Mais qui tue la Ligue 1 ?

09
avril
2018

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Catégorie : Editos

quadruple psg

Depuis l’arrivée du Qatar à Paris et en Ligue 1, le championnat de France souffre d’un manque de suspense et d’intérêt. Le PSG écrase le football français comme aucune autre équipe auparavant. Mais qui tue le suspense ? Paris ou le reste de la Ligue 1 ?

Alors que l’AS Monaco est le champion en titre, la Ligue 1 semble écraser par le Paris Saint-Germain, la faute à son budget illimité, à son effectif toujours plus compétitif et à ses deux quadruplés en trois saisons, en attendant celui en passe d’être bouclé. L’écart de compétitivité entre Paris et le reste du championnat est abyssal, au grand dam des supporters. Car, oui, l’ultra-domination parisienne chagrine à la fois les parisiens et les provinciaux. D’un côté, la frustration de ne pas avoir de concurrent à sa hauteur, faisant perdre un peu de saveur aux titres glanés, de l’autre, la frustration de ne pouvoir viser qu’une deuxième place en championnat et une finale de coupe si le tirage vous épargne le PSG. Paris possède une marge si grande sur ses adversaires qu’il semble capable de gagner même avec une équipe de remplaçants, en infériorité numérique ou avec un but de retard au coup d’envoi. Monaco, Marseille ou Lyon, ses premiers concurrents, sont régulièrement balayés ces dernières saisons, même si sur un match et avec un PSG moins conquérant, l’exploit est possible. Mais penser que cette hégémonie n’est pas bénéfique pour l’intérêt de la Ligue 1, c’est penser à contresens.

Un Big 4 bien trop faible

Le problème du football français n’est pas qu’il soit dominé par un seul club, mais qu’il n’y est qu’un seul club de très haut niveau. Au sein des cinq grands championnats européens, il y a, cette saison, comme en France, la domination d’un club écrasant à peu près tout sur son passage. Mais la question du manque d’intérêt de la Serie A, de la Premier League ou de la Liga ne se pose pas. Grâce à la qualité de leur futur champion d’une part, et à la qualité des équipes concurrentes d’autre part. Que se soit Monaco, Lyon ou Marseille, qui complètent le Big 4 français, aucun n’a le niveau des outsiders européens comme Naples, le Real, l’Atletico, Liverpool, Manchester United, Tottenham, Dortmund, Schalke ou Leipzig. Le cas Leipzig révèle d’ailleurs très bien les limites du football français, le tout jeune club allemand parvenant à éliminer Monaco en Champions League et probablement Marseille en Europa League.

Les résultats des clubs français en Ligue des Champions prouvent également la faiblesse de la concurrence pour Paris en Ligue 1. Monaco et Nice, qui ont décroché la deuxième et troisième place de L1 la saison précédente, n’ont pu faire mieux qu’une quatrième place en phase de poules dans un groupe homogène (Leipzig, Porto, Besiktas et Monaco) et une élimination en barrage face au Napoli. En Europa League, Nice et Lyon se sont fait éliminer par deux clubs moscovites, le Lokomotiv et le CSKA, loin d’être des cadors européens.

Certes en progrès, c’est bien plus le niveau moyen des clubs de Ligue 1 que la domination parisienne qui pose question. Il est bien plus facile de fustiger l’apport d’un investisseur étranger que de trouver des solutions pour améliorer le niveau global du football français. Paris ne tue pas le football français, il en révèle les failles, son amateurisme et son retard sur les grands championnats. Face à cette domination, l’OL ou l’OM se doivent de trouver des parades pour élever leur niveau et essayer de se rapprocher du PSG. Le modèle actuel, s’appuyant avant tout sur la surface financière du propriétaire comme à Marseille, Nantes, Bordeaux ou St Etienne ne suffit plus. Face à des clubs anglais ou allemands ayant des recettes bien plus importantes, les clubs français ne suivent plus. Les prix des transferts s’envolent, les écarts se creusent entre des riches toujours plus riches et des moins riches de moins en moins riches. Monaco a prouvé qu’une année de grand cru ils pouvaient embêter les parisiens. Au football français de revoir sa vision, comme le fait Lyon à son rythme, pour son bien et celui du Paris Saint-Germain.

Auteur : Dylan Houeix

Rédacteur Au Premier Poteau pour servir Edinson Cavani.

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