L’importance de la progression des joueurs

21
janvier
2018

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Catégorie : Editos

benjamin-mendy

Bien souvent négligé dans les conclusions -hâtives- et les opinions critiques au sujet d’une équipe ou plus largement de son entraîneur, le facteur « progression des joueurs » est pourtant essentiel à l’équation nous permettant de juger une équipe et particulièrement son coach

Bielsa, maître en la matière ?

Si cette variable est aujourd’hui occultée par certains, celle-ci occupait pourtant une part prépondérante des débats au moment où Marcelo Bielsa entraînait l’OM. En effet, les vifs débats autour de sa contribution à l’essor de jeunes joueurs talentueux (Mendy, Imbula,..) alimentait de nombreuses conversations afin de mesurer l’importance du coach dans l’élévation du niveau du jeu marseillais mais aussi de ses joueurs, particulièrement les plus jeunes. Et si finalement, la plus grande victoire de Marcelo Bielsa aurait été « de laisser son empreinte sur chacun de ses joueurs et chacune des équipes qu’il a entraînées » comme le suppose Javier Mascherano. ?

Car si Bielsa est connu et reconnu pour cette capacité à faire briller un effectif, il va de soi que les plus jeunes éléments sont les premiers concernés par cette progression au cours d’une saison tant leurs talents et leurs fougues nécessitent une tactique et une approche leur permettant d’utiliser leurs qualités à bon escient en s’assurant de minimiser les failles inhérentes à la jeunesse des joueurs. Cela étant, il est relativement délicat d’établir une grille de lecture permettant de mesurer cette progression, d’autant plus si l’on tente d’user d’une grille de lecture suffisamment développée afin qu’elle nous permette de mesurer l’impact du coach dans cette progression et sa part dans cette dernière

Claude Puel, le Bielsa français ?

Derrière ce sous-titre quasi blasphématoire se cache toutefois une part de vérité. À l’instar de Bielsa, Puel ne cumule pas les titres, loin de là. Pour autant, comme le démontre brillamment Phillipe Rodier dans sa quête de l’Entraineur idéal (Hugo Sport, 2017), Puel possède une faculté commune à celle de Bielsa : son impact sur le développement futur du club qu’il a dirigé et des joueurs qu’il a entraînés. « Pour moi, il faut savoir faire progresser son joueur avant tout. C’est ça ma philosophie. Entraîner, c’est un échange. Il faut savoir développer le potentiel de ses joueurs ».

Ces mots, puisés dans l’ouvrage de Philippe Rodier précédemment cité, nous renseigne quant à l’importance donnée par Claude Puel de la progression de ses joueurs, importance qui semble faire du développement (footballistique, physique, mental…) une sorte de valeur cardinale chez Puel. Ainsi, Claude Puel, nonobstant des divergences tactiques prégnantes, semblent être un entraineur bielsien à sa manière, comme en témoigne les nombreux joueurs, jeunes ou moins jeunes, qui se sont fortement améliorés après avoir fait connaissance avec Claude Puel (Germain, Rami, Cabaye, Pjanic…)

La délicate mesure de la progression des joueurs

Effectivement, de nombreux jugements s’avèrent biaisés par un regard bien trop restrictif. Car, si la difficulté résidante dans la tentative de mesure de cette progression est indéniable, il faut tout de même noter que seul un regard complet sur la situation du joueur nous permettra d’améliorer notre perception de la progression. Pour reprendre l’exemple « Bielsa à l’OM », d’aucuns se sont arrêtés aux performances des joueurs une fois la saison bien entamée, c’est-à-dire une fois la progression footballistique commencée.

Cette vision des choses relève donc d’une insuffisance patente, occultant une part importante de la progression des joueurs et par conséquent de l’apport du tacticien à celle-ci. Il est donc bien incomplet de se contenter de voir en Benjamin Mendy un joueur tellement bon qu’il n’aurait pas eu « besoin » de Bielsa pour exploser. Bien qu’il soit indéniable que Mendy possédait un bagage technique et physique au-dessus de la moyenne, nul ne peut affirmer qu’il serait à ce niveau (international et recruté à prix d’or par un des meilleurs clubs européens) sans l’apport du coach argentin.

Ainsi, il est nécessaire de cerner la totalité du parcours d’un joueur afin de ne pas tomber dans le jugement partiel et erroné. Néanmoins, il est tout à fait incontestable que, malgré ces précautions, le jugement d’un joueur et de sa progression sera indubitablement teinté d’une part prépondérante de subjectivité bien que la multiplication des minutes passées devant un joueur ou une équipe nous permette de tendre vers une objectivité par définition inatteignable.

« Ce qui compte ne peut pas toujours être compté, et ce qui peut être compté ne compte pas forcément ». Albert Einstein

Auteur : Evan Risch

Marseillais d'adoption, amoureux de Bielsa et du QI foot de Valère Germain

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