Liga : bilan à la mi-saison !

19
janvier
2013

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Catégorie : Europe

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Le week-end dernier, les 20 clubs de Liga disputaient la 19ème journée, ultime confrontation de la phase aller. L’occasion pour APP de tirer les premiers bilans d’une saison à la fois surprenante et de haute qualité.

Le déclin du Real

C’est peu dire que les Ibériques possèdent l’un des championnats les plus spectaculaires d’Europe, du monde sans doute. Peut-être pas de par son homogénéité, mais au moins par les impressionnantes séries de records battus, chaque saison, par ceux que l’on attend, et par les autres. Pour ce cru 2012-2013, le monde entier attendait le nouveau duel entre le Real, tenant du titre, plus puissant que jamais, et le grand Barça, annoncé comme l’une des meilleures équipes de tous les temps, mais orpheline de son idole de technicien, Pep Guardiola. Le constat fut rapide, dès la première journée, le Real perd des point à domicile, face à Valence, et laisse filer le Barça, on n’imagine pas alors que les merengues ne reverront jamais les blaugranas (sauf miracle). Pourtant c’est bien le Real de José Mourinho qui a réussi à “voler” les deux seuls points laissés en chemin par les Catalans lors de cette phase aller. Un match nul au Camp Nou qui ferait presque tâche si l’adversaire n’avait pas été celui-ci. Paradoxalement, ce bon résultat obtenu par les Madrilènes sonnera le début de la fin…

Mourinho est en mauvaise posture à Madrid

Mourinho est en mauvaise posture à Madrid

Quelques matchs plus tard, ils pointent à 7 points, puis 9, puis 11… aujourd’hui 18 ! Nombreux sont ceux qui auront essayé de trouver une explication à ce déclin sportif et humain, nombreux seront-ils à se casser les dents sur telle ou telle solution. Le Real semble arrivé au terme d’un cycle, brillant, plein de titres, mais qui, fatalement, doit s’achever. Ce qui saute aux yeux, c’est tout d’abord le manque d’esprit collectif, sans revenir sur les performances personnelles, il est notable de constater que les passeurs de la saison dernière n’ont plus le même ratio, que les buteurs sont loin du compte et que les défenseurs sont plus fragiles que jamais. Plus qu’un bouc-émissaire, José Mourinho fait alors office de coupable, difficile de ne pas contester les choix du ” special one “, après avoir défié les supporters madrilènes, provoquer ses propres joueurs en remettant leurs qualités intrinsèques (les mêmes joueurs dont il a décidé le recrutement), il poussera le vice jusqu’à mettre sur le banc l’idole de Bernabeu, le capitaine de la Roja, celui qui a soulevé la Coupe du Monde en 2012, les trophées de Champion d’Europe en 2008 et en 2012, l’intouchable San Iker… impardonnable ! La provocation de trop pour les supporters, dès lors, le “Mou” est conspué par les socios à chaque rencontre, et il faut reconnaître que la manière dont le portugais a voulu ” gérer la crise ” reste encore un mystère pour tout le monde.

La suprématie du Barça

19 matchs, 18 victoires, 1 match nul, on ne parle plus ici de statistiques impressionnantes, mais bel et bien de record. Les Barcelonais ont réussi la meilleure phase aller de l’histoire du championnat espagnol, concédant beaucoup de buts (20), sans doute trop pour une équipe de ce niveau, mais inscrivant la  bagatelle de 64 buts (en 19 matchs), rappelons que le record de buts marqués en une saison par une équipe en Liga est détenu par le Real Madrid, avec 121 buts marqués la saison passée, record en ligne de mire pour le Barça, un de plus. Au-delà des chiffres, c’est la qualité du jeu proposé par le Barça qui a impressionné. De nombreuses questions avaient été posées quant à la propension de Tito Vilanova à endosser le costume de Pep Guardiola. Le fait est que, pour le moment (certes aucun titre n’a encore été gagné), il fait mieux !

Le Barça a développé ces dernières saisons un jeu impressionnant, révolutionnant le football à base de jeu de passes et de précision technique absolue. Parfois stéréotypé, ce système n’a que très rarement été contrecarré, les échecs en Ligue des Champions face à l’Inter de Mourinho (avec un Samuel Eto’o reniant son football pour jouer en N°6) ou l’an passé face à Chelsea (où le Barça a archi-dominé les matchs aller et retour) ne sauraient suffire à remettre en cause un football résolument offensif et qui, malgré les critiques étonnantes stigmatisant un ” ennui de voir jouer le Barcà “, a largement fait ses preuves. Il serait compliqué d’évoquer l’hégémonie du Barça, son jeu, son efficacité, sans citer son représentant n°1, Lionel Messi. Dire que le Barça sans Messi serait une équipe quelconque serait une utopie, évidemment, mais il est clair que ” la pulga ” amène une dimension jamais vue auparavant, résonnant comme un détonateur, un véritable fer de lance, capable de dynamiter un match en un instant, en un geste, une passe, une frappe, un dribble. ” Génie “, ” Légende “, les qualificatifs ne manquent pas pour désigner le meilleur joueur du monde. Si son influence sur le jeu barcelonais ne cesse de prendre de l’ampleur, et coïncide avec le niveau de plus en plus exceptionnel affiché par le FC Barcelone, il en profite également pour étoffer son armoire à trophées et son propre Guiness Book des Records. Si ces derniers sont presque trop nombreux à énumérer ici, rappelons simplement qu’à 25 ans, l’argentin vient d’obtenir son 4ème ballon d’or consécutif, du jamais vu !

Lionel Messi remporte son quatrième ballon d'or

Lionel Messi remporte son quatrième ballon d’or

Mais le Barça, cette saison, plus que jamais, ce n’est pas un seul homme, c’est un véritable collectif, au sens primaire du terme, une équipe, soudée, performante, impressionnante. Chaque joueur, à chaque poste, enchaine des prestations hors du commun. On pourrait citer Xavi, l’éternel serein, Iniesta l’autre génie, mais il y a aussi Fabregas, revenu au top, Busquet qui n’en finit plus de démontrer qu’il est le meilleur n°6 du monde… Que dire de Jordi Alba, de Piqué, de Puyol, l’ancien, de Thiago Alcantara, promis à une relève certaine de très très haut niveau, après que Xavi est éteint la flamme qui le mène encore à chaque rencontre. En 2009, le Barça avait raflé 6 titres, deux ans plus tard, il s’était baladé en finale de Ligue des Champions face à un Manchester que beaucoup annonçait comme le favori…

Trois ans de suprématie sur le foot espagnol contestés par le Real Madrid et son titre de champion en 2012, et pourtant on n’a pas souvenir d’avoir déjà vu le Barça évoluer avec tant d’aisance, tant d’évidence, de simplicité… Le seul danger pour les blaugranas aujourd’hui serait assurément de tomber dans ce piège de la facilité, que beaucoup leur promettent, notamment au niveau européen, mais la soif de revanche est aussi énorme du côté catalan, l’élimination précoce face à Chelsea l’année dernière est restée dans les mémoires, et l’expérience des Barcelonais sera bien utile pour continuer à combiner autant d’efficacité à la fois en Liga et en Ligue des Champions. Mais si le doute ne s’installe pas, si la magie continue à opérer et si les joueurs restent concentrés, on voit mal qui pourrait stopper la machine catalane, lancée vers les sommets.

La surprise madrilène, les déceptions basques

Derrière l’intouchable Barça, la lutte ne fait pas vraiment rage, si l’on pouvait imaginer que le Real s’accrocherait, il n’en est rien. Et c’est l’autre club de la capitale espagnole, l’Atlético, qui est venu s’imposer très vite comme le dauphin du FC Barcelone en suivant le rythme effréné des Catalans lors des premières journées, mais en perdant du terrain, peu à peu, sur les blaugranas. Aujourd’hui les colchoneros pointent tout de même à 11 points du leader en ayant réalisé un parcours absolument exemplaire (14 victoires, 2 nuls, 3 défaites). Si devant, la ” messe semble être dite “, les joueurs de Diego Simeone peuvent s’enorgueillir d’avoir creusé un bel écart en reléguant le Real à 7 unités, de quoi voir venir ? Si le bilan comptable est au-delà des espérances, c’est surtout le jeu produit par les Madrilènes qui a séduit.

Conduits par un Falcao intenable (notamment en début de saison), les colchoneros produisent un spectacle agréable, un jeu offensif comme on aime le voir, une maîtrise impeccable entre expérience et fougue ; l’outsider principal, clairement, pour une place de dauphin en fin de saison.

Duel de buteur entre Lionel Messi et Radamel Falcao

Duel de buteur entre Lionel Messi et Radamel Falcao

Pour les places européennes, la lutte est passionnante, si le podium semble dessiné, le Real donne suffisamment de signes d’insuffisance pour que l’espoir soit permis aux poursuivants que sont le Bétis, Malaga, le surprenant Rayo Valecano (qui confirme une bonne saison 2011-2012, mais dont on peut imaginer qu’il ne tiendra pas le choc sur la durée), Valence et Levante. Les plus probables ? Deux clubs se détachent depuis la fin décembre 2012, le Bétis (4ème) qui n’en finit plus d’aligner les bonnes prestations, notamment à domicile, et Valence, plus que jamais revenu dans la course après un début de saison calamiteux. Les Valenciens pointent à la 7ème place, mais sont sur une dynamique résolument positive et, depuis l’arrivée d’Ernesto Valverde aux commandes, retrouvent leurs qualités et réaffirment leur jeu. Leur prestation en Coupe du Roi face au Real aura fini de convaincre les sceptiques, malgré la défaite (0 – 2). Valence devrait obtenir un ticket pour la Ligue des Champions en fin de saison, au détriment du Real ?…

Si l’Osasuna Pampelune avait brillé la saison passée, terminant à une belle 7ème place, l’illusion n’aura pas duré. Auteurs d’un début de saison mitigés, les Basques se sont effondrés en fin d’année et occupent désormais la place de lanterne rouge. Si rien n’est fait en fin de tableau (6 équipes se tiennent en 3 points), l’Osasuna inquiète, de par ses prestations, et l’avenir semble bien sombre à Pampelune. Autre équipe basque en difficulté, l’Athletic Bilbao n’en finit plus de décevoir. 10ème l’an passé, les coéquipiers d’Iker Muniain avaient sans doute payé un parcours européen trop épuisant. Beaucoup les attendaient cette saison comme des outsiders solides. Si le début de saison fut quelconque, la suite fut pire, et il semblerait que ce ne soit pas fini. Bilbao, 14ème, ne possède que 4 points d’avance sur Majorque, le premier relégable. Qu’est-il advenu du jeu léché et spectaculaire qui avait enflammé l’Europe la saison passée ?

Si la première partie de saison a confirmé la grande forme du Barça, de l’Atlético ou du Bétis, elle aura surtout été marquée par le dépit du football ibérique face à l’impuissance du Real, à l’heure actuelle, il serait bien osé de prétendre que les choses vont changer, mais la saison reste encore longue, et les joutes européennes laisseront des traces.

Auteur : Damien Jaud

Damien, 31 ans, passionné de foot. Ex-joueur de foot. Fan d'esthétisme plutôt que de puissance. Amoureux du foot.

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