Mais que faire de ces Bleus ?

26
mars
2018

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Catégorie : Équipe de France

equipe de france

Si la défaite face à la Colombie au Stade de France n’a rien de dramatique, ce que la bande à Didier Deschamps a dégagé durant ce match et ce qu’elle dégage depuis des années d’ailleurs, l’est bien plus. Manque d’expérience, de caractère et d’une réelle identité, comment combler ces manques à trois mois du Mondial ?

Quand Didier Deschamps prend la tête de l’équipe de France après un Euro 2012 plus marqué par les affaires Nasri et Ben Arfa que par des bonnes performances, le chantier est immense. L’Equipe de France est mal en point, les affaires s’accumulent et les joueurs ne semblent plus au niveau de l’Espagne ou l’Allemagne, par exemple. Sans négliger totalement les résultats, le premier objectif de DD à la tête des Bleus est de retrouver les valeurs de l’EdF et le respect du maillot. Malgré l’affaire Benzema-Valbuena, l’objectif est atteint pour Deschamps, notamment après le barrage France-Ukraine où l’union entre le public et son équipe s’est renforcée après une longue période de délaissement post-Knysna. Son public retrouvé, l’équipe voit émerger au même moment une nouvelle génération prometteuse emmenée par Griezmann, Pogba ou Varane. Sans grandes ambitions au Mondial 2014, les Bleus parviennent à se hisser jusqu’en quart, éliminé par le futur champion du monde, l’Allemagne.

C’est après ce mondial que démarre le gros du travail pour Deschamps. La prochaine compétition, l’Euro, se déroule en France et hors de question de ne pas le jouer pour gagner. L’EdF ne convainc personne dans le jeu mais assure l’essentiel en gagnant les matchs, souvent à l’arrache. Loin d’être impériaux, les Bleus parviennent malgré tout à sortir l’Allemagne en demi-finale grâce à un doublé de Griezmann. Les Bleus perdent en finale face au Portugal et laissent un goût d’inachevé. Même à domicile, cette équipe n’a pas su produire du jeu et mis à part l’Allemagne -dans un match qu’ils perdraient 9 fois sur 10- les Bleus n’ont battu aucunes grandes nations. Le jeu de l’Equipe de France est à l’image de Didier Deschamps, pragmatique, sans folie, toujours dans l’équilibre et la compensation. Le jeu des Bleus n’est pas sans rappeler celui de la Juventus, que connaît parfaitement DD. Une équipe rarement en difficulté, plus à l’aise lorsqu’il ne faut pas prendre le jeu en main, une équipe patiente qui joue sur l’expérience pour remporter les matchs. Mais les joueurs sont-ils capables de jouer avec cette philosophie ?

Des joueurs aux profils différents mais aux caractères identiques.

A l’Euro 2016, qui possédait l’expérience pour remporter une grande compétition internationale ? Patrice Évra et Bacary Sagna sûrement, mais sur le déclin. Qui d’autre ? Personne. Et aujourd’hui, alors qu’Evra et Sagna ne font plus partie du groupe France et que Koscielny semble avoir perdu sa place de titulaire, les Bleus semblent manquer cruellement de tauliers à l’approche du Mondial en Russie. L’Equipe de France est une équipe (très) jeune, avec énormément de talent mais si peu d’expérience. Une équipe inconstante, capable de mettre le feu à n’importe quelle nation pendant 30 minutes avant de baisser de régime. Et c’est dans ces moments que le bas blesse. Trop jeune et encore trop tendre, cette équipe ne parvient pas encore à gérer ses temps faibles et elle en paye les pots cassés.
Après une génération 87 qui a plus fait parler dans l’extra sportif que sur le terrain, les centres de formation français ont décidé de changer leur vision des choses en formant avant tout des hommes avant des joueurs, et cela s’en ressent aujourd’hui. Pleins de talents, les Pogba, Kanté, Varane, Umtiti, Dembélé ou Lemar manquent aujourd’hui de caractère et ne semblent pas capables de relever la tête lorsque ça va moins bien pour l’équipe. Une équipe de gendre idéal, bien élevée et ultra talentueuse, mais sans leaders. Lloris est un capitaine peu bavard depuis un poste de gardien où la communication n’est pas facile, Koscielny n’est plus titulaire, Pogba ne semble pas capable de porter cette équipe, Griezmann n’est pas un grand bavard et Matuidi n’est plus un titulaire indiscutable, bien qu’encore performant. Difficile alors de relever la tête lorsque l’équipe souffre.

Et les émotions dans tout ça ?

Alors on fait quoi ? A trois mois d’un Mondial, les joueurs ne vont pas s’inventer une âme de leader soudainement. Alors autant joué sur leurs qualités, et elles sont grandes. L’identité et l’âme aux faux airs de Juventus, pragmatique et jouant sur l’expérience qu’elle n’a pas, donnée par Didier Deschamps, est-elle en adéquation avec le profil des joueurs ? Les résultats parlent pour le sélectionneur mais cette équipe ne transmet que peu d’émotions. Pourquoi ne pas accepter ce manque d’expérience et mettre de la folie dans cette équipe au potentiel offensif si grand ? Avec Mbappe, Griezmann, Dembélé, ou Lemar, l’EdF est capable de mettre en difficulté n’importe qui alors pourquoi s’en privé pour un prétendu équilibre d’équipe qui s’avère plus fragile qu’autre chose ? Gagner une Coupe du Monde avec autant de jeunes joueurs paraît très compliqué mais faire vibrer la France et les supporters avec une équipe joueuse et offensive marquera forcément plus qu’une élimination comme en 2012, 2014 ou 2016 en donnant l’impression d’être à la fois si près et si loin d’un exploit. Et comme les résultats ne passent que par une identité forte, qui sait où s’arrêteront les Bleus…

Auteur : Dylan Houeix

Rédacteur Au Premier Poteau pour servir Edinson Cavani.

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