Luiz Gustavo, le nouveau caïd du milieu marseillais

12
octobre
2017

Auteur :

Catégorie : Ligue 1

luis-gustavo-om

Après une fin de mercato propice au scepticisme et un début de saison agité, le calme est revenu sur la Canebière à la faveur d’une probante victoire face à Nice. Le mistral a cessé de souffler sur les hommes de Rudi Garcia, toutefois l’ensemble reste encore très perfectible. Depuis le remaniement tactique en 4-2-3-1, une équipe type commence à se dessiner et des cadres à émerger. Ces guides, le club phocéen en aura besoin pour atteindre les objectifs qui sont les siens. Comme chacun sait, il est très difficile de s’imposer à l’OM, encore plus comme un taulier. Marseille est une vaste jungle urbaine, tantôt idyllique, tantôt dangereuse, où il est nécessaire, dans la rue comme sur le terrain, de se faire respecter. Gagner le respect des supporters olympiens et de ses coéquipiers, c’est ce qu’a fait le brésilien Luiz Gustavo en une dizaine de matchs sous le maillot blanc. Gros plan sur le nouveau caïd du milieu marseillais.

Arrivé début Juillet en provenance de Wolfsburg, le milieu de terrain brésilien de 30 ans a rapidement conquis tout son monde. Joueur solide, expérimenté, il inspire le respect et s’affirme d’ores et déjà comme la bonne pioche du mercato estival. Sevré de titres ces dernières années, le public phocéen cherche à s’identifier à ce nouvel OM. Exigeant et connaisseur, il peut pardonner la défaite, du moment que les joueurs donnent tout sur le terrain. Peuplée par les vagues d’immigration successives, Marseille forge les hommes à la dureté de leur destin. Sur l’asphalte brûlant de la cité phocéenne comme sur la pelouse du Vélodrome, il faut faire preuve de caractère, seuls les durs s’en sortent. À l’OM, on aime ainsi les joueurs rugueux, les teigneux qui ne se laissent pas marcher dessus et incarnent le célèbre “On craint dégun” cher au cœur des fidèles. Carlos Mozer, Marcel Dib, Lorik Cana, Gabriel Heinze… À Marseille, on aime ces joueurs de tempérament qui savent porter haut les couleurs du club.

Dans son livre “Chourmo”, second volet de sa célèbre trilogie, le romancier marseillais Jean-Claude Izzo écrivait : “A Marseille, si on a du cœur, on ne peut rien perdre où qu’on aille, on ne peut que trouver.” Une phrase qui illustre parfaitement la relation que vient d’entamer Luiz Gustavo avec la cité phocéenne. Sa générosité et son sens du sacrifice trouvent écho dans le cœur des supporters. Dans cette formation encore en quête d’une véritable identité de jeu, l’expérience et la vision du jeu du milieu brésilien s’avère bénéfique. On l’a vu à Nice, sa faculté à répondre présent et à hausser son niveau de jeu dans les grands rendez-vous s’avère précieuse pour la progression de l’équipe au classement. Son abattage est tel qu’il est incontestablement devenu un taulier de cette équipe à l’instar de Steve Mandanda et Adil Rami. Le double pivot qu’il forme désormais avec Zambo Anguissa semble être à l’origine de la solidité retrouvée de l’équipe. Le jeune milieu de terrain camerounais déclare à ce propos : “Avec Gustavo, tu ne prends que du plaisir, même dans la souffrance. C’est un mec qu’on a envie d’avoir à ses cotés”.

.

luis-gustavo

.

La souffrance, Izzo l’évoquait dans “Total Kheops” : “La vie n’est rien d’autre qu’une succession de rounds. Encaisser, encaisser. Tenir, ne pas plier. Et taper au bon endroit, au bon moment.” Cette phrase de l’auteur rappelle étrangement le scénario du match face à Nice, où, fortement chahutés les vingts premières minutes, l’escouade marseillaise a su tenir bon pour remonter ses deux buts de retard avant que Luiz Gustavo ne s’illustre de la meilleure des manières en début de seconde période. Jaillissement, interception, frappe puissante placée des 20 mètres, Cardinale est battu, tout Marseille exulte. Le brésilien porte le score à 4-2, l’OM fait le break, les aiglons ne s’en relèveront pas. Si les coéquipiers de Dimitri Payet ont fait preuve d’orgueil et de mental à l’Allianz Riviera, Luiz Gustavo a lui pris ses responsabilités et apporté sa pierre à l’édifice d’une victoire qui peut s’avérer fondatrice d’un nouvel élan et capitale pour la suite de la saison.

Les cartons, son talon d’Achille

En dix saisons et 245 matchs de Bundesliga, l’international auriverde aux 41 sélections a eu le temps d’égaler de le record d’expulsion de l’histoire du championnat allemand (8). Ainsi, précédé d’une solide réputation de joueur rugueux et souvent averti, le natif de Pindamonhangaba vient de récolter face à Nice son premier carton rouge en Ligue 1. Régulièrement averti depuis le début de saison, cette expulsion aura pu paraître sévère aux yeux de certains, tout est question d’interprétation. Le champion d’Europe 2013 avec le Bayern Munich s’en est défendu (lui même et en français) devant la commission de discipline de la LFP, il n’est pas un joueur méchant : “Je suis très engagé mais pas méchant et je n’ai jamais fait mal à personne” a t-il déclaré. Suspendu face à Strasbourg ce week-end, son absence devrait se faire sentir dans l’entrejeu mais le brésilien sera bien présent lors du choc face à Paris le 22 Octobre. Un atout considérable pour la formation marseillaise tant le brésilien colmate les brèches, stabilise l’ensemble et tant sa seule présence rassure ses partenaires. Attendus, les olympiens devront montrer les mêmes aptitudes mentales que face à Nice et une grande combativité pour espérer accrocher le club de la capitale.

“Les plombs certains chanceux en ont dans la cervelle. D’autres se les envoient pour une poignée de biftons, guerre fraternelle” rappait Shurik’n dans “Demain c’est loin”, hymne à la réalité sauvage des rues de Marseille. En l’espace de quelques mois, sûr de sa force, Luiz Gustavo a prouvé qu’il était un de ceux avec qui on peut partir à la guerre. Cela tombe bien. Revigoré, le public de Vélodrome est impatient de retrouver son équipe et de repartir au combat. Animée de la ferveur de milliers de fidèles, l’antre du boulevard Michelet semble s’être trouvée un nouveau patron. Humble et travailleur. Luiz Gustavo Dias a rapidement fait l’unanimité dans ce club pourtant réputé pour l’intransigeance de ses supporters. C’est la marque des grands. Qu’on se le dise, il y a un nouveau caïd en ville, et il se pourrait bien qu’il tienne tout son monde en respect un bon bout de temps.

Auteur : Yannis Eleftheria

Méditerranéen rebelle et romantique baptisé à la religion footballistique. Le foot pour sa dimension sociale, la plume comme arme.

Vous avez aimé cet article ? Partagez-le !

Les derniers articles de la catégorie Ligue 1

Plus dans Ligue 1
FBL-FRA-CHAMPIONS-TROPHY-MONACO-PSG
Monaco : l’ambition au rabais

L'AS Monaco a sans contestation été l'équipe française la plus en vue tout au long de la saison 2016/2017. Irrésistibles...

christophe-galtier
Rendre à Galtier ce qui appartient à Galette

Les stéphanois réalisent un excellent début de saison, engrangeant déjà 14 points lors des sept premières rencontres, et montrant un visage...

fc-nantes
YelloPark : Un truisme fait d’embûches

Une bombe à retardement dont nous attendions l'explosion, voici l'allégorie qui peut représenter l'annonce - faite mardi dernier - officialisant...

Fermer