Luis Suarez : ange ou demon (ou super footballeur)

16
mai
2018

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Catégorie : Coupe du Monde 2018

Luis_Suarez

C’est bien connu, le proverbe “on ne peut pas plaire à tout le monde” signifie … qu’on ne peut pas plaire à tout le monde. Cet adage s’applique surtout au monde du foot et notamment chez un joueur : Luis Suarez. L’attaquant du Barça est un joueur qu’on aime détester et inversement. Mais c’est aussi admettre qu’il est (et surtout) un footballeur de classe mondiale.

Dans la série des héros maléfiques, les exemples sont nombreux. De l’high-kick de Nigel De Jong sur la poitrine de Xabi Alonso en finale du Mondial 2010 à celui d’Eric Cantona le 25 janvier 1995 sur un supporter de Crystal Palace. Ces faits d’armes ont paradoxalement forgé leur légende mais ceux de Luis Suarez ne sont pas en reste. Un joueur fabuleux, monstrueux d’abnégation et au comportement parfois très limite.

2010 : le grand public fait sa connaissance

Groningue et Ajax Amsterdam. Pendant cinq saisons (de 2006 et 2011), Luis Suarez a enchanté et survolté les stades d’Eredivisie. Acheté 800 000 euros par Groningue à l’été 2006, les débuts de Suarez sont pourtant compliqués. Une adaptation difficile de par la barrière de la langue l’empêchant de se développer. Bruno Silva, son coéquipier de l’époque, l’aide à surmonter ses difficultés. Le déclic survient. Dix buts en 26 matchs de championnat. Suarez devient “El Pistolero”. L’Ajax Amsterdam l’achète pour 7.5 millions d’euros l’année suivante. Un déclic uniquement sportif ? Pas vraiment.

Le grand public fait sa connaissance au Mondial 2010. Au coude à coude avec le Ghana (1-1), l’Uruguay est au bord d’une élimination surprise en quart de finale de la Coupe du Monde 2010. Luis Suarez sauve les siens en repoussant une tête adverse sur sa ligne de but de la main ! Il est exclu pour ce geste volontaire, mais le Ghanéen Asamoah Gyan rate son penalty. L’Uruguay file en demi-finale, sans son sauveur. Un clivage s’installe. Geste d’antijeu pour certains, de roublardise pour d’autres, Luis Suarez ne laisse personne indifférent. Définitivement. Avec Diego Forlan sportivement (6 buts dans la compétition), l’Uruguay s’est trouvé un autre héros capable d’emmener très haut la Céleste. Quel qu’en soit le prix.

 

 

Récidiviste

On est d’accord, le fair-play doit exister dans la plus belle des compétitions de football. Ce sport régit des valeurs humaines de solidarité, de partage et de respect. Mais un footballeur, dont la vie n’est tournée qu’à travers la réussite de ses objectifs en club et en sélection pense-t-il à cela au moment où sa formation est en grosse difficulté ? Réfléchir en une fraction de seconde à ce qui est de mieux pour l’équipe. Le dilemme est mental. Luis Suarez a fait son choix mais cela n’excuse pas ses autres polémiques. Déjà coupable en Eredivisie avec l’Ajax sur Othman Bakkal (PSV) en 2010 qui lui vaudra le surnom de “Cannibale de l’Ajax” par le quotidien néerlandais De Telegraaf, Luis Suarez mord volontairement le bras de Branislav Ivanovic lors de Liverpool/Chelsea en 2013 (2-2).

Sa réputation sportive en prend un coup. Suarez s’excuse sur Twitter mais le mal est fait. Place au récidiviste. Son insulte raciste, proférée à l’encontre de Patrice Evra le traitant de “negrito” en 2011 lors de Liverpool/Manchester United, lui vaudra neuf matchs de suspension par la FA. Ne dîtes pas à Luis Suarez que l’important c’est de participer …

 

— Stan Collymore (@StanCollymore) 24 juin 2014

 

Dribbleur fou

En comptant sa nouvelle morsure draculesque sur l’épaule de Giorgio Chiellini au Mondial 2014, Luis Suarez s’attire les foudres de ses détracteurs. Paradoxalement, ces faits polémiques n’ont pas entaché ses objectifs. 111 buts en 158 matchs avec l’Ajax ; Soulier d’Or avec Liverpool (31 buts en Premier League) … Luis Suarez continue de faire trembler les filets. Si les supporters adverses n’hésitent pas à cracher leur venin sur lui, ceux de l’Ajax, des Reds et de Barcelone sont plus sceptiques sur la personne.

Au final, ils ne retiennent que le sportif. Luis Suarez reste un dribbleur fou capable de dynamiter une défense à lui tout seul et leur mental par la même occasion. Ses courses, son pressing et ses gestes en première intention sont incroyables. Un buteur né. “El Pistolero” n’est pas un joueur comme les autres, morsure ou pas. Son trio d’attaque avec Messi et Neymar est l’une des meilleures de l’histoire. Ange ou démon ? Luis Suarez est plutôt un formidable footballeur dont la fin justifie les moyens.

Auteur : Nassim Jabeur

Fan de la modestie et du talent incroyable de Zinedine Zidane, Ngolo Kanté, Riyad Mahrez et Karim Benzema sont les fils spirituels du foot d'aujourd'hui. Un sport toujours aussi magique et passionnant grâce à ces personnes. Au service d'APP et du plaisir de l'écriture.

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