L’OM, jamais rené de ses cendres

26
août
2017

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Catégorie : Ligue 1

Une saison de l'Olympique de Marseille résumée en une semaine et quatre articles c'est Au Premier Poteau. Quatrième partie, jusqu'à mai

Il y a un peu plus de vingt ans, l’Olympique de Marseille faisait son retour en Division 1, l’ancêtre de la Ligue 1, après avoir été rétrogradé à l’échelon inférieur suite à l’affaire OM-VA. Depuis ce retour parmi l’élite, les initiatives pour remettre l’OM au niveau et à la place qu’il occupait au début des années quatre-vingt-dix se sont multipliées. Pour s’en convaincre, il suffit de lire les « Banter Era » qui fleurissent ces derniers jours sur Twitter. Celui concernant l’OM montre l’obstination avec laquelle les dirigeants ont cherché le réhabiliter mais surtout les difficultés auxquelles ils se sont confrontés, notamment sous l’actionnariat de Robert Louis-Dreyfus. A l’aube de l’OM Champions Project lancé par l’investisseur américain Franck Mc Court en octobre dernier, force est de constater que les vingt dernières années du club olympien sont jonchées d’autant d’ambition que de déboires. Des déboires qui ont toujours eu raison des ambitions du club et lui ont conféré l’image d’un véritable brasier. Un brasier dont les supporters entretiennent fidèlement la flamme.

À jamais les premiers

Pour bien comprendre l’ardeur avec laquelle les dirigeants successifs ont cherché à remettre le club en haut de l’affiche au cours des vingt dernières années, il est important de préciser la place qu’occupait l’OM au début des années quatre-vingt-dix. En 1986, Bernard Tapie rachète, pour un franc symbolique, un OM en difficultés financières et qui stagne sportivement puisque les Ciel et Blanc n’ont remporté aucun titre depuis 1976. Grâce à un recrutement ambitieux, avec l’expérimenté Alain Giresse et le prometteur Jean-Pierre Papin comme têtes de gondole, Tapie parvient à installer l’OM dans une dynamique vertueuse aussi bien au niveau national qu’européen. Le projet a besoin de 3 ans et quelques autres recrutements étincelants, dont Franck Sauzée, Eric Cantona et Chris Waddle, pour porter ses fruits. A partir de 1989, l’OM remporte une Coupe de France, 5 championnats de France consécutifs et une Ligue des champions en 1993 auxquels s’ajoutent une place de demi-finaliste puis de finaliste de cette même Ligue des champions. Une compétition pourtant relevée puisque seules les équipes championnes dans leurs pays sont qualifiées pour y participer. Durant cette période, l’OM remporte même le titre honorifique de « meilleure équipe européenne de l’année » à trois reprises. C’est la première fois que le football français connaît une telle hégémonie.

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La suite est nettement moins reluisante. Dans le cadre de l’affaire OM-VA, les dirigeants marseillais sont accusés de corruption. Lors du match Valenciennes-OM, qui précède la finale de la Ligue des Champions, les décideurs marseillais demandent à trois joueurs de Valenciennes de lever le pied pour assurer une victoire de l’OM et éviter à leurs joueurs de se blesser en échange d’une somme d’argent. Les sanctions administratives ne se font pas attendre. La participation de l’OM en Ligue des Champions est suspendue dès la saison suivante et le club est rétrogradé administrativement en deuxième division à compter de la saison 94-95. L’OM aura besoin de deux saisons pour retrouver l’élite et remettre sa situation financière à flots. Là aussi, c’est la première fois que le football français connaît pareil scandale. Un scandale qui salit l’image de l’OM et brise la destinée d’un club bâtit par Tapie pour s’installer durablement parmi les plus grandes équipes européennes. Même si l’OM ne flambe plus après l’épisode OM-VA, la mèche reste allumée. Cette mèche, symbolisée par l’étoile qui trône au dessus du logo en référence à la victoire en Ligue des Champions, supporters et dirigeants auront pour unique obsession de la faire flamboyer à nouveau. Côté supporters, c’est avec une ferveur sans failles qu’on cherchera à y parvenir. Côté dirigeants, on s’attachera à concevoir des projets ambitieux pour permettre à l’OM de réparer l’accroc qui vient de perturber son histoire désormais singulière.

L’effet blast

En décembre 1996, dix ans après le rachat de l’OM par Bernard Tapie, Robert Louis-Dreyfus en devient l’actionnaire majoritaire et par conséquent son principal décideur. Outre la volonté de RLD de faire renaitre l’OM de ses cendres et lui permettre de renouer avec son glorieux passé, c’est sa casquette de président d’Adidas qui l’amène sur la Cannebière. L’homme d’affaires souhaite que la marque aux trois bandes possède un club mythique dans son giron pour mieux concurrencer Nike. A l’été 1997, pour son premier mercato, RLD frappe fort en recrutant un autre président, Laurent Blanc, mais aussi Christophe Dugarry, le jeune et prometteur Robert Pirès et le fantasque attaquant Frabrizio Ravanelli. Ce recrutement haut de gamme et la patte de l’entraîneur Rolland Courbis permettent à l’OM de refouler les pelouses européennes grâce à une quatrième place en championnat synonyme de qualification pour la Coupe UEFA, devenue l’Europa League, pour la saison 98-99. Cette saison là, l’équipe de Courbis termine deuxième d’un championnat remporté par des Girondins de Bordeaux. Sur la scène européenne, les marseillais atteignent la finale de la coupe UEFA mais sont sèchement battus (3-0) par plus forts qu’eux, une équipe de Parme historiquement talentueuse. Sur le Vieux Port, on croit dur comme au fer à la rédemption. Le projet de RLD semble avoir ravivé la flamme entretenue par les supporters depuis la rétrogradation en deuxième division.

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En réalité, il n’est est rien et les investissements de l’actionnaire s’assimilent plutôt à un effet blast. Dans le champ lexical du feu, l’effet blast désigne l’effet produit par une explosion sur l’organisme de celui qui la subie. Lors d’une explosion se crée une onde de choc qui percute la personne et entraîne des lésions graves, souvent matérialisées par des plaies et des brulûres. Pour l’OM, l’incendie fut provoquer lorsque Louis-Dreyfus est devenu l’actionnaire majoritaire et a investit massivement pour bâtir une équipe à même de gagner des titres, pensant simplement raviver la flamme du club olympien. L’explosion eut lieu lors de la saison 99-00. Malgré un parcours convenable en Ligue des Champions, l’équipe est à la peine en championnat. Rolland Courbis est licencié en cours de saison et l’OM évite la relégation, sportive cette fois-ci, de justesse et grâce à deux petits buts marqués de plus que Nancy, le premier relégable, et malgré une équipe à priori compétitive. S’ouvrent alors des plaies que l’OM ne parviendra jamais véritablement à refermer. Lors de la saison suivante (2000-2001), le club est à feu et à sang. Trois entraîneurs, Abel Braga, Javier Clemente, Tomislav Ivici se succèdent à tête de l’équipe professionnelle malgré un effectif renouvelé à 80% et composé de valeurs sûres de Ligue 1 comme Bruno N’Gotty, Zoumana Camara, Jérôme Leroy ou encore Marcelinho. L’OM évite une nouvelle fois de peu la relégation en fin de saison. Une saison à oublier qui apparaît comme une véritable plaie dans les mémoires phocéennes. Pour refermer cette plaie, Robert Louis-Dreyfus fait appel à Bernard Tapie à qui il confie le rôle de directeur sportif pour la saison 2001-2002. Une nouvelle fois, l’équipe est renouvelée à 80% avec des joueurs comme André Luiz, Lebœuf ou Brunel mais l’OM ne parvient pas à retrouver le succès. Quatre changements d’entraîneur durant la saison amène les Ciel et Blanc à terminer à une neuvième place peu reluisante. Ce retour de Tapie est une nouvelle plaie ouverte sur le corps d’un OM moribond. L’homme d’affaires, conscient de l’ampleur de la tâche qui consistait à réhabiliter l’OM, finit par jeter l’éponge définitivement.

En ce début du XXIème siècle, RLD ne parviendra jamais véritablement à redresser le club. Une jolie troisième place obtenue lors de la saison 2002-2003, sous la présidence de Christophe Bouchet, suivie d’un bon parcours européen qui conduira l’OM à jouer une nouvelle finale européenne contre le FC Valence en 2004 ne compensent pas des performances décevantes en championnat et dans les coupes nationales. En 2006, lorsqu’il s’agit de fêter les 10 ans de RLD à la tête de l’OM, le bilan sonne creux. Aucun titre majeur (Championnat, coupes nationales ou coupes d’Europe) n’a été remporté. Seuls les supporters demeurent les garants du brasier olympien puisque l’OM compte encore 40 000 abonnées à la fin de la saison 2003-2004.

De vrais hommes de feu

A l’été 2004, l’OM vient de vivre une saison excitante sur la scène européenne avec une place de finaliste de la coupe UEFA et l’élimination d’adversaires prestigieux parmi lesquels on peut citer Liverpool, l’Inter Milan et Newcastle. Emmené par un Didier Drogba auteur de 32 buts et sous la houlette d’Alain Perrin, les olympiens n’ont pas pu faire mieux qu’une septième place en championnat qui ne les qualifie pour aucune coupe d’Europe. Drogba s’envole vers Chelsea pour 38 millions d’euros. Une grosse somme à l’époque qui va permettre à l’OM se de renforcer. Luyindula, Marlet, Bamogo, Pedretti ou encore Déhu débarquent à la Commanderie. Un recrutement qui mixe jeunesse et expérience et qui doit permettre à l’OM de retrouver l’Europe. La saison est décevante. José Anigo est débarqué en cours d’exercice, faute de résultats, et remplacé par Philippe Troussier. Malgré un sursaut durant l’hiver, la somme d’argent obtenue grâce à la vente de Drogba a été mal investie et RLD décide de se séparer de son président Christophe Bouchet. Marseille ne termine que cinquième, une place qui lui offre néanmoins la possibilité de jouer la coupe Intertoto, une ancienne compétition européenne aujourd’hui remplacée par les tours préliminaires et barrages de l’Europa League. Du côté des supporters, la ferveur reste intacte et la flamme ne demande qu’à être attisée. Pour preuve, lors de la saison 2004-2005, le Vélodrome culmine à une moyenne de 52 000 spectateurs par match. Une affluence inégalée dans l’hexagone malgré des résultats décevants.

L’été 2005 marque un tournant pour la suite des années 2000 de l’OM. C’est le premier mercato conduit par Pape Diouf, nommé président en remplacement de Christophe Bouchet lors de la saison précédente, qui place l’OM dans une nouvelle dynamique. Le club se débarrasse de ses boulets : Luyindula, Marlet, Bamogo ou encore Pedretti s’en vont. Robert Louis-Dreyfus et Diouf choisissent de confier l’équipe à Jean Fernandez. L’OM va alors recruter des joueurs d’une combativité à même d’attiser la flamme ardemment entretenue par les supporters. Lorik Cana, Toifilou Maoulida, Mamadou Niang, Franck Ribéry, Taye Taiwo, Mickaël Pagis viennent compléter un effectif déjà composé du soldat Habib Beye et de l’ambitieux et prometteur Samir Nasri. L’été, déjà bouillant sur le marché des transferts, l’est encore plus sur le terrain comme le laisse penser la une de France Football qui titre « Un OM de combat ». En coupe Intertoto, l’OM élimine la Lazio de Rome (1-1, 3-0) et s’offre une remontada contre le Déportivo La Corogne (2-0, 5-1) qui lui permet de se qualifier en coupe UEFA. Cette soirée apparaît comme un acte fondateur. Les supporters comprennent que l’équipe, malgré des limites, est une équipe de guerriers. C’est exactement ce que recherche Pape Diouf. Après 10 ans d’actionnariat de RLD, l’OM n’a pas des finances illimitées mais le dirigeant franco-sénégalais a bien compris qu’une équipe batailleuse et offensive collerait parfaitement à l’ardeur des fans marseillais. L’OM boucle à nouveau sa saison 2005-2006 à la cinquième place mais dispute une finale de Coupe de France, la première depuis 1989, perdue face à l’éternel rival parisien et manque de peu la qualification en Ligue des Champions. Malgré l’absence de titre, l’été européen réussit, le jeu proposé et la place de finaliste de la Coupe de France attise les ambitions du club et des supporters qui sentent que cet embrasement est prometteur.

La saison suivante est paradoxale. L’OM recrute finalement assez peu. Seuls Djibril Cissé et Mathieu Valbuena, encore jeune espoir, sont les figures de proue du mercato estival. Une solution interne est privilégiée pour le poste d’entraîneur et c’est Albert Emon qui s’installe sur le banc. Cette faible ambition s’explique par la volonté de Robert Louis-Dreyfus de se désengager du club avec lequel il n’a jamais rien gagné. En cours de saison, RLD pense même avoir trouvé le repreneur idéal avec l’énigmatique Jacques Kachkar. Il s’avère que ce dernier est insolvable, Louis-Dreyfus ne lui vendra pas l’OM. Sur le terrain, la saison commence mal. L’OM est éliminé de la coupe UEFA dès septembre par le Mlada Boleslav, un club tchèque. L’exercice 2006-2007 s’annonce bien terne et on peut s’attendre à ce que la flamme olympienne vacille. Contre toute attente, les Ciel et Blanc finissement seconds d’un championnat dominé par un Olympique Lyonnais intouchable à l’époque, une place synonyme de retour en Ligue des Champions. Ils se hissent à nouveau en finale de Coupe de France avec une nouvelle défaite, aux tirs au but, face à Sochaux. L’OM s’offre même quelques beaux matchs avec une attaque de feu composée de Niang, Ribéry, Nasri, Cissé et Pagis. Des performances qui font réfléchir RLD qui reste finalement actionnaire majoritaire, faute de repreneur satisfaisant.

La fin des années 2000 est plus étincelante pour les olympiens. Rapidement au début de la saison 2007-2008, le Belge Erick Gerets vient remplacer Albert Emon, débarqué par Pape Diouf à cause d’un niveau de jeu et de résultats satisfaisants. La patte du belge se fait tout de suite sentir. Malgré le départ de Ribéry au Bayern Munich pour 30 millions d’Euros (2007), puis celui de Samir Nasri pour moitié moins (2008), il développe un jeu offensif séduisant qui enflamme le Vélodrome, s’appuyant sur le jeune Mathieu Valbuena. Louis Dreyfus, qui demeure incertain quant à son envie de maintenir son implication à l’OM, réinvestit peu à peu cet argent pour permettre à l’OM de maintenir ses performances encourageantes, avec notamment les arrivées de Ben Arfa, Koné et Ziani. Gerets parvient à qualifier l’OM en Ligue des Champions lors de ses deux saisons sur le banc olympien. Pas forcément grâce aux investissements de l’actionnaire mais surtout grâce une combativité sans limites et un jeu offensif qui ravissent un Vélodrome bondé et prêt à s’enflammer à chaque course ou coup de rein de Mamadou Niang. Gerets, Beye, Niang, Cissé, Nasri, Ribéry, pour ne citer qu’eux, sont des hommes qui ont compté pour entretenir la flamme olympienne.

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Le pompier pyromane

Lorsqu’arrive l’intersaison 2009, l’enflammade des supporters durant les années de présidence de Pape Diouf attise de nouveau l’ambition de Robert Louis-Dreyfus de réhabiliter l’OM. Pourtant, RLD décidera de se séparer de Diouf. Sous l’impulsion de l’ambitieux Vincent Labrune, alors président du conseil de surveillance (l’organe de décision de l’OM), Diouf est écarté et Jean-Claude Dassier est nommé président. RLD décide alors de donner à l’OM les moyens de retrouver son lustre d’antan. Didier Deschamps, légende du club, s’installe sur le banc. Malgré le décès brutal de Robert Louis-Dreyfus, la nouvelle direction offre à Deschamps un effectif ronflant, tant sur le plan qualitatif que quantitatif. Lucho, Mbia ou encore Diawara et Heinze sont les recrues phares du club mais des joueurs « de devoir » comme Edouard Cissé ou Fabrice Abriel débarquent également. Un effectif qui permettra à l’OM de renouer avec le succès en remportant son premier Championnat de France depuis 1993 et sa première Coupe de la Ligue.

Pourtant, en coulisses, un pyromane s’apprête à incendier le club. Margarita Louis-Dreyfus prend la suite de son mari, Robert, à l’actionnariat du club. Vincent Labrune comprend très vite que la femme d’affaires n’est pas une passionnée de foot et connaît peu le contexte marseillais, ni même les ambitions de son mari. L’orléanais y voit alors une opportunité pour prendre les rênes du club et faire ses intérêts personnels. Conscient de la ferveur qui règne autour de l’OM et fort de la confiance que lui accordait Robert Louis Dreyfus, il convainc MLD de maintenir son engagement dans l’actionnariat du club olympien en lui expliquant qu’il en fera une source de rentabilité. Comme avec Pape Diouf quelques années plus tôt, Labrune fait éjecter Dassier et prend la présidence de l’OM en 2011. Déjà président de la société Eric Soccer, qui détient l’OM, depuis 2008, Labrune et son réseau possèdent alors les pleins pouvoirs.

Les années Labrune sont difficiles à aborder d’un point de vue sportif. Il est même impossible de parler de projet tant la logique comptable a pris le pas sur les ambitions du club. Cette gestion sportive calamiteuse s’est exprimée par des recrutements hasardeux, une obsession à revendre à tout prix les joueurs les plus performants et une incapacité à les conserver. Dans ce marasme, deux épiphénomènes sont à signaler. Une qualification miraculeuse en Ligue des Champions en 2013 dont le club se serait bien passé, du moins sportivement, puisque l’équipe entraînée par Elie Baup sort de la compétition dès la phase des poules avec 0 points. Là aussi, il s’agit d’une première pour une équipe française. L’autre épiphénomène est le passage rapide mais non moins intense de Marcelo Bielsa sur le banc de l’OM. Il développe un football total qui mettra en avant les talents de joueurs olympiens inexploités jusqu’ici. Un épisode salvateur pour Labrune, qui permettra à l’OM de renflouer ses caisses avec des ventes importantes (Payet, Imbula) malgré les départs libres des performants Gignac et Ayew. S’en suit une saison apocalyptique pour l’OM débutée par la démission d’un Marcelo Bielsa lassé par la prédominance de cette logique comptable et poursuivie par un Michel pour qui la tâche était trop dure.

Labrune aura agit comme un pompier pyromane durant sa présidence. Sa gestion sportive désastreuse à mis le feu à tous les étages du club. Pour la justifier, il s’est présenté comme le pompier qui allait remettre l’OM dans une situation financière saine après les mauvaises gestions de ses prédécesseurs. A la fin de son mandat, l’OM affiche un déficit important d’environ 25 millions d’€ pour la saison 2015-2016. L’actif « joueurs » est considérablement diminué puisque l’effectif se compose principalement de joueurs à faible valeur pécuniaire, de joueurs prêtés, comme Bafé Gomis et William Vainqueur, ou arrivés gratuitement. Sur le plan sportif, l’attractivité du club est en berne. L’OM n’a plus figuré convenablement en coupe d’Europe depuis 2011 et n’assure pas une qualification européenne chaque année aux potentielles recrues. Le mandat de Vincent Labrune aura donc mis le feu financièrement et sportivement, mais surtout, pour la première fois, il a fait vaciller la flamme entretenue par les supporters. A l’été 2016, quand Labrune s’en va, l’OM ne compte plus que 17 500 abonnés. Un chiffre abyssal comparé aux 44 415 fidèles de la saison 2003-2004.

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Depuis 1996, aucun dirigeant marseillais n’est parvenu à faire renaître l’OM de ses cendres malgré de nombreuses tentatives et une ferveur ardente entretenue par les supporters. Les phocéens ont même frôlé la catastrophe à plusieurs reprises faute de politique sportive suffisamment élaborée. Sans le rachat du club par Franck Mc Court et le lancement de son OM Champions Project, cette perspective aurait probablement été abandonnée, condamnant les nombreux supporters à contempler les cendres d’un glorieux passé parti en fumée. Puissent Franck Mc Court, Jacques-Henri Eyraud, Andoni Zubizaretta et Rudi Garcia retenir les leçons de ces vingt dernières années : les supporters demeurent les garants d’une flamme olympienne qui s’entretient par des joueurs combatifs, au caractère fort et imprégnés du maillot ciel et blanc. Telles sont les conditions pour éviter que l’OM ne devienne un cendrier tout juste crépitant et que « À jamais les premiers » ne se transforme en « Plus jamais les premiers ».

Crédit Photo : Paco photographie pour Footpack

Auteur : Pierre Foucault

Le cœur noyé dans la sueur de Mamadou Niang, c'est enivré par la douceur d'Andrea Pirlo, bercé au jeu à la nantaise et fasciné par le couloir d'Highbury que j'ai commencé à flirter avec le foot.

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