Lyon-Besiktas : quand la violence refait surface à l’intérieur des stades

28
avril
2017

Auteur :

Catégorie : Ligue 1

lyon-besiktas

Le 13 avril 2017, l’Olympique Lyonnais affrontait le Besiktas Istanbul en quart de finale de la Ligue Europa. Cette rencontre, qui était classée au risque maximum par l’UEFA, a été émaillée de graves incidents. On a assisté à un envahissement de la pelouse par des supporters de l’OL. La veille, le car des joueurs du Borussia Dortmund était visé par plusieurs engins explosifs sur la route du stade. Ces incidents d’une extrême violence n’ont aucun lien entre eux. Ils illustrent tout de même un retour de la violence dans et autour des stades, après une certaine embellie au cours des années 2010. Le réel est-il en train de reprendre le dessus ? Que s’est-il exactement passé à Lyon ? Voici le résumé de la soirée et les questions soulevées par ces évènements.

Malgré la victoire 2-1 des Lyonnais à l’aller, le match retour était très indécis. Ls Stambouliotes étaient néanmoins favoris. En plaçant par exemple sur PMU les 100 € du code bonus disponible ici, une victoire de l’OL rapportait 255 € contre 240 € pour un succès des Turcs.

Lyon-Besiktas, un match commencé dans l’après-midi

Si l’après-midi a été plutôt calme dans la capitale des Gaules, les premiers incidents ont commencé à 19 heures, soit deux heures avant le coup d’envoi. Aux abords du stade, des jets de projectiles ont eu lieu entre les supporters des deux équipes. Ces incidents ont rappelé les scènes de guerilla qu’il y a eues à l’Euro 2016. À noter que le stade est situé dans le village de Décines en banlieue, là où habite la plus grande communauté arménienne de France.

Au vu de l’intensité des heurts, des Arméniens sont sans doute venus grossir les rangs lyonnais. Mais, étant donné qu’il n’y a eu aucune précision sur les interpellations, ce ne sont pour l’instant que des supputations. Les CRS sont intervenus pour séparer les deux groupes et il y a eu 12 interpellations. Les supporters lyonnais et stambouliotes ont pénétré dans le stade sans se croiser, comme à l’accoutumée.

.

.

L’envahissement de la pelouse par les supporters lyonnais

En plus des 3.000 supporters du Besiktas qui étaient dans le parc visiteurs, il y avait entre 15.000 et 20.000 autres qui étaient infiltrés parmi les 35.000 supporters de l’OL. Il y avait donc près d’un tiers du stade qui était aux couleurs stambouliotes. Pire, de nombreux supporters turcs se sont retrouvée dans les tribunes supérieures du virage Sud, en aplomb de ceux de l’OL. Les kops du virage Sud sont des indépendants, « plutôt marqués à droite » comme analyse un fin connaisseur du milieu des supporters

C’est à ce moment-là que les incidents ont éclaté. Les Turcs ont lancé des projectiles, bombes agricoles, pétard sur les Lyonnais qui étaient bloqués dans la nasse. Ces derniers n’ont pas eu d’autre choix que de rentrer sur la pelouse. À ce moment, le président Aulas est intervenu sur la pelouse. Avec un service de sécurité minimal, il a pris le micro et a demandé à tout le monde de se calmer. Il a ensuite pris la direction des tribunes et a parlementé avec les supporters. Il est resté auprès d’eux durant toute la première période. Son attitude est à saluer. Le match a donc commencé avec 45 minutes de retard.

Qui est responsable des heurts entre Lyonnais et Stambouliotes ?

Si les affrontements hors du stade paraissaient inévitables, ceux qui ont eu lieu dans le stade le sont moins. Il y a deux questions qui méritent réflexion : pourquoi y avait-il 15 à 20.000 supporters turcs et qui plus est au milieu des supporters lyonnais ? Deuxièmement : comment des bombes agricoles et des pétards ont-ils pu pénétrer dans le stade ? Concernant cette question, la réponse est claire : la sécurité n’a pas été à la hauteur. Pourquoi, dans un contexte d’état d’urgence, n’y a-t-il pas eu de fouille de sacs ? Sans faire de complotisme, les nombreux stadiers turcophones recrutés en hâte pour l’occasion ont-ils une responsabilité ?

Concernant le nombre et le placement des supporters, les responsabilités sont moins évidentes. Le match a été joué à guichets fermés. Il y a eu une vente sur internet. Comme l’a dit le président Aulas, tout a été fait pour éviter les ventes de billet à l’étranger. Toutefois, selon la loi française, on n’a pas le droit d’interdire des ventes au-delà de ces critères. Les Turcs, très bien implantés en France, ont acheté des billets en masse et les ont revendus, notamment à un noyau de fan très dangereux (et interdits de stade !) vivant en Allemagne. Ceux-ci n’auraient jamais dû être là.

Auteur : Invité

Vous avez aimé cet article ? Partagez-le !

Les derniers articles de la catégorie Ligue 1

Plus dans Ligue 1
Garcia
L’affreux style Garcia

Le festival au Vélodrome face à Saint-Etienne n’était donc qu’une parenthèse enchantée dans une période bien morose pour l’Olympique de...

envahissement-terrain-lyon
Gestion des supporters, chronique d’un fiasco français

Disclaimer : Ce n’est pas parce que l’on pointe du doigt les fiascos des autorités françaises sur la question de la...

Fuck LFP
On a vécu le festival OM-ASSE au cœur du Virage Sud

Dimanche 25 septembre, 19h30, l’heure que les Marseillais affectionnent pour se rendre au stade. Dans le métro, la lente procession...

Fermer