Liga : Le Barça n’est plus !

03
mars
2013

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Catégorie : Europe

Roura pourrait démissionner de son poste au FC Barcelone

Au-delà des trois défaites en quatre matchs, potentiellement « admissibles » à la vue des adversaires (Milan AC et Real Madrid), c’est surtout la manière qui inquiète très grandement du côté de Barcelone. Le Grand Barça n’est plus ! Le manque criant de « plan B », de solutions, la perte même du jeu appliqué qui a fait sa grandeur ces dernières saisons (et encore en début cet exercice 2012 – 2013) inquiète quant à l’avenir du club catalan.

Clasico, Bis Repetita !

Ce samedi, le FC Barcelone se déplaçait à Bernabeu pour y jouer le second clasico de la semaine. Après avoir été « humiliés » pour certains ou simplement « battus », mardi en Coupe du Roy, à domicile, par les merengues (1 – 3), tout le monde attendait une réaction de la part des joueurs de Jordi Roura, d’autant que les espoirs madrilènes en Liga sont éteints depuis belle lurette et que José Mourinho a fait tourner en prévision du choc face à Manchester (Ligue des champions). Roura l’avait annoncé, des changements ont été apportés : Mascherano a remplacé Puyol, sans surprise, Thiago Alcantara a pris la place de Xavi, blessé, et Villa a bénéficié d’une nouvelle chance à la place de Fabregas, très décevant ces derniers temps. Si la défense centrale a été plutôt solide, ce qui n’avait pas été le cas depuis longtemps (le premier but relevant plus de la timidité défensive de Daniel Alvès que d’une erreur de l’axe), c’est le collectif, une nouvelle fois, qui a crié au monde entier son incompétence à relever la tête dans cette période difficile. Si Messi a réussi à égaliser sur la seule occasion barcelonaise de la première mi-temps (voire du match), il s’agissait bien là d’un but en trompe-l’oeil ! On attendait alors une réaction barcelonaise, porté par son jeu offensif, de redoublements de passes, de décalages, de passes en profondeurs millimétrées, mais tout cela a bel et bien disparu depuis plusieurs semaines, et face à des défenses de la qualité de celle du Real Madrid, cette inefficacité est criante. Si le Barça a « dominé » la première mi-temps, c’est plutôt dans la conservation de balle, dans les échanges loin du but, comme d’habitude ? Non ! Habituellement les blaugranas construisent, font courir l’adversaire, avant de « piquer », dans le dos de la défense, par une passe fulgurante ou des enchaînements dans les petits périmètres. Mais cette possession stérile, affichée par les Catalans, est le reflet d’un mal plus profond, plus ancré, presque personnalisant. La seconde mi-temps ne sera qu’une pathétique démonstration de testostérone, où le jeu sera absent des deux côtés, Messi laissant une nouvelle fois place à son fantôme, seule l’entrée en jeu de Cristiano Ronaldo viendra apporté un peu de vitesse à un triste clasico bien loin du niveau de jeu affiché habituellement. On pourra également polémiquer sur le pénalty assez évident non accordé au barcelonais dans les arrêts de jeu, sur le carton rouge donné à Victor Valdès ou sur les 10 cartons jaunes distribués, mais au-delà de ces aléas, ce match sonne comme le glas d’une période hégémonique, comme le crépuscule d’un football total, comme la mort d’une équipe, grande, immense, mais humaine.

Roura vers une démission ?

Vient désormais l’heure des responsabilités, des remises en question. Ce n’est plus une hypothèse, c’est un fait, le départ de Vilanova à New-York a laissé un grand vide sur le banc de touche catalan. Jordi Roura «adjoint de l’adjoint» semble dépassé et n’a visiblement pas les clés pour remettre sur pied une équipe en manque total de confiance. C’est d’ailleurs bien là, la preuve qu’une grande équipe, si brillante soit-elle, a d’abord besoin d’un grand entraîneur, capable de gérer des situations de crises, des égos, d’apporter des solutions dans les moments de crise, contrairement à ce que certains analystes avançaient en début de saison : « Guardiola parti, on peut mettre n’importe qui sur le banc, cette équipe est si talentueuse qu’il n’y a rien à faire, juste la feuille de match… ». Faux ! Bien évidemment, le rôle de l’entraîneur, surtout à ce niveau, est fondamental, dans la gestion ET dans la réaction. Après de tels revers, les doutes émis sur la compétence de Jordi Roura ne vont faire que s’accroître dans les jours à venir. Le technicien catalan pourrait prendre les devants et remettre sa responsabilité entre les mains de Sandro Rossel à travers une démission… ? Le club catalan est connu pour sa « confiance envers les hommes de la maison » et pour sa stabilité, mais la situation, plus qu’inhabituelle pourrait engendrer des décisions rares. Jeter la pierre sur l’adjoint de Vilanova reste cependant cruel vu les prestations individuelles proposées par certains cadres de l’équipe qui a tant fait rêver l’Europe ces dernières saisons. Comment ne pas évoquer les prestations calamiteuses du quadruple ballon d’or, malgré un nouveau record (18 buts marqués lors de clasicos, à égalité avec Di Stefano), Lionel Messi a encore été fantomatique, comme il l’avait été mardi soir et comme il l’a été à Milan. L’avalanche de buts de l’Argentin n’a jamais autant fait figure « d’arbre cachant la forêt », à l’époque où Messi marquait moins, le Barça gagnait plus, ou gagnait mieux ! Quand Messi n’existe pas, plus rien ne se passe, et c’est bien là le drame d’un club au collectif hors norme. La blessure de Villa est sans doute ce qui est arrivé de pire au FC Barcelone, obligeant Lionel Messi à se recentrer encore davantage, l’espagnol peinant à revenir à son meilleur niveau a vu Fabregas le suppléer, dans un rôle légèrement différent, décalant Iniesta sur la gauche. L’époque révolue du duo Iniesta-Xavi dans l’axe est un symbole de la fin d’un cycle qui a connu tant d’heures de gloire, tant d’exploits, qui ont surtout vu le FC Barcelone évoluer à un niveau jusqu’alors méconnu, une révolution qui semble devoir trouver son terme, fatalement, implacablement. Xavi semble enchaîner les blessures, Puyol est largué, Valdès s’en va… Une évidence s’impose alors du côté barcelonais, il va falloir reconstruire. Certes, les bases sont solides, colossales, pleines de promesses, mais évoluer à un tel niveau implique qu’un jour où l’autre, ce niveau faiblira, face à l’implacable empreinte du temps, face aux blessures, face aux indécisions. Le Barça est entré dans l’Histoire pour toujours, et y restera, comme l’une des plus grandes équipes de l’Histoire, le collectif le plus abouti sans doute, mais la suite de l’Histoire s’annonce moins glorieuse. Le déclin assuré du roi Barça est une inexorable certitude, sa résurrection prochaine en est une autre, personne revanche ne sait combien de temps le phénix mettra-t-il a renaître de ses cendres.

Auteur : Damien Jaud

Damien, 31 ans, passionné de foot. Ex-joueur de foot. Fan d'esthétisme plutôt que de puissance. Amoureux du foot.

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