Match amical estival ou la négation du football

29
juillet
2013

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Catégorie : Editos

En plein été, à des horaires étranges, une parodie de football s'opère. Voire dénature le ballon rond. Pourquoi existes-tu, satané match amical ?

Ils rythment nos étés, mais c’est vraiment faute de mieux. Ces matchs insipides que l’on nous place tous les trois jours pour renforcer voire finaliser une préparation débectent pas mal d’observateurs. Il y a de quoi. Mais malgré quelques qualités que notre objectivité nous oblige de vous livrer, ses défauts font tâche quand on fait le bilan. Autopsie du match amical.

A voir le stade Dean Court à Bournemouth plein comme un œuf, on peine à imaginer pourtant que les locaux viennent de prendre une valise (6-0) contre les Galactiques du Real Madrid. A observer ces 12 000 mines réjouies, voire euphoriques, on se prendrait presque d’amour pour ces matchs amicaux estivaux qui permettent dans ledit cas de faire se mesurer des équipes professionnelles, et pas n’importe laquelle ici, contre des clubs venant des tréfonds du football anglais. Si l’intention est louable, et profitable économiquement, la méthode n’est que très peu appréciée.

Souvent effectués dans des stades quasi-vides (seulement 8 000 personnes pour Rennes-Nantes ce samedi 27 juillet), on peine à rentrer pleinement dans un match où même les joueurs ne semblent pas y croire. Le vice voudrait que l’on dise que l’investissement des 22 acteurs est souvent comparable à ces quadras qui jouent pour des matchs de charité, mais nous n’irons pas jusque-là. Quoique.. Le nombre de changements, on en parle ? Trois en temps normal, bien, on rajoute de la fraîcheur sans trop changer l’âme de l’équipe, mais six, ça fait lourd. On se retrouve avec presque deux équipes différentes. Si peu de temps de jeu pour chacun d’eux et une absurdité sans nom pour jauger une équipe aux deux visages. Et un casse-tête de plus pour l’entraîneur dans l’optique de composer un onze type.

Mais le plus ridicule est surement l’incertitude qui plane au-dessus de ces joueurs. Qui vous dit que ce joueur qui a l’air prometteur et plutôt efficace sera encore chez vous au-delà de la clôture du mercato ? Du sadisme on vous dit. Comment s’enflammer si le doute accompagne chaque foulée d’un joueur. On met des distances pour ne pas être déçu en cas de départ, et on se réjouira de son maintien dans l’effectif ? On aura devant nous des formations encore incomplètes susceptibles de perdre/gagner des joueurs, en gros, des esquisses brouillonnes de ce qui peut nous attendre début septembre, quand la saison débutera vraiment.

Au-delà du problème intrinsèque du match, le climat pose question. Quel est l’intérêt de faire jouer des match en plein cagnard, à des horaires mouvants qui indisposent les quelques supporters soucieux d’aller en tribunes ? On ne vit quand même pas dans un pays où on s’expose chaque semaine à des températures frôlant les 30°C, non ? Ok, en Espagne pourquoi pas, en Andalousie, les canicules sont légion, mais en France.. Élément drôle, ces buts que l’on fêtera à la mesure de l’investissement, nullement. On lève les bras, sourit à son partenaire et regagne vite sa place sans faire de folies. La tristesse absolue. Si un but ne procure ni la joie, ni la folle course qui l’accompagne, où est le folklore ? Où est passée l’euphorie habituelle qui doit habiter un buteur dans un sport où le but est l’accomplissement de tout ? Tout en simulation, en retenue, en négation de l’essence du foot de toujours.

Mais il existe certaines qualités à ces «dérives». Faire, et refaire jouer un groupe permet évidemment de le souder, renforcer les liens affectifs et les complicités sur le terrain. En plus des automatismes, on cherche à retrouver la condition physique que des vacances ont souvent achevée. Une mi-temps, une heure, le match entier, progressivement, les ajustements s’opèrent. Pour être fin prêt le jour J. Et retrouver enfin des matchs qui valent la peine d’être vus et vécus.

Auteur : Fabien Burgaud

Fabien : motivation le journalisme sportif. Supporter du FCN et amoureux du football.

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