Match à l’extérieur : APP en direct de la Bombonera !

02
octobre
2013

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Catégorie : En direct du stade

boca-app

Riquelme qui distille de l’amour en milieu de terrain, Bianchi qui dispose ses troupes sur le banc, le tout emballé dans une poudrière bleu et jaune ? Merde ! Pas d’erreur possible, APP est dans la mitica Bombonera !

quartier-boca-junior

Après l’Ukraine et la Hongrie, notre calendrier à l’extérieur nous mène en Argentine. Si on est en Argentine pour le football (pléonasme ?), aller faire un tour dans le quartier de La Boca coule de source. Sorte de berceau de la culture populaire argentine où sont venus pendant plusieurs siècles se déverser italiens, espagnols, français, où est né le Tango, où ont germés plusieurs mouvements sociaux et révolutions avortés mais avant tout un morceau de ville qui fait entièrement corps avec une entité footballistique : Boca Juniors. Boca n’est pas immatériel, Boca es barrio, nuestro, pueblo clament leur socios et ils ont raison ! Un tas de choses est à redire concernant la politique actuelle du club et de certaines barras bravas mais on ne peut que s’émerveiller devant cet enthousiasme jamais démenti et cette identification incroyable qui dépasse les frontières du Barrio pour aller intégrer tout ceux qui de Salta à Ushuaïa en passant par Bariloche s’y reconnaissent ! Boca es pueblo !

Si une simple ballade dans les (modestes) rues aux alentours du Stade entre maisons et camions de pompiers peints aux couleurs du club, statue de Diego et Roman ou café entièrement tapissé de posters à la gloire du club bleu et jaune auraient déjà suffi à nous convaincre, il nous restait encore à rentrer dans le stade. Une toute autre paire de manche.

La politique du fermé-fermé et le business des barras bravas

En effet, il est impossible de rentrer dans le stade sans être socio. En théorie. En réalité, en tant que touriste idiot et graissé de fric, vous avez la possibilité d’aller voir une agence touristique qui vous fera payer une centaine d’euros pour rentrer dans le stade en tant que “VIP” après avoir mangé trois bouts de viande qu’ils qualifieront d’asados et profité d’un voyage VIP, toujours, en bus scolaire. Autant dire que cela ne nous intéressait pas. Il restait le marché noir à l’entrée du stade, très risqué, ou le e-bay local (mercado libre) où des dizaines de socios encartés plus que de raison en profitent pour vous revendre la place de leur mère, sœur, oncle pour deux ou trois fois le prix original. Comptez donc environ 45 euros. Ce qui reste toujours une meilleure option. APP vous la recommande fortement, le cas échéant. Après avoir bravé les dizaines de contrôle et prié pour que personne ne nous demande pourquoi est-il écrit «damas» (dames) sur notre carte de socio, nous voilà finalement installé. Et déjà satisfait.

Le sanctuaire ultime, royaume du Diez

Le quartier et son port s’apparentaient déjà à un havre de  fútbol, mais le stade en est tout simplement un sanctuaire ultime. Une consécration, un orgasme pour un fan de foot. Dès les premiers pas, on comprend où l’on est.

Ça se remplit tout doucement alors que l’on célèbre une équipe de jeunes ayant remportés un titre continental. Le nom officiel du stade est l’Estadio Alberto J. Armando mais le speaker n’a à la bouche que les mots «mitica bombonera» puis vient le premier frisson de la soirée : l’annonce des compositions. Tout se passe bien jusqu’à ce qu’il en est terminé avec le numéro 8, Ledesma.

A ce moment précis tout le stade sait qui est le suivant et un murmure se propage dans les travées, le speaker semble retenir son souffle pour faire monter la pression puis il ose, il l’annonce : “numéro diez”!  La photo apparaît, le stade explose.

RoOOoooMMmaaaaannnn      RrrriiiiiiiiiQQQQQQQQQuuuuuUUEEELLLLLMMMMMMMEEE !!!!!!!!!

L’ovation pour Bianchi bien que fournie fait bien pâle figure comparée à celle du 10. Il faut dire que tout le peuple Xeneize (les génois en VF, en référence aux fondateurs du club) attend ce retour depuis le début du championnat. Ce soir, ils n’auront d’yeux que pour un binôme qui les fait saliver d’impatience: Gago(no 5)/Riquelme(no 10). Un mélange unique de classe, nonchalance et passes de rêves.

Le match: Boca vs Quilmes

Les joueurs s’échauffant dans les vestiaires, ils sortent directement pour le match et re-explosion ! Papelitos, vacarme et chant à la gloire de l’«Idolo» repris par tout le stade.

Déjà l’heure d’aller changer ses sous-vêtements pour les non-avertis. Les pauvres victimes de Quilmes sortent du second tunnel sous une bronca monstrueuse qu’on ne souhaiterait pas, même à notre pire ennemi. Sans doute que pour eux aussi, c’est déjà l’heure d’utiliser sa seconde paire de caleçons.

On remet un maillot collector à Riquelme célébrant son 194ème match dans son jardin puis le match peut commencer. D’abord dans un bruit assourdissant puis dans un calme un peu étonnant. Les fous de Boca sont avant tout des fous de football et pour tout dire…. ils regardent le match. Puis ils explosent de manière incroyable et tous ensemble pour 2/3 minutes puis re-silence.

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Le match n’est pas vraiment lancé, les joueurs semblent tenter des choses trop compliqués. La «fabrica de futbol» Gago/Riquelme comme l’a surnommée Bianchi avant le match a du mal à fonctionner. Pourtant petit à petit, on commence à les trouver.

L’implication du numéro 5 est d’ailleurs très impressionnante comparée à ce qu’il avait l’habitude de laisser sur le terrain en Europe. Riquelme, lui marche toujours les mains sur les hanches. Et pourtant c’est de lui que vient la lumière. Le dernier des 10 reçoit la balle aux 20 mètres, à droite de la surface de réparation, le contrôle en pivot n’est pas top mais dans la foulée la petite passe lobée est parfaite et Gigliotti n’a plus qu’à conclure. 33ème minute, Boca 1, Quilmes 0.

Et c’est reparti, l’ambiance dans le stade monte d’un cran supplémentaire ! BOCA ES MI VIDA, ES LA ALEGRIA DE MI CORAZON………. What else ? Si les populaires mènent la danse, les plateos ne sont pas en reste et tout le monde chante et saute!

Si Bombonera signifie littéralement “la bonbonnière”, la boîte à bonbons quoi, on ne peut s’empêcher de penser au mot bombe en cette fin de premier acte. Une bombe à fragmentation, plus précisément, qui exploserait à intervalles réguliers et de manière extrêmement puissante.

Mi-temps, le temps de se balader un peu dans les couloirs de cet antre de plaisir, de faire la queue 5 minutes pour les toilettes et ça reprend. Les joueurs de Bianchi ne sont pas bien revenus, les 10 premières minutes sont dures et Quilmes passe tout près de l’égalisation. Bien entendu, le réveil passe par El Mago, le seul qui ne redescend pas défendre sur corner, le seul qui ne coure pas, bref, le seul. Il trouve d’abord Gigliotti encore une fois dans l’espace d’une passe parfaite mais celui-ci tire sur le défenseur sur la ligne après qu’il eu esquivé le gardien.

Cinq minutes plus tard, Boca se trouve coincé à l’entrée de la surface et le patron trouve encore un amour de passe de l’extérieur qui place son coéquipier en parfaite situation aux 6 mètres. Aïe, caramba! Encore raté!

Il les a chauffés à blanc, ses socios, le Román. Du coup, tout le monde s’est levé et ça pousse, ça pousse. Un vacarme rarement égalé dans un stade. NI LA MUERTE NOS VA A SEPARAR…

Gago prend la relève et en une touche transperce encore toute la défense mais Martinez ne trouve que le poteau. En tribune, ça gueule de plus belle et ça insulte les hinchadas unidas qui marchent avec le gouvernement. HA QUE PUT…. QUE SON LAS HINCHADAS UNIDAS..

Ce qui devait arriver arriva finalement. Gago décale Sánchez Miño qui centre pour Gigliotti qui à bout portant fusille de la tête le pauvre gardien visiteur. 2/0, la messe est dite. Et pas que sur le terrain.

Le stade s’en prend maintenant à River qu’ils visiteront la semaine prochaine. De toute manière, depuis le début du deuxième acte, il y a le feu dans le stade. A l’exception des papis, qui écoutent les commentaires radios en regardant le match, tout un peuple chante aux rythmes des tambours et trompettes de la popular!

Le chrono défile et on tremble à l’idée que ça se puisse se terminer. La sortie du roi à 5 minutes du terme rajoute à la postérité que le rejeté de l’Europe a acqueri ici. Mon diez, que c’est beau un milieu de terrain Riquelme/Sánchez Miño/Gago/Ledesma. Ils auront passés le match à chercher LA bonne passe. On s’arrêtera là  parce que raconter la fin du match s’apparenterait à une petite mort.

On vous donne rendez-vous la semaine prochaine au Monumental cette fois, billet déjà en poche, pour un petit match, un certain River/Boca !

Le tour des stades sud-américains ne fait que commencer !

Auteur : Mourad Aerts

Joue en troubadour sur tout le front de l'attaque. Amoureux du foot et de ce qu'il représente partout dans le monde

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