Mandanda, un “boulet”, vraiment ?

19
mars
2019

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Catégorie : Ligue 1

Mandanda_EDF

Les yeux hagards, le regard implorant d’un enfant perdu, le visage fermé, les bras ballants, c’est sans doute l’image qui restera de Steve Mandanda à l’issue de la saison 2018-2019.

L’attitude témoigne à la fois du fatalisme devant tant de buts encaissés (47 en championnat, dont 38 que Steve est allé chercher au fond) et de l’impuissance de n’avoir pas pu accomplir un nouveau miracle qui a tant de fois masqué les lacunes de son équipe par le passé.

Boulet ou pachyderme ?

Et les commentaires désobligeants se sont fait jour, les internautes, bien à l’abri derrière leur clavier et leur pseudo y vont de leurs moqueries sur le poids de l’international (« boulet », « pachyderme », « phacochère », « gros lard », …), l’associant à des images d’animaux volumineux ou d’obèse, comme si le natif de Kinshasa passait ses journées à engloutir, tel un Gargantua du XXIème siècle, tout ce qui peut entrer dans son « grand gosier ». Bien sûr, la plupart des agités des deux pouces sur leur smartphones, n’ont que rarement entendu parler de Rabelais, mais l’auteur de l’œuvre Gargantua et Pantagruel (publié en 1534 et 1532 respectivement), avait pris soin de faire de son personnage un héros qui a battu et chassé Picrochole l’envahisseur.

10 ans de Fénoméno

Mandanda a aussi été un héros, son surnom de Fénoméno lui a longtemps épargné les critiques, il faut dire que ses prestations depuis ce 25 aout 2007 où il remplaça au pied levé Carrasso (lui aussi critiqué pour ses problèmes de poids, tiens, tiens…) en ont fait une légende, le meilleur gardien de l’histoire du club, hors Barthez. Avec plus de 460 matches disputés sous le maillot olympien, il a battu le record de présence des gardiens (Escale 332 matches) et des joueurs (Scotti 452), en 11 saisons après un intermède à Crystal Palace en 2016-2017.

Son retour au club à l’été 2017 commença à générer des doutes en raison de l’opération au genou subie à Londres qui lui fit perdre sa place, mais les premiers matches firent taire les critiques, Steve retrouva d’ailleurs sa place en équipe de France et sera même sélectionné lors de la dernière coupe du monde au cours de laquelle il joua un match, et sera sacré champion. Si ses performances pour 2018 lui permirent d’être à nouveau élu meilleur gardien de ligue 1 (pour la 5ème fois), ce sont surtout ses blessures musculaires (ischio-jambiers) qui commencèrent à faire naître des interrogations sur son hygiène de vie, lui qui n’est plus un jeunot (né en 1985).

La finale de la Ligue Europa amena également de l’eau au moulin des détracteurs en raison d’une passe, jugée inadéquate, à Zambo-Anguissa, dont le contrôle raté conduisit au 1er but de la défaite finale (3-0 contre l’Atletico Madrid). C’est oublier que le gardien de buts moderne fait de plus en plus partie du jeu et que ses relances courtes permettent de remonter proprement le ballon et « casser les lignes » adverses, on ne compte d’ailleurs plus les passes identiques de Ter Stegen ou Alisson Becker, il est vrai que Busquets ou Keita ont d’avantage de maîtrise pour conserver le ballon que le camerounais …

L’Extra-terrestre redevenu humain

La saison en cours semble être devenue le chant du cygne du natif de Kinshasa, une nouvelle absence pour déchirure à la cuisse en début de saison accentua les critiques, et les lacunes défensives du onze de Garcia rendirent célèbre la fameuse image du gardien, dépité, après chaque but encaissé. Il y eut, certes, dans le passé, des périodes d’errances défensives à l’OM, sous Anigo ou Michel notamment, mais Mandanda, aux prix de parades exceptionnelles, sauva souvent les siens du naufrage, mais pas toujours de la défaite.

Le frère de Parfait, Riffi et Over, tous trois également portiers de haut niveau, est-il devenu une passoire en raison d’un embonpoint excessif ? Cela serait très réducteur, et même carrément faux, mais les critiques à la mémoire courte semblent le penser, focalisant sur le dernier rempart les insuffisances de l’OM, qui ont amené notamment Steve à sortir désespérément à 25 mètres de ses buts pour compenser un défaut de placement de son équipe, laissant Di Maria tout seul, prêt à crucifier une nouvelle fois les marseillais lors du classico de Dimanche.

S’il a reçu un carton rouge pour avoir touché le ballon de sa main gauche hors des 16,50 m, Mandanda pourra, au moins, le temps d’un match, oublier ces moqueries infâmes et comparaisons dégradantes.

Il demeure un grand professionnel, qui a le tort , comme l’a déclaré Rolland Courbis le 9 février dernier, d’être devenu simple humain alors qu’il aura été extra-terrestre pendant 10 ans passés dans les cages du club phocéen.

Auteur : Gilmon

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