L’OM condamné à perdre contre le PSG ?

01
novembre
2018

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Catégorie : Ligue 1

Eyraud-McCourt-OM

Dimanche soir, comme à pareille époque, la montagne a accouché d’une souris et, malgré les tentatives médiatiques pour faire passer ce qui est devenu un simple match de ligue 1 pour un évènement, le Paris Saint-Germain version qatarie (depuis 2011) est venu faire sa moisson de points habituelle au Stade Vélodrome (0-2), et en est reparti avec les 3 unités en jeu, contrairement à l’an dernier où Cavani avait évité dans les arrêts de jeu une défaite qui aurait fait tâche (2-2).

A 21h00, chacun se demandait encore si ce nouveau “clasico” allait entrer dans l’histoire. Allait-on assister à une nouvelle victoire parisienne ou, au contraire, l’OM parviendra t-il à retrouver le chemin du succès qui les fuit depuis 2011, date de la dernière victoire contre le PSG ?

Ils y ont cru

Pourtant cette fois-ci les supporters, amassés dans l’enceinte du boulevard Michelet, ou devant leur TV, y ont cru. Non pas que l’OM ait dominé les débats, mais la composition surprenante de Thomas Tuchel avait fait espérer un équilibre des forces. Certes, même avec ce onze-là les saint-germanois ont les armes pour remporter largement le championnat, mais sans MBappé ni Rabiot (« punis » par Tuchel, un problème de riches, avouons-le), cela réduit leur avance. Cependant, dire qu’il s’agissait d’un PSG-bis avec tout de même Aréola, Marquinhos aligné à son véritable poste, Meunier, Verratti, Di Maria, Neymar et Draxler, est quelque peu exagéré, mais le jeune N’soki et le germano-camerounais Choupo-Moting n’ont pas le standing des titulaires habituels.

Lors de cette première mi-temps, en effet, les choix tactiques de Garcia (sans attaquant axial nominal afin de densifier l’entre-jeu) ont permis à l’OM de ne pas subir, à défaut d’être réellement dangereux, et le 0-0 à la pause semblait logique. L’espoir pouvait-il durer pour les marseillais au retour des vestiaires ? il est évident qu’après s’être échiné à annihiler les tentatives de Neymar (mention très bien à Rami, n’hésitant pas à venir défier avec réussite le brésilien loin de ses bases), les olympiens ont eu la (mauvaise) mais prévisible surprise de voir entrer MBappé, le « génie français » selon l’atypique Stéphane Guy.

Mbappé et l’ordre des choses

Dès lors les dés étaient pipés et l’issue semblait fatale, l’international et candidat au ballon d’or amenant une plus-value, non seulement financière (180 M€ soit davantage que la valeur que tout l’effectif olympien), mais surtout technique et tactique. Il n’a d’ailleurs fallu que de quelques minutes pour que l’ex-monégasque grille la politesse à un Kamara du (presque) même âge mais d’une naïveté propre à sa vingtaine de matches en pro, pour s’en venir battre Mandanda.

Qu’espérer ensuite pour des phocéens, qui, à l’exception d’une tête d’Ocampos et une frappe écrasée d’Amavi, n’avaient pas eu d’occasions dignes de ce nom jusqu’alors ? Il y eut, certes, l’épisode du coup-France de Payet et le vrai-faux but de Mitroglou après que l’arbitre ait sifflé une faute imaginaire de Strootman sur Marquinhos (ce serait plutôt l’inverse), mais peut-on considérer cela comme une réelle chance de marquer, l’arbitre ayant sifflé bien avant la fin de l’action ? L’argument du VAR non utilisé semble davantage être une occasion de crier à l’injustice et ainsi masquer les réelles insuffisances de l’équipe du côté marseillais.

Le second but étant anecdotique, il reste une défaite logique, que la combativité des olympiens n’a pu éviter, faute d’atouts techniques suffisants et de solutions offensives percutantes.

Condamnés à perdre ?

L’OM semble condamner à enfiler les déconvenues contre un tel adversaire, tout au moins tant que les finances resteront avec un tel écart au bénéfice du club parisien. Rappelons que le club est la propriété du fond d’Investissement souverain (QIA), détenu par un État donc, et qu’à ce titre, contrairement à un investisseur privé, il peut compter sur une banque (QNB), un opérateur télécom (OOredoo), ainsi qu’une agence de tourisme nationale (QTA), tous dévolus à la cause qatarienne, comme le seraient ces institutions pour une équipe … nationale !

L’investissement que Frank Mc Court a annoncé (200 M€ sur 4 ans) est équivalent au prix d’achat de Neymar ou Mbappé, sans les salaires astronomiques, et quand bien même, il resterait une quinzaine de joueurs de haut niveau à acquérir ! L’OM, on le sait, doit filtrer ses achats, faire des choix, profiter d’opportunités, en bref bricoler avec une surface financière 4 fois inférieure à son ex-rival, ce qui pose d’emblée les limites à une concurrence réelle. Alors certes, il y a les exemples de Leicester ou Montpellier, champions nationaux face à des adversaires « mastodontes », mais ces cas sont très rares et il s’agissait de clubs surprises, bénéficiant d’une relative bienveillance de la part de leurs adversaires qui ne les ont pas immédiatement pris au sérieux.

On ne peut imaginer pareille situation avec l’OM dont l’histoire et la renommée le condamne à être tout le temps l’équipe à battre, quel que soit l’adversaire. Il est d’ailleurs à noter que Paris a abordé la rencontre de dimanche comme un match de ligue des champions, la concentration était maximale chez les bleus et rouges, aucun complexe de supériorité ou laisser-aller ne devait être espéré par les hommes de Garcia. On ne mesure pas assez la frustration que doivent ressentir les Mandanda, Thauvin ou Payet, olympiens de longue date qui, chaque saison, doivent combattre un sentiment de fatalité et maîtriser leur colère face à la perspective de connaître une nouvelle défaite contre un adversaire devenu invincible.

Garcia est également sur la sellette, il doit constamment chercher (et trouver) les clés pour perturber l’adversaire du soir, quitte à innover sans garantie (Payet en attaquant central) et subir les quolibets, une fois le coup de sifflet final…

L’Expérience comme seule arme

A côté de cela, l’ « évènement » impose une maîtrise de la situation que seuls des joueurs expérimentés peuvent assumer, à l’image de Luiz Gustavo, Rami ou Strootman qui ont fourni leur meilleure prestation de la saison, au contraire de Sanson ou Kamara, peu habitués à ce genre de joutes de haut niveau et qui ont fauté sur le but de MBappé. Voilà donc une piste pour les dirigeants marseillais, outre un attaquant digne du standing du club, opter pour des éléments d’expérience (dont le prix serait sans doute accessible pour les finances du club), qui permettront peut-être de mettre fin à cette série de défaites bien trop nombreuses.

Dans le cas contraire, il faudra accepter que le Stade Vélodrome devienne l’annexe du Parc des Princes et que le PSG soit sacré champion toujours plus tôt chaque saison, au risque de fausser la fin de la compétition. Il va sans dire qu’une telle perspective ferait rougir de colère les supporters phocéens, déjà tellement amers à devoir encaisser ces déconvenues, synonymes d’humiliations et qui mettent à mal une patience déjà fortement entamée …

 

Photo : © FranceFootball

Auteur : Gilmon

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