Ligue 1 : La dépendance aux buteurs nuit gravement

16
septembre
2013

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Catégorie : Edito / Ligue 1

Ligue 1 : la dépendance aux buteurs nuit gravement

Falcao, Cvitanich, Yatabaré, Bérigaud, ce week-end encore, les buteurs ont porté à bout de bras leurs équipes. Mais là où le romantisme du football voudrait que chaque coéquipier puisse marquer de temps à autre, la L1 démontre que les écuries comptent souvent sur un seul joueur pour faire tout le boulot. A leurs risques et périls… 

On se lasserait presque de voir leur joie à chaque résumé. On connaît leurs mimiques et leurs expressions à chaque fois que le filet adverse tremble. Quand un visage représente un club, c’est gratifiant et surtout monnaie courante. Quand un seul visage accapare toute l’attention médiatique et populaire, ça devient un peu plus problématique. Comment ne pas ressentir le manque de reconnaissance pour le joueur lambda, pourtant honnête voire performant, mais qui vit sans cesse dans l’ombre du goleador ? Un écart de popularité et de considération potentiellement dangereux et risquant de froisser les égos. Surtout dans le monde actuel, régi par l’individualisme, et qui peut exacerber des sentiments négatifs comme la jalousie ou la convoitise. Rien de mieux pour pourrir lentement mais sûrement l’ambiance dans un vestiaire.

La réponse tactique n’est, toutefois, pas à négliger. Dans une période où le football change et que le jeu se concentre essentiellement au milieu de terrain, on ne trouve souvent que des systèmes à «une pointe». Inspiré fortement du modèle des Champions du Monde et d’Europe, nos voisins Espagnols, le dogme est désormais de posséder le ballon, manipuler la chique et imposer à son adversaire le rythme voulu. En conservant le plus possible le cuir, grâce à un milieu étoffé, donc. Du coup, il est devenu presque banal de trouver des 4-2-3-1, 4-3-2-1, voire 4-5-1. Des schémas qui obligent à jouer avec un seul joueur devant. Peut-être mieux servi, mais terriblement seul. Ca fait tout de même beaucoup de pression et d’attente sur les épaules du seul joueur censé convertir les efforts et les offrandes.

Mais le désavantage est évidemment l’ultra-dépendance. Celle qui fait pleurer quand on apprend une blessure ou une suspension. Et qui oblige à tout retravailler. De son remplaçant, inexpérimenté car étant moins fort que le «number one» en place. Et ce ne sont pas quelques matchs de Coupe de France à Perpète-Les-Oies qui lui feront prendre une autre dimension. Si ce n’est que la suspension, c’est encore jouable. Une roue de secours ne dure jamais longtemps, mais dépanne sur le court terme. Pour la blessure, c’est un tout autre scénario. La dépendance cède à la déprime et l’efficacité offensive fond comme neige au soleil. Au risque de chambouler toute une équipe. Surtout quand un entraîneur basait son onze-type en fonction du buteur. Le Montpellier après le départ de Giroud à Arsenal (un transfert, un autre cas de figure mais tout aussi significatif) témoigne de cette difficulté à oublier un joueur décisif. En Ligue 1, plus que jamais, quand un être vous manque, tout vous semble dépeuplé.

Auteur : Fabien Burgaud

Fabien : motivation le journalisme sportif. Supporter du FCN et amoureux du football.

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