Manquer un penalty, ce supplice

13
janvier
2014

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Catégorie : Edito

Seul face au gardien, l'exercice paraît simple. Et pourtant. Les penaltys manqués ce week-end témoignent de ce fantasme qui se montre périlleux...

Dans un sport collectif, la faillite individuelle peut être éclipsée. Une erreur ? Vos dix coéquipiers peuvent, par chance, sauver votre bévue et s’en tirer.  Sauf si vous commettez l’impair devant des milliers de paires d’yeux qui vous scrutent et tentent de deviner l’issue de l’épreuve qui se profile. Le pénalty, le saint Grâal de ce sport. L’inédite possibilité d’inscrire un but. Seul. Sans les encombrants adversaires habituels croisés dans cette même surface de réparation qui paraît tout de suite plus vaste et calme. Depuis l’instant où l’homme en noir a désigné le point de penalty, on te regarde.

Oui, toi, celui qui va tenter de convertir la sentence. Acclamée par un public chaud bouillant, excité à l’idée d’assister à exécution sommaire. Un contre un. Une balle et à la fin un pied à terre pour le perdant. Les troupes sont encore dispersées et certaines quémandent encore la clémence ou le pourquoi d’une décision gravissime pour les pénalisés. Rester concentré. Un silence escorte l’instant où tu poses ton ballon, en le manipulant obligatoirement en espérant trouver la surface plane ou juste éviter la crevasse qui menace le ballon et donc indirectement un bon tir. Relever les yeux et défier le gardien, regard distant ou méchant pour les belliqueux.

Tirer dans un ballon ? Simple. Le faire à distante réduite, dans un silence étouffant et nourrir les espoirs comme les haines des spectateurs ? Ca fait beaucoup de poids sur de frêles épaules que celle d’un seul joueur. Contre tous ou presque. Ben Yedder, Cvitanich et Kadir auraient du être acclamé comme il se doit, comme celui qui a su défier le portier et afficher ce mental d’acier dans cet exercice ô combien périlleux où beaucoup y ont laissé leur réputation, David Trezeguet pour ne citer que lui. Mais la déception qui vient vite se transformer en colère laisse le joueur seul face au désarroi, seul face à la bronca. Un rôle ingrat de traître dans un sport qui promeut pourtant le collectif. Il n’y a pas de bonne position pour marquer. Encore moins quand on vous offre la possibilité de marquer à distance raisonnable, sans effort, ni combat à livrer avec d’hargneux défenseurs. Prime au mental, au caractère. Mais le cynisme fait de ce petit point blanc un art à part entière, avec ses acteurs et ses dénouements tous aussi différents. Pour l’amour du spectacle, ça passe souvent, mais quand ça casse…

Auteur : Fabien Burgaud

Fabien : motivation le journalisme sportif. Supporter du FCN et amoureux du football.

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