Loulou, vis tes rêves, ne rêves pas ta vie.

02
juillet
2017

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Catégorie : Ligue 1

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L’excellent président du MHSC nous a quitté cette semaine à 74 ans. C’est la disparition d’un grand Monsieur, d’un grand Président, d’un grand patron, d’un grand personnage et d’un grand passionné de ballon qui aura réussi à faire de sa vie un rêve.

Louis Nicollin n’est pas qu’un président de club de Ligue 1. C’est aussi et surtout un passionné de foot, qui aura construit son club tout seul, avec son argent. Le foot français perd un de ses derniers personnages qui auront tout connu dans le foot et fait un club à eux seuls. Loulou a créé le MHSC en 1974 et, parti de DH, il aura réussi à hisser son club jusqu’en Ligue des Champions et à un titre de champion de France face au Paris Saint-Germain de Carlo Ancelotti. Qui l’aurait cru ? Personne et pas même Loulou, trop modeste et conscient de ses limites budgétaires, à contrario de son pote Aulas qui déclarait que son OL, alors en Ligue 2, serait un cador européen. Mais le discours de Nicollin était avant tout celui d’un gamin qui n’arrivait pas à croire à ce qu’il lui arrivât, et préférant profiter de l’instant présent plutôt que faire des plans sur la comète. Pour mieux comprendre son discours empreint d’humilité, il faut savoir d’où il vient, lui qui a repris l’entreprise familiale à la mort de son père, spécialisé dans le ramassage des poubelles et le traitement des déchets. Quand on vient d’un milieu si modeste où Loulou dira même avoir “vider les poubelles avec des repris de justice”, on comprend que le Tsar de la Poubelle n’a rien à voir avec le show-business.

“Ceux qui me connaissent bien ne peuvent pas penser que j’abandonnerai la Paillade !”

Quand, en 1974, le maire Georges Freche lui soumet l’idée de reprendre le club de la ville, Loulou ne le fait pas dans un but financier mais uniquement par passion. Comment aurait-il pu imaginer amener le petit club de l’Hérault aussi haut, et concurrencer les grands clubs du sud, Marseille, Nice, Monaco, Toulon, Cannes,… Il aura réussi avec des moyens plus limités non seulement à être à leur niveau mais aussi à les dépasser par moments et à durer dans le temps. Loin du strass et des paillettes, son projet a toujours été de maintenir le club là où il se trouvait au moment présent, et cela suffisait à son bonheur. Il se savait plus petit que d’autres et adorait en jouer, à coup de punchlines en tous genres, qu’il s’amusait à balancer par goût de la provocation et avec une mauvaise foi manifeste comme lorsqu’il déclare qu’il “préfère Courbis à Ancelotti ! Les grands entraîneurs sont ceux qui gagnent des titres avec des demi-bons. Avec Courbis, on est monté en Ligue 1 avec des demi-mongoliens”. Tout Loulou est résumer dans cette phrase. La provocation, le chambrage, la gouaille, la sincérité, qui pouvait vexer les joueurs lorsqu’ils entendaient ce genre de comparaison, mais aussi l’excès et la vulgarité qui gênait et agaçait, s’attirant les foudres des défenseurs d’une cause ou d’une autre. Sa truculence choquait, mais ses mots sortaient sans filtre et c’est ce qui plait chez Nicollin, un mec capable de recevoir un prix pour son engagement contre l’homophobie et de traiter Pedretti de tarlouze.

Mais ce que l’on retiendra avant tout de Loulou, c’est cette passion pour le foot et le sport en général. La passion du jeu mais surtout des sportifs et des hommes. Comme un gosse, il collectionnait tout dans son musée personnel, où il a amassé en 40 ans des milliers et des milliers de maillots, de ballons et autres, un véritable musée rempli de trésors comme des maillots de Pelé, Cruyff, Zidane, Thuram et presque toutes les stars d’aujourd’hui et d’hier. Le voir s’y balader dans sa voiturette de golf pour des reportages et regarder tous ses maillots avec l’histoire de chacun d’eux manquera à tous ceux qui aiment le foot et rêve d’avoir un tel musée. La disparition de Louis Nicollin est un choc pour le foot, lui qui faisait partie de la vie des footeux et de ces personnages que l’on imagine immortels comme Thierry Rolland, Thierry Gilardi ou Johan Cruyff.

Auteur : Dylan Houeix

Rédacteur Au Premier Poteau pour servir Edinson Cavani.

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