Man City, le projet Guardiola

25
février
2018

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Catégorie : Europe

Guardiola

Après avoir tant gagné du côté de Barcelone puis de Munich, Pep Guardiola décide de continuer son périple aux quatre coins de l’Europe à Manchester, pour prendre les rênes des Citizens. Arrivé à l’été 2016, le choix de rejoindre un club si jeune au plus haut niveau a pu surprendre. Bien plus que la couleur du maillot, c’est la possibilité offerte par les dirigeants émiratis de mettre en place un projet sur mesure pour Guardiola qui l’attire. Et le projet commence déjà à porter ses fruits…

Ancien joueur du FC Barcelone sous Cruyff, Guardiola ne peut rêver mieux pour apprendre le métier d’entraîneur. C’est donc tout naturellement qu’il décide, une fois sa carrière de joueur terminée, de devenir entraîneur. D’abord entraîneur du Barca B, Guardiola prend rapidement la tête de l’équipe première suite au départ de Rijkaard, avec pour projet de remettre le Barca de Cruyff au goût du jour. Exit donc les stars (Eto’o, Ibrahimovic, Deco, Henry, Yaya Touré…) qui n’y ont plus leur place et bienvenue aux Busquets, Xavi, Iniesta, Piqué, Messi, Pedro. Ce choix de Guardiola répond à l’envie de remettre l’institution et l’ADN blaugrana sur le devant de la scène. Chose faite en remportant deux Ligue des Champions et trois Liga en quatre saisons.
La boucle barcelonaise est bouclée. Il part pour le Bayern Munich pour sa première expérience à l’étranger, loin de ses terres catalanes. Ses trois saisons en Allemagne sont l’occasion pour Guardiola de se perfectionner en tant qu’entraîneur, d’un point de vue tactique mais aussi humain, sur la gestion d’une institution loin de ce qu’il avait connu jusqu’alors. Au Bayern, Guardiola devient beaucoup plus pragmatique, afin de respecter l’ADN du club bavarois, comme le prouve sa gestion de Thomas Muller, par exemple. Bien loin du profil de joueur Guardiola-compatible, tant sur le plan footballistique qu’humain. Pep lui aurait probablement demandé d’aller voir si l’herbe était plus verte ailleurs si le meneur allemand ne représentait pas autant ce qu’est le Bayern Munich. Plus pragmatique, Guardiola n’en abandonne pas ses idées de jeu pour autant, tout en cherchant constamment à s’adapter à son environnement.

City, un projet global.

Après ces succès munichois (trois titres de champions, trois demi-finale de C1), Guardiola décide donc de rejoindre Manchester City et la Premier League, où il retrouve ses compères barcelonais à la tête du club, Ferran Soriano et Txiki Begiristain. Le choix de rallier Manchester City répond à l’envie de Guardiola de mettre en place un projet plus global dans un club où le poids de l’institution et l’ADN du club ne sont pas aussi présents que chez les grands clubs historiques. Avec une institution moins forte, un ADN à construire et un budget illimité, Guardiola a toutes les cartes en mains pour réaliser son projet de jeu rêvé, comme un laboratoire où le mage Pep va pouvoir préparer ses potions magiques, dont on sait déjà qu’elles finiront par fonctionner.
Pendant sa première saison à Manchester, le catalan ne change quasiment pas son effectif, gardant même des joueurs bien loin du profil idéal pour développer son jeu, notamment les latéraux Sagna, Zabaleta ou Kolarov. Aucun titre remporté, une élimination dès les huitièmes de Champions League. Saison ratée ? Peut-être sur le plan des résultats mais elle a permis de poser les bases du projet et de mesurer les forces en présences. Les fondations en place, Guardiola décide cet été de sortir le carnet de chèque et de faire venir les joueurs collants à son identité. Pep veut un gardien avec un excellent jeu au pied ? Ederson arrive pour 40M€. Des latéraux rapides et bon centreur ? Mendy, Walker et Danilo pour plus de 150M€ à eux trois. Pep veut des défenseurs centraux bon dans la relance ? Laporte pour 65M€ après Stones à 50M€ précédemment.

Avec le départ des joueurs ne correspondant pas aux profils voulus et les arrivées de joueurs sur-mesure, Guardiola et City peuvent enfin mettre en place le projet de jeu rêvé. Surpris par le jeu anglais où le ballon passe autant de temps en l’air qu’au sol durant certains matchs, Guardiola parvient à s’adapter en créant un jeu fait de transitions, avec des ailiers (Sterling et Sané) ultra rapides et un milieu de terrain Fernandinho-Silva-De Bruyne on ne peut plus offensif. Les idées de jeu du coach catalan ne varient pas. Un jeu de position, un surnombre systématique au milieu du terrain apporté, selon le jeu adverse, par un latéral venant au cœur du jeu ou par un attaquant qui décroche. Et voila comment Guardiola réussi à ringardiser la Premiere League, un championnat pourtant réputé pour sa densité et où tout le monde pouvait battre tout le monde. Pouvait puisqu’aujourd’hui tout le monde peut battre tout le monde sauf City, que seul Liverpool a réussi à faire chuter à Anfield (4-3) après 27 journées de championnat. Aux 15 points d’avance (à l’heure actuelle et avec un match en retard) en championnat s’ajoute une finale de coupe face à Arsenal et des prestations XXL en C1 que Bâle ne parviendra pas à stopper. Seul ombre au tableau, une élimination prématurée en Cup face à Wigan, un match ultra-dominé mais perdu malgré des stats folles (83% de possession, 27 tirs à 4), comme cela arrive une fois par saison à Guardiola (Atlético-Bayern par exemple).

Comme le dit Guardiola lui-même, il souhaite être jugé non pas sur ses résultats mais sur ses intentions. Après 18 mois à la tête des Citizens, son projet fonctionne à merveille en terme de jeu comme en terme de résultats (l’un ne venant pas sans l’autre) et son passage à City semble déjà être une grande réussite. Une fois de plus…

Auteur : Dylan Houeix

Rédacteur Au Premier Poteau pour servir Edinson Cavani.

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