Lilian Thuram, mon étoile noire.

14
novembre
2017

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Catégorie : Ligue 1

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Lorsque l’on est gamin, et que l’on commence à s’intéresser au foot avec les copains, on cherche à s’identifier à un joueur, à une équipe. Et c’est dans cette quête d’identité footballistique que je suis tombé en admiration devant le joueur et l’homme qu’est Lilian Thuram. En pleine Zizou mania, je me suis pris d’affection pour ce grand homme, plein d’humilité, de caractère, de fair-play et doté d’un talent hors normes. Un homme engagé dans la lutte contre le racisme aussi, qui publie en 2009 « Mes étoiles noires : de Lucy à Barack Obama », et bien à mon tour, aujourd’hui, de parler de MON étoile noire.

L’Italie en fil rouge.

 

Avant tout, c’est un peu abattu que j’écris ce papier, l’Italie venant tout juste de se faire éliminer par la Suède en barrages de la Coupe du Monde 2018. Ce préambule peut relever de l’anecdote, mais, à bien y réfléchir, sûrement pas tant que ça. Monsieur Thuram a passé la plus grande partie de sa carrière en Italie. Il a été formé à Monaco puis est parti à Parme, où il remporte la coupe de l’UEFA en 1999. Mais je ne l’ai su que plus tard, quand j’ai voulu connaître davantage mon joueur préféré. J’ai 5 ans lorsqu’il soulève la coupe d’Europe et 4 ans quand il soulève la Coupe du Monde au Stade de France. Je ne me rappelle de rien. Comme de son Euro 2000. Mon Thuram à moi, celui que j’ai vu jouer, c’était à l’Euro 2004, face à l’Angleterre. Il les a bouffés ! Même pas besoin de salir le short, il est toujours bien placé, il anticipe les trajectoires, les courses, il gagne ses duels, du grand art.

Mes plus grands souvenirs de lui sont en Equipe de France. J’ai 12 ans en 2006, un âge où tu ne regardes plus seulement le foot, tu commences à le comprendre. Les Bleus vont jusqu’en finale, Lilian Thuram est impérial. Je me souviens de tous ces duels qu’il remportait sur ses adversaires, son leadership, sa sérénité, son calme, sa sagesse. Les Bleus de Thuram, Zidane et Makelele échouent en finale face à l’Italie. L’Italie et Thuram, c’est tout une histoire. Il perd en finale face à eux en 2006 donc, il y joue pendant 10 ans en club, remporte l’Euro 2000 face à eux, et finit sa carrière internationale après une défaite face à l’Italie à l‘Euro 2008. Comment pourrai-je ne pas aimer le football italien après tant d’histoires communes ? La Coupe du Monde 2010 aura, d’ailleurs, été un vrai révélateur pour moi. C’était la première fois que je supportais cette équipe sans Lilian Thuram. Et sans lui, j’ai vu une équipe se qualifier grâce à une main et ne pas descendre du bus après l’exclusion du groupe d’un joueur qui a insulté son entraîneur. Je suis très loin des valeurs de mon Thuram et je décroche vite avec cette équipe qui ne me procure plus aucune émotion depuis. Pas même une finale d’Euro à domicile. Je m’en fous. En 2010, je me suis rendu compte que je n’aimais pas l’Equipe de France mais Lilian Thuram.

 

Un rêve devenu (presque) réalité.

 

 

En club, c’est à la Juventus que je l’ai connu. Mais contrairement aux Bleus, son départ d’Italie n’a pas mis fin à mon amour pour la Serie A. Mon idole est peut-être parti, mais les valeurs sont les mêmes. Le goût de la défense, la classe, la grinta, le respect, la gagne. Je me reconnais dans ce football italien, là où Lilian Thuram aura passé ses plus belles années, remportant une coupe de l’UEFA à Parme puis deux Scudetto et perdant une finale de Ligue des Champions à Turin. Thuram quitte l’Italie en 2006, suite à la relégation de la Juve en Serie B. À 34 ans, il ne peut pas se permettre de perdre une année en deuxième division. Il s’engage au Barça pour deux ans et son passage me laisse un goût amer, moi qui voudrais le voir jouer à chaque match. La fin approche peu à peu, et après deux années à Barcelone où son temps de jeu s’affaiblit de plus en plus, Thuram cherche un dernier challenge.

Paris se positionne et l’accord est trouvé facilement. Le PSG souhaite en finir avec les opérations maintient et se renforce à coups de briscards, les Giuly ou Makelele. Je crois rêver. Mon idole dans mon club de cœur. Mon amour pour Paris n’est pas dépendant de Thuram comme l’était mon amour pour l’Equipe de France. Paris c’est ma ville, le Parc c’est mon stade, comment faire autrement quand on grandit avec le bruit des chants de supporters à sa fenêtre. Et tant pis si c’est Rozehnal et Samy Traore en défense. Je me souviens de ce jour comme si c’était hier. Lilian Thuram s’apprête à signer son contrat avec le Paris Saint-Germain et passe sa visite médicale comme à l’accoutumée. Mais les examens médicaux révèlent une malformation cardiaque. Une conférence de presse est organisée où le défenseur dit, de mémoire, « quand on m’a dit cela j’ai cru que c’était une blague et encore maintenant j’aimerais que l’on me dise que c’est une blague mais malheureusement ce n’est pas le cas ». Moi qui croyais voir mon idole avec le maillot de mon club, j’ai finalement droit à une fin de carrière précipitée…

Sa carrière brutalement achevée, Lilian Thuram aurait pu emprunter la voie classique et devenir entraîneur ou consultant comme bon nombre de ses partenaires de 98. Mais trop conscient des problèmes d’inégalités en France, il prend du recul sur le monde du football et crée la Fondation Lilian Thuram, Éducation contre le racisme. Il ne rêve pas d’entraîner le plus grand club au monde ou les Bleus, il ne rêve pas de devenir le consultant star, il ne cherche pas l’exposition médiatique. Il préfère se concentrer sur des problèmes bien plus importants que cela. J’aurais aimé qu’il reste dans le football pour profiter encore de lui. Mais mon histoire avec lui ne pouvait pas s’arrêter ainsi. Quelques années plus tard, c’est avec Marcus, son fils, que j’ai pu jouer lorsque nous étions à l’AC Boulogne-Billancourt, et la boucle fut bouclée.

Auteur : Dylan Houeix

Rédacteur Au Premier Poteau pour servir Edinson Cavani.

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