endroits du monde où il se joue, est le sport le plus populaire de la planète. Celui qui rassemble des foules innombrables et qui suscite l’intérêt parfois démesuré de tous les médias, la télévision en premier lieu, qui paie des fortunes pour s’en assurer la retransmission en direct. Il lui offre ainsi une caisse de résonance exceptionnelle.

– Comment avez-vous organisé votre travail d’écriture et de sélections des événements sportifs sur trois décennies?

Pour chaque année, j’ai d’abord procédé à un inventaire des principaux événements sportifs et des personnalités marquantes qui les ont animés. J’ai ensuite effectué une première sélection, puis choisi ceux qui me paraissaient les plus significatifs, au-delà de la seule époque considérée. Ceux, en fait, dont on se souvient encore des dizaines d’années plus tard, par la valeur d’exemple qu’ils suggèrent. J’ai voulu, aussi, m’attacher à évoquer tous les sports, et pas seulement le football dont je ne voulais pas qu’il « étouffe » le reste. C’est pourquoi la boxe, le cyclisme, le rugby, l’athlétisme, l’automobile ou le basket tiennent une place importante dans les quatre ouvrages.

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– Dans vos souvenirs personnels, d’enfant ou d’adulte, quels sont les moments de sports qui vous ont marqués? Et les sportifs?

Mon premier grand souvenir d’enfant concerne la Coupe du monde 1966 disputée en Angleterre. Mais beaucoup plus que par les Anglais, j’ai été marqué par deux joueurs qui m’ont impressionné pour des raisons différentes : le gardien soviétique Lev Yachine par sa stature imposante que son éternel maillot noir rendait encore plus immense, et l’avant-centre portugais Eusebio dont j’appréciais l’allure et l’efficacité. Ensuite, par ordre chronologique, j’ai été fasciné par le 100 mètres des Jeux Olympiques de 1968, avec notamment les poings levés des athlètes américains sur le podium, j’ai été subjugué par les Brésiliens de la Coupe du monde 1970 et par Pelé en particulier, j’ai été émerveillé par l’Ajax Amsterdam de Johan Cruyff qui a longtemps été mon idole et, enfin, j’ai été « emporté », comme beaucoup de Français de mon âge, par la vague verte de l’AS Saint-Etienne du milieu des années 70.

– Si vous pouviez offrir vos livres à quelqu’un du monde du sport, ce serait à…

A tous ceux que j’ai eu le plaisir de côtoyer durant ma vie de journaliste sportif, essentiellement des footballeurs, avec lesquels j’ai conservé des relations très fortes, qu’il s’agisse de Michel Hidalgo, de Luis Fernandez, de Dominique Rocheteau, d’Ivan Curkovic, de José Touré, de Laurent Blanc, de Didier Deschamps, de Jean-Pierre Papin ou de Basile Boli. Je mesure ma chance d’avoir pu les « accompagner » dans leur carrière.

– Si vous pouviez offrir vos livres à une personne extérieure au monde du sport, ce serait à …

A l’homme (la femme) de la rue, auquel (à laquelle) je voudrais faire partager ma passion du sport.

Auteur : Benjamin Laguerre

Toulousain en exil. Chroniqueur littéraire des livres sur le football.

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