L’exemple messin

06
février
2018

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Catégorie : Editos

mollet-cohade

Vendredi soir, l’Olympique de Marseille a fait étalage de tout son potentiel offensif en s’imposant 6-3 face à la lanterne rouge messine, dans un Vélodrome amputé d’une majeure partie de ses plus fidèles soutiens.

Malgré ce large succès permettant aux éléments offensifs marseillais de briller de mille feux, la déception est palpable au coup de sifflet final. Des mots forts de Dimitri Payet au micro de Paga jusqu’aux déclarations de Florian Thauvin en zone mixte en passant par les remontrances de Luiz Gustavo dans le rond central, tout laissait à penser que les joueurs olympiens avaient totalement conscience du point noir que représentait ces trois buts encaissés dans une soirée qui avait pourtant tout du match de rêve.

Initiateur de la révolte messine, Florent Mollet représente à merveille ce que l’on peut aisément qualifier d’exemple messin. Si les débats entre observateurs font rage pour savoir s’il est préférable de « mettre le bus » ou de « jouer le jeu » lorsqu’une équipe supposée inférieure en affronte une autre supposée plus forte, il semble que la stratégie messine de vendredi dernier offre quelques éléments de réponse afin d’alimenter ce débat.

Bien qu’il serait présomptueux de vouloir trancher pour l’une ou pour l’autre de ces options, la stratégie des lorrains nous délivre quelques éléments importants afin de démontrer que la volonté de jouer, d’attaquer et de ne pas se replier, n’est pas exempte de points positifs.

En effet, marquer trois buts au Vélodrome est un exploit majeur au vu des rares exemples passés. Pour autant, en prendre six n’a rien de banal non plus et relance donc l’éternel débat. Toutefois, joueurs, staff et supporters messins ont dû apprécier la capacité de résilience de leur équipe, toujours prompte à aller de l’avant, quitte à exposer une arrière garde plus que fébrile.

Si cette stratégie du « bus » a elle aussi ses réussites comme le Chelsea de Mourinho voire même le 0-0 de Garcia au Parc, elle possède de nombreux contre-exemples, à l’instar de la mise en place caennaise au Vélodrome (5-0).

Bien que ces exemples ne soient pas synonymes de preuves indiscutables -au contraire-, il serait intéressant d’étudier, à grande échelle, la corrélation entre le niveau de l’équipe et l’efficience de cette stratégie. Car il apparaît fort évident qu’une défense Diagne-Niakhaté n’offre pas les mêmes garanties que John Terry et Gary Cahill…

Ainsi, la stratégie messine, au-delà de sa conclusion équivoque, rappelle aux équipes de deuxième moitié de tableau, qu’une farouche volonté de marquer, si elle n’est en rien garante du succès, renforce toutefois les chances d’embaumer le cœur de ses supporters et de prouver à tous qu’une belle défaite augure des lendemains heureux. N’en déplaise aux Caennais…

Auteur : Evan Risch

Marseillais d'adoption, amoureux de Bielsa et du QI foot de Valère Germain

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