Match à l’extérieur: APP au Monumental pour le Superclásico

09
octobre
2013

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Catégorie : En direct du stade

Un Superclásico, ça ne se raconte pas tant que ça, ça se vit avant tout. Pour vous, APP qui était sur place va tenter de vous raconter cette folle journée.

Un Superclásico, ça ne se raconte pas tant que ça. Ça se vit avant tout. Pour vous, APP va essayer de mettre des mots sur les émotions de cette folle journée du 06 Octobre vécue sur place. Si vous ressentez quelque chose à la lecture des lignes qui suivent, sachez que vous êtes toujours loin de la vérité.

Le coup d’envoi du match est fixé à 18h15 mais en réalité, ça débute bien plus tôt. Direction l’Hotel Madero, celui où sont en pleine préparation les joueurs de Boca. Leurs hinchas ont été privées de déplacements. So what ? Ils sont venus sous les fenêtres de leurs joueurs manifester en nombre, histoire de leur rappeler que, ce match, c’est avant tout pour EUX qu’ils le jouent. Pétards, tambours et chants repris par une foule en liesse …Une ambiance de feu dans la rue à 12h ! Même le désormais traditionnel fantôme de la «B» est présent. Il est devenu un ingrédient indispensable à un Superclásico depuis que les gallinas sont descendus en deuxième division, laissant l’honneur aux bosteros d’être le seul club à ne jamais avoir quitté l’élite. Un petit coucou, comme ça. Pour ne pas oublier.

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On se laisserait presque prendre par les acclamations de la foule à chaque silhouette derrière une fenêtre mais nous, on est autorisé à rentrer au stade ! Il s’agirait donc de ne pas être en retard. On fait bien de se presser car à l’approche du stade, l’embouteillage devient préoccupant face aux dizaines de contrôle de police. Alors bien sûr, le quartier de Nunez n’a pas grand chose à voir avec celui du port de La Boca. Ici, les banques étrangères ont remplacées les stands d’asados sauvages aux couleurs du club. Pas non plus de trace de cartoneros (personne qui amasse les cartons jetées à la poubelle pour les revendre plus tard), mais plutôt de personnes d’âge mûr qui devaient travailler dans les banques citées plus haut, il fut un temps. Ceci dit, la passion «millionarios» est bien palpable en ce jour de Superclásico. Le peuple de River veut en découdre et finalement grappiller une victoire lors de l’affrontement avec celui qui se dit plus aimé qu’eux. A deux reprises, la police en vient aux mains pour stopper des impatients qui crèvent d’envie de rejoindre ses chants venants du stade qu’on entend déjà.

La bave aux lèvres mais la bouche fermée, on avance petit à petit. Il faut dire qu’encore une fois, on est censé être socio du club pour rentrer. Bien entendu, la place a été acheté au marché noir à un gars qui peut se permettre d’en vendre une petite dizaine à lui seul. 485 pesos (48 euros) l’entrada, c’est pas si mal finalement. On ne serait que vous conseiller de vous rendre sur mercado libre (le ebay local) pour acheter vos tickets le cas échéant. Vous pouvez vérifier les recommandations d’autres acheteurs et avoir un minimum de sécurité. A l’entrée du stade, les prix flambent surtout lorsqu’on s’aperçoit que vous avez tout sauf un accent local. Et elles ne sont pas non plus fiables, comme l’atteste celle du gars juste en face de nous au portillon d’entrée qui se voit refuser l’accès. On passe la notre, la lumière passe au vert, le tourniquet s’actionne et …

BIENVENIDO EN EL MONUMENTAL

On ne sait plus trop pourquoi la chair de poule nous vient à l’entrée au stade. Est-ce juste le sentiment de rentrer dans un second lieu de pèlerinage footbalistique en deux semaines ? Est-ce parce que les images de la finale du Mundial 78 nous reviennent ? Ou simplement à cause des drapeaux qui flottent de partout au rythme des chants. Soy de River Plate, Soy de River…. Si la Bombonera, ça vous marque un homme, le Monumental c’est pas mal aussi dans son genre.

Un Superclásico, ça ne se raconte pas tant que ça, ça se vit avant tout. Pour vous, APP qui était sur place va tenter de vous raconter cette folle journée.On y est, le match qui paralyse toute la ville, qui mobilise tout les argentins. Sur le terrain vont s’affronter deux 4/4/2 amovibles, avec une attention toute particulière sur les milieux de terrain, comme toujours en Argentine. Celui de Boca semble rentrer dans l’ordre depuis le retour du Diez Riquelme alors que celui de River dépend toujours beaucoup du rendement de l’intermittent mais talentueux, Lanzini. Gigliotti, qui a déjà marqué avec tout ses autres paletots lorsqu’il visitait la cancha de River sera particulièrement surveillé tout comme le bouillant colombien Gutiérrez dans l’autre camp.

L’entrée des deux équipes se fait dans un bordel indescriptible, bien sur. Tout le monde saute et chante pour l’entrée des millionarios et va chercher le plus loin possible dans ses poumons pour lâcher une bronca énorme aux Xeneizes. Le match part sur ce rythme, jump et rythmes de fête ! Enfin, enfin, enfin, le match est parti et les riverplatenses suivent aussi les tambours en tribune. Ils attaquent fort et mettent un peu plus le feu. Dès la 1ère minute, Andrada tombe dans la surface après une simulation qui aurait pu marcher. Pour notre voisin de la popular, elle a fonctionné en tout cas. L’arbitre reçoit les premiers «conc.. de tu madre» qui vont bien. Il ne sera pas le seul à en recevoir.

Retour sur le pré où la banda roja pousse en ce début de match. Lanzini passe à coté de l’ouverture du score en reprenant une frappe mal repoussée par Orion, l’héroïque, pour le moment, gardien de Boca Juniors. Le temps passe et l’orage avec pour les coéquipiers de Riquelme qui se montrent enfin. 19ème, récupération haute de Sanchez Miño qui va au bout et tente sa chance, Baroverro repousse dans les pieds de Gigliotti, seul aux 6 mètres qui reprend trop mollement. On peut souffler dans le stade mais ce n’est en fait qu’un répit. 22ème, une nouvelle récupération haute, Riquelme décale Martinez sur la droite qui lance un petit débordement/centre au cordeau des familles pour Gigliotti qui en renard des surfaces ne manque pas l’offrande.

0/1. 10 secondes de silence…

Et on ressort vite le drapeau et on reprend les encouragements. Bluffant, à quelle vitesse, les socios gallinas passent de la stupeur à la reprise du combat. La maîtrise technique prend pour le moment le pas sur l’enthousiasme. Les millionarios continuent à pousser mais manque toujours autant de précision à la finition ! Par trois fois en cette première période, l’un des leurs se sera retrouvé esseulé aux 6 mètres et aura raté le cadre.

Le rythme est haletant et entre les chants dans les tribunes et le jeu proposé, on n’a pas le temps de s’ennuyer. La Popular c’est un truc à vivre, on a l’impression que c’est toujours plein mais il y a toujours quelqu’un pour s’engouffrer devant vous et se faufiler dans la marée humaine. C’est VRAIMENT ce qu’on appelle un stade plein à craquer. Fin du premier acte de ce grand spectacle !

La deuxième mi-temps reprend et les hinchas repartent fort, le sol se met à trembler mais rien à faire, leur protégés ne sont toujours pas réalistes. Gutiérrez bute sur Orion dès la reprise. Sur le contre, Martinez, déjà passeur décisif pour les bosteros, est tout près d’ajouter un but à sa ligne de stat mais sa frappe termine sur le poteau. Que se muera todo los bosteros, hurlent t-ils dans les travées. Et sur le pré ? Frappe sur le poteau de Ponzio pour River. Ça semble se préciser mais, en fait, non.

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Tacles “Olive et Tom” et transversales en touche

La 50ème lance le départ du réel deuxième acte, celui où les locaux se fatiguent et font preuve d’un trop grand nombre d’erreurs techniques (toujours assorties d’un petit «la conc.. de tu madre») et où les visiteurs font tourner le chrono et lancent des tacles rasoirs sur dix mètres. Ça devient beaucoup plus physique des deux cotés. Le premier à sortir sera le roi Riquelme touché et qui applaudira ironiquement les socios platenses qui l’auront conspués à chaque touche de balle. Puis suit Gigliotti à la 66ème minute, blessé lui aussi. Des tribunes, tout cela ressemble à une mascarade pour faire tourner la montre mais les examens d’après-match confirmeront les blessures des deux sortis plus celle de Gago qui aura malgré tout tenu sa place jusqu’au bout.

Coté River, Lanzini a disparu de la circulation et le jeu de son équipe s’en ressent. La grosse débauche d’énergie de la première période pousse les blancs et rouges à abuser de longues transversales imprécises. Dans un club qui a vu passer tant d’as de la passe parfaite, ça fout un peu les boules. Les fans se tirent les cheveux, on ne veut pas d’un nouveau match sans victoire dans le Superclásico. Alors on continue à pousser. A la 84ème minute, Mora croise bien sa tête, le gardien est battu mais…. re-poteau ! Gutiérrez aura la dernière munition du match mais Orion, encore lui, sortira l’arrêt qu’il faut. Un peu de tension, d’énervement et fin du match !

Les joueurs de Boca se congratulent et chantent ensemble dans le rond central : «les années passeront mais nous n’oublieront pas que tu es descendu…» alors les socios reprennent de plus belle leurs chants pour couvrir la joie des ennemis.

Ils ne pourront rien contre la vidéo qui circulera quelques heures après sur le net montrant les Xeneizes fêter leur victoire dans les vestiaires en entonnant des chants anti-River. Le lendemain, les unes de tout les journaux seront dédiés à la suprématie de Boca sur Buenos Aires, le maillot de River sera toisé dans la rue par celui de Boca et dans dix ans on mentionnera encore le jour ou Gigliotti a fait taire le Monumental.

Auteur : Mourad Aerts

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