Match à’l’baraque: on a testé l’ambiance de Bollaert-Delelis

12
septembre
2013

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Catégorie : En direct du stade

Dossier: "Passion, fidélité, engagement : Bienvenue chez les chtis." Plongée dans les tribunes de Bollaert-Delelis pour la réception de Troyes.

Le supporter lensois est courageux. L’an dernier, il a notamment dû concédé une triple défaite en l’espace de quelques semaines contre les trois futurs promus (Monaco, Nantes, Guingamp) pour une addition finale de 0 buts pour, 15 contres. Dur mais tel Rudy Riou, il a encaissé sans broncher. Il a aussi récemment dit « au revoir » au plan quinquennal et «bonjour» au drapeau azéri qui flotte fièrement au dessus de ses tribunes. En fait, plus que «courageux» l’adjectif qui sied le mieux au fan sang et or est fidèle. Fidèle en Champion’s League ou en L2. C’en est tellement évident que ça sonne comme un cliché. Nouvelle démonstration ce soir. Pour la réception de l’ESTAC, 30 438 spectateurs se sont nichés dans le stade Bollaert Delelis. 30 437, si APP n’avait pas voulu tester l’ambiance. Compte-rendu.

Grosse ambiance et audace capillaire

Lens, c’est une bourgade faite de petites baraques (les fameux corons), un Louvre bis et surtout un stade impressionnant. Impressionnant de par sa taille comparativement à la ville mais avant tout de par ses chants qui nous reviennent dans les oreilles dès l’approche du stade. Aucune pression n’est ressentie à l’entrée du stade ou lors de la fouille. Non, tout va bien. Ça va encore mieux lorsque les 22 acteurs entrent sur la pelouse et que le kop de la tribune Marek augmente le niveau des encouragements.

Dossier: "Passion, fidélité, engagement : Bienvenue chez les chtis." Plongée dans les tribunes de Bollaert-Delelis pour la réception de Troyes.L’espèce de «triple fausse crête» immonde de Ljuboja remplace le légendaire brushing décoloré de Demont sur le terrain et nous permet au moins de retrouver quelques repères capillaires. Il faut dire qu’on les avait un peu perdu de vue, les “sang et or”, après deux saisons anonymes en L2. L’enlisement semblait total jusqu’au retour de Zorro Martel sur son cheval azéri. Un premier retour dans l’actu foot qui semble en précéder un second, en Ligue 1, cette fois-ci. Il est, ceci dit, encore trop tôt pour s’enflammer surtout que sur le terrain ce sont les «beautiful loosers» troyens qui se présentent ce soir. Pas n’importe qui, non plus. Ils justifient parfaitement leur réputation en pratiquant un jeu pas dégueu en 1ère mi-temps. Des combinaisons rapides, le crâne de Nivet pour ordonner tout ça et la moue de Furlan après chaque raté «inratable» à la conclusion. Un système éprouvé bien en place. Sur le pré, le 11 de Kombouaré est plutôt discret alors on préfère écouter le 12ème homme qui lance des amabilités à la ligue et son célèbre moustachu. Danijel essaye bien de faire résonance aux chants en envoyant un scud sur la barre transversale mais il est signalé hors-jeu. Une constante durant tout le match. Sans doute un hommage caché à Toifilou qui a fait travailler les muscles des bras droits des juges de touche pendant plusieurs années ici même.

Mi-temps : 0/0. Plutôt bien payé pour les artois.

Lors de notre pipi réglementaire de la mi-temps, on se demande quels mots peut bien trouver Furlan pour convaincre ses joueurs que « non, ils ne sont pas dans un énième remake de Un jour sans fin ». Après qu’un mec se soit fait charrier pour s’être laver les mains aux toilettes, on se dirige, les mains sales donc, vers la légendaire friterie. Une file d’attente interminable nous dissuade d’aller plus loin pour ne pas passer à coté de la reprise du match. Question de priorité. Retour en tribunes, les mains sales et vides.

“Bachelet will rock you”

Pas de «We will Rock you» au retour des vestiaires, ici. Non, non, non. La sono lance «Les corons» avant de se taire pour laisser le stade chanter. Électrifier un stade avec un titre de Pierre Bachelet, il faut quand même le faire.

Dossier: "Passion, fidélité, engagement : Bienvenue chez les chtis." Plongée dans les tribunes de Bollaert-Delelis pour la réception de Troyes.En tout cas, ça marche et ça se propage sur le terrain. Petit à petit, les hommes du président Martel prennent l’ascendant sur leurs adversaires. Il faut attendre la 57ème pour qu’Adamo Coulibaly délivre finalement tout un stade. Le 1er but sous ses nouvelles couleurs de l’ex goal machine de Debrecen. Sur une passe de Ljuboja bien sur. Une association pas sans rappeler celle que toutes proportions gardées, le serbe formé avec Niang à Strasbourg sous les ordres d’un certain… Kombouaré justement ! L’ex-coach parisien applique ses bonnes vieilles recettes en se servant presque littéralement des vieux pots donc. Mais le RCL est loin d’être une équipe de vieilles peaux. La gaillette sort toujours de très bons jeunes (Cyrpien, Gbamin) auxquels sont venus se greffer en prêts, Landre et surtout Aréola qui semble promis à un grand avenir. Un attelage cohérent pour la mission commando « remontée en L1 ». La partie se poursuit comme on pouvait s’y attendre : les aubois poussent pour revenir en vain (Bill Murray sort de ce corps), les lensois résistent et les supporters braillent de plus belle. Le deuxième «Les corons» de la soirée pose un point final à la démonstration dans les tribunes. De voir tout un stade se dressait comme un seul homme, écharpe levée bien haute pour célébrer une victoire en L2 : ça remet l’église au milieu du village. Le match se termine dans une ambiance formidable. Nouvelle victoire, en tête de la L2 : merci, tout va bien.

On raille assez souvent la culture footballistique des français pour ne pas s’extasier devant un tel fief de passionnés. Le stade Bollaert est finalement la dernière mine en activité dans la région. Le tout est un peu kitsch entre Louisette, les maillots floqués 62/« nin-nin » ou encore Dany Boon et Pierre Menès en tournage. Mais ce serait chipoter que de s’arrêter sur ces détails. A la sortie du stade, on espère sincèrement que les gars qui ont chantés pendant 90 minutes seront récompensés en Mai prochain. Ça ne peut faire que du bien à notre élite.

Auteur : Mourad Aerts

Joue en troubadour sur tout le front de l'attaque. Amoureux du foot et de ce qu'il représente partout dans le monde

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