Mandanda, élégie pour un mou

20
décembre
2015

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Catégorie : Ligue 1

Mandanda ressort une saison en demi-teinte, une constante chez celui qui aurait pourtant pu viser tellement plus haut...

C’est l’histoire d’un gardien qui a éveillé des espoirs fous ! Il semblait tout avoir : de l’envergure, des réflexes, un jeu au pied de malade et tout le temps nécessaire pour gommer ses petits défauts. Ou plutôt son défaut principal : les sorties.
La première saison de sa carrière marseillaise ressembla à une véritable « love story » avec le public. Elle rétrograda d’aileurs un futur international (Cédric Carrasso) aux oubliettes. Le futur, c’était lui. Première sélection après une petite saison en Ligue 1, les portes s’ouvraient aussi en Bleus. Tout s’accélérait avant que bientôt la routine ne s’installa transformant « el fenomeno » en Moudanda.

Le Moudanda c’est un gars qui ne déçoit pas tant que ça mais qui clignote plus qu’il ne brille.

Cela a-t-il été trop vite pour lui ?
Aurait-il eu une carrière différente dans d’autres contextes ?

S’il semble voler au dessus du Vélodrome en cet été 2008, c’est sa prise de pouvoir chez les bleus qui le renvoie à d’autres réalités moins glamours. Il est promu gardien numéro 1 chez les futurs mutins. Le portier olympien rate son rendez vous avec la sélection, pas bien aidé par les atermoiements d’un sélectionneur plus à l’écoute de la Vox Populi que de ses propres convictions. Alors qu’il arrivait en club à récupérer les bourdes de Ronald, Julien et Gaël, ça ne passe plus en bleu. Ses mains glissent à l’image de ces deux buts encaissés dans son Vélodrome face à l’Argentine.

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C’est trop tard, Lloris lui pique une place qu’il ne reverra plus jamais.

Son grain de folie semble se faire la malle à cette période, le flamboyant dernier rempart devient  fonctionnaire du moindre mal. Bon an, mal an, il enchaîne but encaissé évitable et bonnes prestations en club.

Il est même sacré champion de France dans l’OM de DD mais sa saison est entachée d’une action qui aurait pu être décisive dans l’attribution du titre. A Bordeaux (alors leader de L1), Steve sort mollement au devant de Chamakh qui le bouscule et pousse la balle au fond des filets. But refusé ? Non, Mr Duhamel expliquera que devant la réaction pas vraiment scandalisée de Mandanda il décida de valider le but.


Bordeaux 1-1 Marseille LES BUTS (17/01/2010) par ALONZO-13

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Plus vraiment phénomène, loin d’être patron donc et pourtant bientôt capitaine ! Moudanda était né.

Les mutins s’invitent en club et l’élisent capitaine…

Lorsque Niang se barre à l’arrache de l’OM, Deschamps veut promulguer son leader technique, Lucho Gonzalez, capitaine. Le vestiaire, déjà plus tout à fait copain avec DD, réclame pourtant des élections. Acceptées par un DD fragilisé. Banco pour Steve, pas vraiment dangereux en terme d’aura et capable d’apporter le consensus, pense t-on.

Malgré des prestations en amélioration notamment grâce à l’arrivée de Nicolas Dehon dans le staff, Mandanda se révèle être un capitaine “light” (le choix des mots). La saison suivante tourne au calvaire, le vestiaire éclate de toute part entre les pro-Deschamps et les pro-Anigo avec au milieu un capitaine autant capable de prendre parti dans le conflit que ne l’était son président à l’époque.

Un capitaine plus représentant de l’équipe que leader

Jamais capable de prendre les choses en main, il se réveille depuis à chaque grosse perte de vitesse. Car lorsque son implication est maximale, il peut encore réussir des miracles. Un peu plus décisif, un peu moins, un peu plus enrobé puis moins… La vie suit son cours tranquillement entre deux titres de meilleur gardien de Ligue 1 et une saison ratée.

La carrière de Mandanda aura été un parfait symbole de cet OM du tournant des années 2010. Capable d’aller tellement haut mais restant à sa place, faute de mieux. Comme un symbole, le capitaine neutre est le dernier gros salaire d’une ère révolue au club.

Un départ fut envisagé à plusieurs reprises de l’OM. Cela aurait pu être salvateur, il aurait dû se remettre en question, repartir de zéro, prendre à nouveau des risques voire sortir de ses six mètres de temps à autre. L’arrivée de Bielsa à l’OM a presque eut cet effet puis l’argentin s’en est allé (apparemment au plus grand soulagement de capitaine flemmard) et la routine a repris ses droits.

C’est bien là, le problème avec Mandanda : il n’est jamais coupable. Tout lui arrive sans qu’il semble en mesure de faire des événements de sa carrière, ses choses. Il se contente de les subir. D’encaisser des buts où il aurait pu sortir puis de fusiller du regard ses défenseurs avec option moue dubitatif. Un bon fonctionnaire, en somme. Jamais un capitaine, jamais une légende.

Crédits photos: www.tuxboard.com

Auteur : Mourad Aerts

Joue en troubadour sur tout le front de l'attaque. Amoureux du foot et de ce qu'il représente partout dans le monde

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