Match à l’extérieur: APP à Estudiantes pour l’immense Veron

12
décembre
2013

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Catégorie : En direct du stade

Veron a peut être disputé son dernier match le week end dernier dans une relative anonymat. APP était sur place et vous le raconte en détails.

Veron c’était l’archétype du joueur argentin de la décennie passée. Trop talentueux, trop solitaire, caractériel et pas très facile à comprendre. Mais génial. Des frappes de 40 mètres inarrétables, des transversales de folie, une science du placement incroyable et le meilleur milieu de terrain à PES pendant les années 2000. Tout ça est sur le point de prendre sa retraite. L’avait déjà prise en fait mais est revenu. Et déjà reparti ? APP s’est rendu à La Plata, au cas où, il s’agirait de la dernière opportunité pour payer son dû à la légende. Compte rendu d’un match banal marqué par la peut être ultime présence d’un magicien. Ou plutôt d’une sorcière.

La Plata, à une cinquantaine de kilomètres de Buenos Aires. L’une des plus grosses villes du pays mais pas vraiment top glamour. Comme seul argument touristique valable, la ville présente une réplique de la cathédrale de Cologne et des rues numérotées sans noms. En se baladant entre celles ci, on aurait preque l’impression de se retrouver dans un roman anti-utopia d’Orwell ou d’Huxley. Une ville rationnelle faite de diagonales et de carrés. Pour enrober le tout, elle baigne aujourd’hui dans une torpeur insupportable. Qu’est ce que l’on fait donc là ?

Ben voilà, c’est qu’il y a match aujourd’hui !

Match au sommet ? Derby ? Clasico ? Non, non et encore non. Juste un petit Estudiantes/Tigre, soit deux équipes ne jouant plus rien et terminant leur saison en roue libre. Une sorte de Bordeaux/Lorient sauce argentine. Mais avec Veron, sur le pré.

Veron a peut être disputé son dernier match le week end dernier dans une relative anonymat. APP était sur place et vous le raconte en détails.A la lecture du premier paragraphe, il peut sembler bizarre qu’un immense joueur finisse sa carrière dans un si petit club. En réalité l’Estudiantes n’a rien d’un petit. Loin d’avoir la stature d’un Boca ou River, il fut tout de même à la fin des années 60, le premier club à gagner un titre hors « cinco mas grande »(Boca, River, Racing, San Lorenzo et Independiente) et même une coupe du monde des clubs en 68. D’ailleurs, l’inscription «campeon del mundo» figure sur tout les maillots vendus aux abords du stade. La plupart floqués du numéro 11 et pas mal arborant «gracias bruja» à la place du nom. «Bruja», sorcière en espagnol, c’est le surnom de Veron. Le pibe (gamin) qui avait commencé sa carrière sous ces couleurs, avant Boca et les grands clubs européens, est revenu en fin de carrière boucler la boucle. Pas une simple pré retraite puisque son retour aura été couronné de succès avec un titre national, une Libertadores et deux titres personnelles de meilleur joueur sud américain(2008 et 2009). En 2012, il prend sa retraite mais revient finalement en 2013. Steed Malbranque likes this. Cette année il n’aura pas vraiment été brillant entre blessures et prestations anonymes. Il est désormais plus un guide qu’un régulateur ou un meneur. Et son équipe, plus un des bourrelets du ventre mou qu’un caïd argentin.

Ce qui explique qu’on ait même pas besoin de passer par le marché noir pour acheter sa place pour le match ! En Argentine, ça n’a rien d’anecdotique ! Le stade à la forme de vaisseau spatial inauguré en 2003 est pourtant l’un des plus modernes d’Amérique du Sud. Mais en cette fin d’après midi étouffante, il sera à moitié vide.

Entrée dans le stade, l’occasion de constater que l’ambiance sera quand même bien présente. La preuve en vidéo :

Y’a pas à dire, les hinchadas c’est pas de la gnogotte. Deux gus de la popular d’Estudiantes suffirait sans doute pour faire plus de bruit que toute la route de Lorient après une victoire 5/0 face aux nantais. L’entrée des équipes se fait aux sons des «ho, hé, ho, hé bruja !!!».

Comme d’hab’, chez Cristina Kirchner (Madame la présidente), les équipes évoluent en 4/4/2 et de toute évidence, les moins en vacances sont les gars de Tigre qui ouvre le score logiquement en début de match sur un contre rondement mené.

Veron a peut être disputé son dernier match le week end dernier dans une relative anonymat. APP était sur place et vous le raconte en détails.Les coéquipiers de capitaine Veron poussent timidement et de manière trop stéréotypée. Rien ne se passe vraiment jusqu’à la 41ème et un raté digne des meilleures VHS du foot en folie pour Tigre. En deuxième période, le match reprend de la même manière: le capitaine ordonne quelques mouvements du milieu, voir entre ses deux défenseurs centraux et les ailiers ratent leurs centres.  Un manque d’implication criant d’un coté, une certaine motivation à bien finir de l’autre. Forcément, ça se paye. Les visiteurs enfoncent le clou en début de seconde période, une reprise à bout portant après une frappe mal repoussée. 0/2

Le coach local a bien compris ce qu’il se passait et se décide donc à offrir son (ultime ?) ovation à sa star. Le seul problème c’est que Juan Sebastian, lui n’est pas satisfait du résultat. Et après avoir profité des acclamations du public, il n’apprécie guère que l’arbitre vienne lui demander de se presser à sortir et insulte donc l’homme en noir, qui dégaine donc le rouge. Après match, l’ancien mancunien expliquera son expulsion en ces termes : « J’ai un âge suffisamment avancé pour ne pas laisser un abruti me charger ». Même Sir Alex n’a pas réussi à le “charger”, c’est dire… Sur le terrain, il n’y a plus grand chose à voir si ce n’est une autre ration de centres ratés. Les insultes commencent à fuser et la balle à brûler les pieds des joueurs de La Plata.

Il est temps que ça se finisse.  Un match banal se termine, en espérant que la carrière d’un joueur qui n’aura, lui, rien n’eut de banal, continue. Il annoncera sa décision dans les jours à venir.

Auteur : Mourad Aerts

Joue en troubadour sur tout le front de l'attaque. Amoureux du foot et de ce qu'il représente partout dans le monde

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