Mais le fair-play financier, c’est quoi ?

11
août
2012

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Catégorie : Hors-jeu

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La moralisation des clubs européens de football est en marche avec l’instauration du Fair-Play financier. « C’est un projet complexe mais que je considère comme vital pour l’avenir du football ». Michel Platini, notre digne représentant français à la tête de l’U.E.F.A., avec l’appui de Karl-Heinze Rummenigge, Président de l’association des clubs européens de football engageaient en début d’année 2011, l’avenir du football européen dans une direction voulue plus juste et plus saine des clubs de football sur le plan financier. La notion de « fair-play financier » chère à notre ancien n°10 des Bleus est alors entrée en jeu. Mais en quoi et sur quoi repose ce concept aujourd’hui ? Quels sont les critères sur lesquels reposeront les évaluations des budgets des clubs et quelles conséquences émergeront pour ceux-ci en cas de non respect de ces règles ?

La promotion et l’amélioration de tous les aspects du football en Europe

Les réponses, nous pouvons les trouver dans le « Règlement de l’UEFA sur l’octroi de licence aux clubs et le fair-play financier » publié en 2010. Tout d’abord, nous pouvons noter que les objectifs sont ambitieux sans paraître déraisonnables. Ils reposent sur 5 axes :

Poursuivre la promotion et l’amélioration de tous les aspects du football en Europe, continuer à donner la priorité à la formation et à l’encadrement des jeunes joueurs dans les clubs ;

Veiller à ce que les clubs aient un niveau de gestion et d’organisation approprié ;

Adapter l’infrastructure sportive des clubs de manière à mettre à la disposition des joueurs, des spectateurs et des représentants des médias des installations adaptées, bien équipées et sûres ;

Préserver l’intégrité et le bon déroulement des compétitions européennes interclubs ;

Permettre le développement à travers toute l’Europe du benchmarking entre clubs sur des critères financiers, sportifs, juridiques, d’infrastructure, administratifs et liés au personnel.

Le benchmarking, vous venez peut-être de buter sur ce mot sorti tout droit des manuels d’économie, consiste à dresser une analyse et des comparatifs entre la gestion et les performances en résultats pour une entreprise. Transposée à la gestion des clubs de football, il devrait aussi permettre aux clubs de s’inspirer des formes de gestion rencontrant le succès sur l’ensemble des critères évoqués chez leurs concurrents.

En définitive, dans l’esprit des dirigeants de l’UEFA, le fair-play financier devra empêcher qu’un club de football dépensant plus qu’il ne génère en termes de revenus ne poursuive son activité et sa participation aux compétitions européennes sans pénalité. Avec la coordination du « Panel de contrôle financier des clubs » rattaché à l’UEFA, la gestion financière des clubs entrent dans une ère de contrôle et d’évaluation indépendante.

L’exigence d’un équilibre financier non déficitaire

C’est véritablement sur le plan financier que s’opère cette moralisation. Des audits seront dressés notamment pour évaluer si un club ne franchit pas l’un des indicateurs définis dans le règlement.

Ainsi, si l’auditeur dresse une opinion ou une conclusion avec réserve en ce qui concerne la capacité du club à poursuivre l’exploitation, si une détérioration du passif net par rapport à l’année précédente est constatée, et surtout si le résultat relatif à l’équilibre financier est déficitaire, l’auditeur peut en référer au Panel de contrôle financier qui aura lui-même le pouvoir de saisir les juridictions de l’UEFA qui jugera et établira alors des sanctions.

Concrètement, cela signifie que dès lors qu’un club présentera des comptes faisant apparaître un déficit entre les revenus déterminants (recettes de billetterie, droits de diffusion, sponsoring et publicité, activités commerciales, autres revenus d’exploitation, ajoutés au profit ou aux revenus générés par la vente de joueurs) et les dépenses déterminantes (prestations en faveur du personnel, autres frais d’exploitation, coûts de vente, l’amortissement ou les coûts d’acquisition des joueurs, charges financières, dividendes), il s’exposera à des sanctions et, pour Michel Platini, « devront en assumer les conséquences ».

Rassurez-vous, l’UEFA a établi une marge de tolérance, sans quoi bon nombre de clubs du gotha européen pourrait rendre leur tablier et disparaître. Et, le PSG version QSI ne pas continuer à débourser des sommes aussi mirobolantes sur le marché des tranferts !

Pour les saisons 2013/14 et 2014/15, le seuil de tolérance est fixé à 45 millions d’euros. Pour les deux saisons suivantes, il passera à 30 millions d’euros à la condition que les actionnaires absorbent ce déficit.

Autrement dit, on comprend mieux pourquoi les investissements massifs s’opèrent actuellement pour les clubs dotés d’un richissime propriétaire. Et la frilosité sur le marché d’autres clubs tels que le Milan A.C. ou Manchester United, loin d’être dépourvus de toutes ressources, viendrait signer une anticipation à répondre aux normes attendues.

Réduction des salaires de joueurs et promotion des jeunes footballeurs issus des centres de formation

L’un des autres impacts de cette nouvelle réglementation entrée en vigueur en 2012, et on s’en aperçoit avec les fameux dégraissages des salaires élevés désirés par certains clubs comme l’OM ou l’OL à l’échelon national, pourrait être la maîtrise de la masse salariale.

 D’ici deux années, il ne sera clairement plus envisageable que les prestations en faveur des joueurs et du personnel dépassent 70% du total des revenus engrangés par le club. C’est pourquoi, l’heure est sans doute (re)venue pour nos grands clubs français, hormis le « galactique PSG », de miser sur des joueurs libres, à faible coût de transfert, ou mieux encore, sur leurs jeunes issus du centre de formation.

Car ne l’oublions pas, si les ZidaneDeschampsBlancDesailly, parmi tant d’autres, ont été les joueurs qu’ils ont été, c’est surtout parce que nos clubs misaient essentiellement, avant l’arrêt Bosman, sur la performance de nos centres de formation dans les années 1990. En considérant qu’à cette époque les valeurs collectives et d’appartenance à un maillot étaient plus prépondérantes, ces joueurs ont eu le temps d’être accompagnés, polis, façonnés à la pratique du football au plus haut niveau avec un encadrement des plus souples. Et il n’y a qu’à se rappeler des épopées auxerroises et nantaises en Ligue des Champions avecVahiruaCocardBaticle et Laslandes pour les uns, PedrosLoko et N’Doram pour les autres, pour se dire qu’à cette époque il était possible d’entrer dans le dernier carré européen.

Les années à venir nous dirons donc si l’instauration du fair-play financier bénéficiera ou non aux clubs du football français qui, il faut bien l’admettre, traversent une disette de victoire finale sur la scène européenne de 16 années depuis celle du PSG en Coupe d’Europe des Vainqueurs de Coupe en 1996.

Auteur : Kévin Boucard

Travailleur social et médiateur familial, APP me permet de renouer avec ma passion la plus ancienne: décortiquer et partager toute l'actu du foot ! C'est une "addiction" qui m'a frappé dès mes 10 ans !

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