Lobby Bar

28
septembre
2016

Auteur :

Catégorie : Ligue 1

fabrice-fiorese

Lobby Bar, Lille, 18 Septembre dernier. Assis confortablement dans un bar à l’ambiance tamisée, je sirote une Triple Karmeleit en agréable compagnie. Mes acolytes n’étant pas fans de foot, je regarde du coin de l’œil le match qui se dispute. Etant supporter lyonnais, l’Olympico est pour moi, avec le derby contre les verts, le match le plus important de la saison. N’ayant pu réellement m’intéresser au match, je me rends tout de même compte d’une chose : Njie, Gomis, Bedimo, N’Koulou et Valbuena ont un point commun. Ce sont tous des joueurs ayant joué très récemment sous les couleurs adverses. Ce phénomène populaire dans le football est souvent appelé « acte de traîtrise ». Des interrogations montent en moi sur ce phénomène tant médiatisé : Mérite-t-il tant de médiatisation ? Tant de réactions ? Tant d’importance ?

Dans tout transfert, la motivation du joueur se situe bien souvent entre le salaire et le challenge sportif. Pour ces transferts un peu spéciaux, la motivation du joueur ne change pas, il ne passe pas du PSG à l’OM pour trahir son ancien club. Cependant certains supporters du club ne vont pas réussir à accepter cet acte et nourriront d’éternels remords à l’égard du joueur. Toute la question posée réside sur la limite à fixer pour éviter une réaction excessive. Nous allons étudier plusieurs cas connus afin de pouvoir répondre à cette question de limites à poser. C’est certes une idée subjective mais je pars du principe que tant que l’intégrité physique ou mentale du joueur est respectée on a affaire à un bon retour de la balle à l’envoyeur. En apparence simple, c’est une tâche très difficile de déterminer la limite entre une bonne et une mauvaise réaction. Certains joueurs peuvent prendre très mal quelques sifflets alors que d’autres vont apprécier essayant de démultiplier leurs performances ou s’en moquer simplement. C’est une question très subjective…

Le lien se fait peut-être dans votre esprit (dans le mien oui en tout cas) avec les sifflets de Rio pour le perchiste français Renaud Lavillenie. Aucune notion de traîtrise ici mais on se retrouve avec un sportif n’acceptant pas du tout de simples sifflets du public. Il ne faut pas oublier que les supporters sont une part entière du match ou événement sportif qui se joue. Notre perchiste français à craquer face à la pression malgré un très beau concours. En effet ces déclarations ne furent pas très heureuses qualifiant le public de « public de merde » et de public semblable au public de 1936 organisé par un certain Adolf Hitler. Dans ce cas-là, le perchiste s’attira les foudres lui-même et pour moi, est la seule réelle personne à avoir vraiment manqué de respect. Bien que très subjectif et surement influencé par une culture de sport populaire et collectif, je trouve les sifflets normal dans le sport. Quelques exceptions peuvent cependant être appliquées comme par exemple lors des hymnes nationales. Dans ce cas brésilien, le public a sifflé le perchiste français car seul opposant de Thiago Braz puis le lendemain sur le podium suite à ces propos. La réaction du public (dans une certaine mesure à laquelle j’intègre les sifflements) me paraît être juste une part du jeu, qui peut avoir une réelle influence qui n’est plus à démontrer.

.

valbuena-om-ol

.

Revenons au sujet principal et intéressons-nous désormais à certains cas spécifiques. Puisque que je parlais du désormais rhodanien, Mathieu Valbuena, nous avons là un exemple typique de débordement. Harcelé tout le match par les joueurs adverses (donc ses anciens coéquipiers et amis !), le petit vélo avait notamment été victime de coups violents de la part de Rekik, Barrada et Alessandrini, valant d’ailleurs un rouge à ce dernier. De plus, Valbuena fût la cible de jets de bouteilles en verre d’un public marseillais en fusion, ayant marqué les couleurs en début de match avec une poupée pendue à l’effigie de l’ancienne pépite du Vélodrome. Piètres remerciements pour un joueur rentré dans le Hall of Fame du club après 8 années de bons et loyaux services. Pourtant, le public marseillais a préféré proposer de « tuer Valbuena le PD » plutôt que de rendre hommage à un de leurs meilleurs joueurs du millénaire…

L’animosité peut se comprendre, mais dans ce cas pratique ci on ne peut tolérer un tel harcèlement physique et moral sur une pelouse de Ligue 1. On ne peut menacer l’intégrité physique d’un joueur ni lui manqué de respect à ce point sans que cela soit pointé du doigt comme une pratique brutale et complètement insensée. Toujours dans notre bonne Ligue 1, un cas encore plus médiatique avec « l’affaire Dehu-Fiorèse ». Année 2004, le public parisien apprend avant la fin de la saison le départ de leur capitaine Frédéric Déhu et lui réservera un dernier match dont il se souviendra. Ici aucun acte vraiment violent mais un acharnement du public tout au long du match pour un joueur de leur camp, félicité et admiré par tous ses coéquipiers. Une telle ambiance que ses coéquipiers devront le forcer à revenir sur la pelouse après qu’il se soit réfugié dans les vestiaires suite à la victoire. Une fin bien dommage au vu de ce que le capitaine aura apporté cette saison là avec une deuxième place en Ligue 1 et une Coupe de France. Ici, la frontière est plus trouble et c’est seulement avec son retour au Parc sous les couleurs marseillaises qu’on pourra parler d’excès. Rejoint pendant l’été par son coéquipier parisien Fabrice Fiorèse, le retour se fait alors encore plus houleux et les deux joueurs ne seront jamais acceptés à Marseille et encore moins au Parc. Véritable psychodrame, cette soirée est marquée par l’attaque du bas marseillais par un groupe d’une trentaine de « supporters » parisiens. Plusieurs vitres seront brisées au cours de cet assaut… heureusement plus de peur que de mal… L’emblématique Sylvain Armand sera exclu pendant le match suite à un tacle mesquin sur Fabrice Fiorèse.

.

frederic-dehu

.

Ces deux cas suffisent à démontrer toute la stupidité qui peut découler de ce genre de transfert. Je ne développerai pas d’autres transferts houleux mais je peux vous conseiller d’aller consulter certains cas qui pourront vous convaincre définitivement. Pour ma part, les meilleurs trolls de l’histoire du foot sont pour Michael Laudrup, Ronaldo et William Gallas. Je ne vous en dis pas plus mais l’anecdote vaut le détour.

Phénomène très croustillant puisqu’on y parle de traîtrise, de conflit, de séparation, il prend souvent trop d’ampleur et connaît des extrémités. Il n’est qu’un des nombreux résultats d’un sport et d’une société qui n’a plus de limites, qui est dans une médiatisation à tout va et dans une consommation de produits à intérêt réel faible. En effet, la médiatisation à outrance de ce genre de phénomène lui donne sa force, les médias créent de l’intérêt et sont en partie responsables de ces débordements. Tout comme Vahid Halilhodzic (entraîneur du PSG en 2004) qui déclara avoir vomi en rentrant chez lui (par rapport au transfert de Fiorèse). Il participe alors à encenser une histoire qui ne vaut qu’un détour rapide. Ainsi, le buzz se crée et tout le monde s’en empare aboutissant sur les débordements vus ci-dessus. Pour ma part quelques sifflets suffisent pour marquer son mécontentement et la violence physique et verbale est bien en dehors d’un « simple sport ». Bien que mon message semble bien perdu au milieu d’un sport en perdition réelle de valeurs, il faut envisager un retour vers un football plus sain, un football réel, un football du jeu. Pour l’amour du sport et du football.

Crédit photo : 20minutes.com / footloose.blogs.lequipe.fr

Auteur : Alexandre Le Roux

Apprendre le foot lors d'un certain septennat, alors comment vous dire ? Licha, Bastos, Kallstrom, Juninho et BAKI KONE , vous avez compris le Topo !

Vous avez aimé cet article ? Partagez-le !

Les derniers articles de la catégorie Ligue 1

  • Scrum

    Joli billet mais j’ai quelques remarques néanmoins concernant l’épisode Valbuena.

    – Il a été dit dans plusieurs médias qu’il faisait l’objet d’un contrat de la part de joueurs marseillais, hors il y a des clichés du joueur le montrant comme accueilli tout à fait amicalement par ses adversaires du soir.
    Par ailleurs Barrada et Rekik n’ont jamais évolué avec Valbuena.

    – Le titre” d’un des meilleurs joueurs ” du millénaire de l’OM est un tantinet usurpé étant donné le nombre d’Olympiens qui lui passent devant en terme de talent (Lucho, Ribery, Niang, Drogba, Payet…).

    -Il faut prendre en compte le contexte sulfureux autour du match orchestré par les présidents des 2 clubs et le joueur lui même qui s’est répandu maladroitement dans les médias à quelques encablures du match , pour preuve sa dernière visite au vélodrome a été bien plus paisible.

Plus dans Ligue 1
OM-Nantes
On a vécu OM-Nantes au cœur du Virage Sud

Dimanche 25 septembre, 19h30, l’heure que les Marseillais affectionnent pour se rendre au stade. Dans le métro, la lente procession...

psg-dijon-unai-emery
Alors, ça donne quoi le PSG version Emery ?

Arrivé à bord du Paris Saint-Germain cet été, le capitaine Unaï Emery a pour mission de faire passer un cap...

fc-nantes-monaco
FC Nantes : Stop ou encore ?

Il aura fallu un mois, quatre petites semaines, pour que les dirigeants nantais s'en aperçoivent. Cette équipe n'est en rien...

Fermer