Les stades qui ont fait l’histoire

23
décembre
2017

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Catégorie : Ligue 1

stade_geoffroy_guichard

Fin de notre tour d’horizon sur les plus beaux écrins de France. Focus aujourd’hui, sur les stades qui ont fait l’histoire de notre sport. Du Vélodrome à Geoffroy Guichard en passant par le Parc des Princes, le ballon rond a souvent montré, dans ces enceintes, son plus beau visage, laissant à chaque amateur de football des souvenirs impérissables.

Strasbourg, Stade de la Meinau, 1906

Capacité actuelle de 29 320 places

Record d’affluence : 44 566 spectateurs

RFA- Portugal, Euro 1984

 

stade_meinau

Que dire à propos de ce stade mythique de notre pays cher à de nombreux fans de football dont je fais partie. Construit en 1906, la Meinau est le plus vieux stade Ligue 1 cette saison et tient une place privilégiée dans le cœur des français. A ce titre, la remontée en L1 du Racing Club de Strasbourg est une aubaine pour redécouvrir, dans une superbe ambiance, les joies d’un match du Racing au plus haut niveau national. La Meinau c’est incontestablement l’âme du Racing, son plus bel atout, celui qui transcende les joueurs et les pousse vers l’excellence, à l’image de ce début de saison où le Racing fut le premier club à faire tomber le PSG, dans une ambiance bouillante. Les bonnes performances du Racing dans notre championnat aujourd’hui sont incontestablement dues aux bons résultats du club à domicile.

Situé au cœur du quartier éponyme où il est implanté, le stade de la Meinau voit le jour au début du siècle dernier. Non retenu dans la liste des stades pour la Coupe du monde en 1998, il a pourtant accueilli un match de cette compétition chère à Jules Rimet. C’était en 1938, lors de la troisième édition organisée en France. Le Pologne-Brésil de cette année là reste à ce jour le seul match de Coupe du monde disputé à Strasbourg.

Dans les années 1970, le stade est rénové et modernisé en vue d’accueillir l’Euro 84 de football. L’écrin strasbourgeois est le théâtre de matchs mémorables, notamment le France-RFA (1-0) de février 1984 qui marqua les retrouvailles entre les frères ennemis après le drame de Séville en 1982. La Meinau accueillit ensuite deux matchs du prestigieux euro (RFA-Portugal, Belgique-Danemark) et la finale de la Coupe d’Europe des Vainqueurs de Coupe en 1988 opposant la grande Ajax d’Amsterdam aux belges du FC Malines.

Après avoir raté le wagon en 1998 (la mairie n’a pas voulu financer les rénovations en vue du mondial), la Meinau est depuis plus de 20 ans délaissée par les Bleus. En effet le dernier match des tricolores en Alsace remonte à 1996 et un France-Finlande en amical. Espérons que le retour au plus haut niveau du RCSA soit le déclic pour que la FFF songe enfin à faire revenir l’Equipe de France dans la capitale alsacienne … Néanmoins le stade ne manque pas de ressources puisqu’il est capable de se transformer pour accueillir les plus grandes stars en concert (U2, Pink Floyd, Johnny Hallyday).

Le match

France-RFA, Match amical international, 18 avril 1984 (1-0)

Le double caractère historique que revêt cette rencontre est primordial en ce mois d’avril 1984. Tout d’abord ce France-RFA sera pour l’éternité, le premier match disputé dans le nouveau stade de la Meinau, fraichement rénové et considéré à l’époque comme un bijou au niveau européen. Il n’y avait pas plus bel adversaire que l’Allemagne fédérale d’Harald Schumacher pour cette inauguration.

Là est bien le deuxième enjeu de ce match. Moins de deux ans après le psychodrame de Séville lors de la demi-finale de Coupe du monde 1982, français et allemands se retrouvent. Chaque spectateur présent dans le stade, ou assis devant son poste de télévision, se souvient de cette défaite épique, symbolisée par l’agression de Schumacher sur Patrick Battiston. Le désir de revanche est présent chez les Bleus d’Hidalgo, comme l’expliquera Maxime Bossis, et ce, malgré le faible enjeu. Peu importe, la victoire française ce soir là, grâce à un but de Bernard Genghini, est réconfortante, et de bon augure à deux mois de l’ouverture de l’Euro 1984…

Marseille, Stade Vélodrome, 1937

Capacité actuelle de 67 394 places

Record d’affluence : 65 252 spectateurs

Olympique de Marseille-PSG, 27e journée de Ligue 1, 2017

 

stade_velodrome

L’Orange Vélodrome est une enceinte sportive bâtie en 1937, dans le huitième arrondissement de Marseille. Au cours du XXe siècle, le stade connaît une multitude d’extensions pour passer de 35 000 places en 1937 à plus de 65 000 aujourd’hui. Ainsi, Marseille devient un lieu privilégié pour les grands évènements sportifs internationaux organisés en France.

Comme beaucoup d’autres, le stade n’est pas cantonné au football, d’où son nom. Il accueille des courses cyclistes, notamment l’arrivée finale du Tour de France à dix reprises, mais aussi du rugby à partir des années 1950. Le XV de France y joue son premier match en 2000, en l’emportant 42 à 33 sur les All Blacks. Depuis 17 ans, la France n’y a perdu que deux fois, ce qui fait du Vélodrome un stade porte bonheur pour les hommes de Guy Novès. Et puis, pour la première fois de l’histoire de la compétition, la France jouera un match au Vélodrome lors du tournoi des Six Nations 2018. Ce sera lors du France-Italie programmé le 23 février prochain.

L’équipe de France de football n’est pas en reste. De nombreuses grandes performances ont été réalisées dans ce stade. La première d’entres elles est certainement le mémorable France-Portugal de l’Euro 1984. Après un match complètement fou, la France s’impose 3-2 à la 118e minute et atteint  la finale de son Euro. A l’occasion du mondial en 1998, le Stade Vélodrome, tout juste rénové, est retenu pour effectuer le tirage au sort devant plus de 38 000 personnes et 1 milliard de téléspectateurs à travers le monde. C’est ici que les hommes de Jacquet lanceront leur formidable aventure en disposant de l’Afrique du Sud, 3-0. De gros matchs se dérouleront tout au long de la compétition, notamment le ¼ de finale entre les Pays-Bas et l’Argentine avec un but fantastique de Bergkamp, et la demi-finale opposant hollandais et brésiliens.

Bien entendu, le stade est réquisitionné pour l’Euro 2016. Cette fois-ci, la fête sera de courte durée, la faute aux violents heurts survenus entre anglais et russes, en marge du match entre les deux pays, le 11 juin. Mais il est préférable de retenir la suite, avec la victoire française face à l’Arménie en poule, et l’éclatante victoire en demi-finale face à la Mannschaft championne du monde en titre.

Mais évidemment, le Vélodrome est avant tout la maison de l’Olympique de Marseille. Il serait impossible de résumer ici en quelques lignes l’affection qui lie l’OM à son stade. L’OM y a tout connu, entre les grandes soirées européennes, la deuxième division, et des Classicos de légende face au PSG. A travers les époques, le public marseillais a toujours été considéré, à juste titre, comme l’un des meilleurs de France, si ce n’est le meilleur. Cette ferveur populaire est un avantage certain quand l’équipe tourne, mais peut vite devenir un cauchemar en période de crise. On ne compte plus les joueurs ayant perdu la raison sur la Cannebière, Patrice Evra étant le dernier en date. Espérons que l’ambition des nouveaux propriétaires soit vite assouvie, et que l’OM et le Vélodrome retrouvent rapidement la Ligue des Champions. L’absence de l’OM dans cette compétition n’a déjà que trop duré.

Le match

OM- Montpellier, 3e journée de Ligue 1, 22 août 1998, (5-4)

Choisir un match parmi les innombrables prouesses marseillaises au Vélodrome est bien sûr exhaustif. Néanmoins, ce match face à Montpellier figure forcément en bonne place dans les mémoires olympiennes. Cette saison 1998-1999, symbolisée par le duel entre les Girondins et l’OM est l’une des meilleurs de notre championnat. La France, récente championne du monde, attire de nouveaux joueurs, tout en réussissant à garder quelques champions du monde dans l’Hexagone.

Ainsi, l’OM de Rolland Courbis peut aligner ce soir là des joueurs comme Laurent Blanc, Christophe Dugarry ou encore Robert Pirès. Montpellier n’est pas en reste, même sans champions du monde, l’équipe a de l’allure. Articulée autour de Baills et Sauzée en défense, puis de Bakayoko et Gravelaine devant, la formation de Jean-Louis Gasset a du répondant. Dès le début du match, les marseillais sont aux abonnés absents, et les buts héraultais s’enchainent. Après des réalisations de Sauzée, Robert et un doublé de Bakayoko, le MHSC mène 4-0 à la mi-temps !

L’incroyable va alors avoir lieu. Toujours mené sur ce même score à l’heure de jeu, l’OM réagit enfin grâce à un but de Florian Maurice. Puis Dugarry, tout juste entré en jeu, se rappelle au bon souvenir du Vélodrome (c’est ici qu’il avait inscrit le premier but du mondial 1998, deux mois plus tôt) en inscrivant un doublé (64e, 71e minute). Le Vélodrome est en fusion, Courbis sur son banc y croit de nouveau. L’impensable se réalise lorsqu’Eric Roy, le latéral olympien égalise à cinq minutes de la fin. Marseille est inarrêtable ! Sur un énième débordement de Pirès, la défense montpelliéraine se met à la faute et concède un pénalty à la 90e minute. Comme un symbole, c’est Laurent Blanc, l’ancien montpelliérain qui se charge d’exécuter la sentence. Le Cévénol s’élance et trompe Bruno Martini. Le Vélodrome exulte, à l’image de son entraineur Courbis, en transe. L’OM lance de la meilleure façon son championnat, dans un match à jamais gravé dans la légende.

Saint-Etienne, Stade Geoffroy Guichard, 1931

Capacité actuelle de 41 965 places

Record d’affluence : 47 717 spectateurs

ASSE- Lille, ¼ de finale de Coupe de France, 1985

Situé au nord de la ville dans le quartier de Carnot le Marais, le « Chaudron » est un stade mythique de notre championnat. Indissociable des grandes années des Verts, Geoffroy Guichard est un temple du football français.

Construit dans les années 30 par le fondateur des magasins Casino, Geoffroy Guichard, le stade comportait à l’origine seulement 1 800 places, et ne cessera de grandir au fil des exploits des Verts. Dans les années 1970, pendant la période faste de l’ASSE, le président de l’époque, Roger Rocher, décide de moderniser les infrastructures du stade en s’inspirant des grands clubs européens. C’est ainsi qu’en 1974, après un match contre le club yougoslave de l’Hadjuk Split, disputé dans une folle ambiance, que le terme de « Chaudron » apparait pour rebaptiser l’enceinte stéphanoise. Vaincus 4-1 à l’aller les Verts des frères Revelli renversent la situation dans un match de dingue. Cette victoire 5-1, en prolongation, marque le début de l’épopée européenne de Saint-Etienne.

Activement rénové en 1984, 1998 et 2014, le Chaudron se met aux normes pour pouvoir accueillir l’Euro 84 et 2016 et la Coupe du monde 1998. Cela permet aux stéphanois de pouvoir assister au récital de Michel Platini lors du France-Yougoslavie de 1984. L’ancienne gloire du Forez, inscrit un triplé et porte à lui tout seul la France vers le titre européen. Geoffroy Guichard sera aussi le cadre du plus beau match du mondial 1998 entre l’Argentine et l’Angleterre en huitième de finale. Le monde entier découvrira le talent de Michael Owen ce jour là, ainsi que la malice de Diego Simeone qui fera sortir Beckham de ses gonds.

Depuis, le lustre d’antan des années 70 n’a jamais été retrouvé dans le Forez. Néanmoins, après une fin de XXe siècle très difficile (le club végète en deuxième division), le début du XXIe est plus encourageant. Saint-Etienne, après s’être pérennisé en Ligue 1, a retrouvé l’Europe ces dernières saisons grâce à l’énorme travail de Christophe Galtier. Rien ne laissait alors présager un tel chaos lors de ce début de saison. Après le départ de l’entraineur Oscar Garcia et l’arrivée du novice Julien Sablé, le club semble au bord de l’implosion en cette fin d’année. Les performances cataclysmiques des Verts inquiètent, et rapprochent de plus en plus le club de la zone rouge. Des changements sont annoncés à la tête du club, mais les actes tardent à venir. Pour se sortir de ce marasme, l’ASSE aura une nouvelle fois besoin de ses fidèles supporters, qui ne cachent plus leur exaspération vis-à-vis de la direction et des résultats.

Le match

AS Saint-Etienne-Dynamo Kiev, Quart de finale retour de la Coupe des clubs champions, 17 mars 1976, (3-0 ap)

Le plus grand, le plus beau, le plus fort. Cet exploit est le plus retentissant réalisé par les Verts en Coupe d’Europe. En 1976, le Dynamo Kiev, emmené par sa star soviétique de l’époque Oleg Blokhine (ballon d’or en 1975), fait partie des géants d’Europe. Blokhine, capable par ailleurs de courir le 100 mètres en moins de 11 secondes, était devenu pour beaucoup le nouveau Cruyff. Référence d’autant plus naturelle, que le Dynamo, dirigé d’une main de fer par Valeri Lobanovski, pratiquait un « football scientifique » très proche du « football total » de l’Ajax. Kiev domine sans partage le championnat d’URSS et sort d’une année 1975 exceptionnelle, avec à la clé le titre en Coupe des Coupes et en Supercoupe d’Europe. Au match aller, le Dynamo l’emporte aisément 2-0, amenuisant considérablement les chances stéphanoises pour le second acte. Même les statistiques s’en mêlent. A cette époque, jamais le Dynamo n’avait perdu par plus d’un but d’écart en Coupe d’Europe à l’extérieur. Le contexte étant posé, vous pouvez dorénavant comprendre la portée de l’exploit réalisé par l’ASSE.

L’atmosphère pesant du football français à cette époque, fait de Saint-Etienne l’équipe héroïque pour toute une génération. Les Verts remplacent dans le cœur des français une équipe de France absente des grandes compétitions internationales. Pour beaucoup, cette défaite 2-0 à l’aller est insurmontable, surtout si Rocheteau, en délicatesse avec son mollet, doit déclarer forfait. Heureusement, il sera finalement présent et titulaire pour ce match couperet.

La première mi-temps donne raison au pessimisme des observateurs. Malgré une ambiance à la hauteur de l’événement, les intentions stéphanoises ne sont pas récompensées. Le Dynamo gère le match à sa guise et ne panique pas. Il faut, là encore, préciser les règles du football à cette époque. En 1976, la passe en retrait au gardien est autorisée. Pratique pour gagner du temps non ? On peut également dégager tous les ballons en tribune, et attendre que ceux-ci redescendent pour pouvoir reprendre le jeu (les ramasseurs de balles n’avaient pas 50 ballons à disposition à l’époque). Difficile donc pour les Verts d’emballer la rencontre. Arrive alors la 64e minute, celle qui va changer l’histoire du football français.

Parti en contre attaque, Blokhine et Kiev se retrouvent dans un deux contre un d’école à négocier. Aussi surprenant que cela puisse paraître, Blokhine s’emmêle les pinceaux et les Verts repartent en contre. Patrick Revelli adresse un centre parfait à son frangin Hervé qui reprend de volée et trompe Rudakov. Geoffroy Guichard chavire de bonheur !

Sept minutes plus tard, d’un coup franc surpuissant, Jean-Michel Larqué double la mise. Son futur compère Thierry Rolland, exulte à l’antenne. Saint-Etienne est de retour, et c’est maintenant Kiev qui tremble. Les hommes de Roger Herbin entraînent les russes dans une prolongation incertaine. A la 112e minute, après un festival de Patrick Revelli, Rocheteau envoie Geoffroy Guichard au septième ciel. Le volcan est en fusion ! Rocheteau, qui ne devait pas jouer ce match, devient à jamais, le héros du Chaudron.

Nantes, Stade de la Beaujoire-Louis Fonteneau, 1984

Capacité actuelle de 38 285 places

Record d’affluence : 51 359 spectateurs

France-Belgique, Euro 1984

Conçu et pensé en remplacement du stade Marcel Saupin devenu trop étroit et vétuste, le Stade de la Beaujoire voit le jour en 1984. Sous l’influence de son président de l’époque Louis Fonteneau, le FC Nantes se dote avec ce stade, d’une belle vitrine et permet à la ville d’accueillir l’Euro 1984. A cette occasion, l’enceinte accueillera l’équipe de France de Platini lors de son match face à la Belgique (5-0) devant une foule record de 51 359 spectateurs. Lors de la Coupe du monde française de 1998, le public nantais est gâté. Avec pas moins de six rencontres, la cité des Ducs est au cœur du dispositif de ce mondial, avec en point d’orgue le magnifique quart de finale opposant le Brésil de Ronaldo au Danemark des frères Laudrup (3-2). L’équipe de France s’y est également produite six fois pour autant de victoires, notamment face à la Lituanie pendant les éliminatoires de l’Euro 2008, où Thierry Henry inscrivit ses 42e et 43e buts en Bleu, battant ainsi le record de Platini.

Situé au nord est de la ville, le stade accueille pour la première fois les Jaunes le 17 août 1984 face à Toulon (3-1), avant d’être le lieu du premier match du dimanche soir de la toute nouvelle chaîne Canal + lors d’un Nantes-Monaco mémorable. Cependant, le milieu des années 1980 marque un retrait du FC Nantes dans le championnat de France. Il faudra attendre dix ans, et la formidable équipe de 1995 pour que l’enceinte vibre réellement, notamment lors de matchs gravés dans la légende des Canaris comme face au PSG ou la Juventus de Turin. Cette année là, le FCN réussit l’exploit de boucler 32 matchs d’affilée sans défaite en développant un football révolutionnaire basé sur le fameux « jeu à la nantaise ». Cette équipe est symbolisée par le duo que forme l’entraineur, Coco Suaudeau, et le directeur du centre de formation, Reynald Denoueix, le premier nommé n’hésitant pas à confier les rênes de l’équipe aux jeunes pousses du centre de formation (Makélélé, Karembeu, Oueddec, Pedros, Loko, N’Doram). Avec ces virtuoses, le FCN survole le championnat cette saison là, en appliquant le « tarif maison », comprenez 3-0, à dix reprises lors de ces dix-neuf réceptions en championnat.

Hélas, cette équipe n’aura pas de lendemain. Agacé par la vente de ses meilleurs joueurs, Suaudeau claque la porte en 1997. Malgré la reprise de l’équipe par Denoueix et des bons résultats jusqu’au début des années 2000 (Un titre de champion et deux coupes de France), le FC Nantes glisse lentement vers les bas-fonds de la Ligue 1. Après un premier maintien miraculeux lors de la saison 2004-2005, le club aux 44 années consécutives en première division, finit par descendre en 2007. Le club entame alors un long chemin de croix, malgré une remontée en 2008, frôlant même le National en 2010, après une piètre quinzième place, à seulement deux points du premier reléguable.

Depuis 2013 et le travail accompli par Michel Der Zakarian, le club se stabilise en Ligue 1. Le style rigoureux prôné par l’arménien a fait du FC Nantes l’une des meilleures défenses du championnat. A contrario, le secteur offensif symbolise à lui seul les difficultés du club à enchaîner les résultats. Après la parenthèse Girard, le tsar Waldemar Kita premier du nom, tente un coup en attirant un entraîneur étranger au caractère bien trempé en la personne de Sérgio Conceição. Ce coup de poker s’avère payant puisque le portugais ramène le FCN à la septième place (meilleur classement du club depuis la remontée) en développant un football agréable, chose rare ces derniers temps sur les bords de la Loire.

Malheureusement, la volte-face du virevoltant portugais l’été dernier, amène la dynastie Kita à revoir ses plans. Aussi incroyable que cela puisse paraître c’est bien l’italien au CV extrêmement fourni, Claudio Ranieri, qui débarque à la Jonelière en juin dernier. Malgré un début de saison difficile, le pragmatisme de l’italien porte ses fruits puisque le FCN au soir de la dixième journée occupe la troisième place du championnat. Une première à ce stade de la compétition depuis 1995 ! Malgré une fin d’année un peu plus délicate, les hommes de Ranieri occupent une étonnante, et inespérée, cinquième place à la trêve, et peuvent rêver d’un retour en coupe d’Europe que les supporters attendent depuis 2004.

Le match

FC Nantes-Juventus de Turin, ½ finale retour de Ligue des Champions, 17 avril 1996 (3-2)

Après la magnifique saison 1994-1995 ponctuée d’un titre de champion, les hommes de Coco Suaudeau retrouvent l’Europe l’année suivante. Après un premier tour sans embuches, le FCNA terminant deuxième derrière les grecs du Panathinaïkos, le club des bords de l’Erdre élimine le Spartak Moscou pour atteindre les demi-finales de la Ligue des Champions.

En face d’eux se dresse l’ogre turinois du tacticien Marcelo Lippi, et de l’ancien milieu défensif formé à Nantes, Didier Deschamps. Bien que dominée par le Milan en championnat, la Vieille Dame a de quoi faire frémir les Canaris, avec une attaque redoutable, composée du tout jeune Del Piero et du capitaine Gianluca Vialli. Après leur victoire 2-0 à Del Alpi, les italiens sont en très bonne disposition pour rallier l’Ajax d’Amsterdam en finale. Le retour à la Beaujoire n’est qu’une formalité.

En effet, aux termes de cette double confrontation ce sont bien les transalpins qui sortent vainqueurs. Ceci étant, le match retour à Nantes vaut le détour. Dans un match totalement débridé, les Canaris, pour l’honneur, auront à cœur de vaincre la Vieille Dame. Pourtant, rapidement menés au score après un but de Vialli, les nantais reviennent à hauteur peu avant la mi-temps, grâce à un but d’Eric Decroix, sur corner. Dès le retour des vestiaires, Paulo Sousa redonne l’avantage aux italiens sur un contre éclair (51e minute). Les chances nantaises à cet instant sont quasi nulles, mais les hommes de Suaudeau veulent décrocher cette victoire de prestige. Grâce à N’Doram d’abord (69e) puis Franck Renou à la 83e minute, le FC Nantes s’impose trois buts à deux. Malgré l’élimination, les nantais auront fait trembler la Juve jusqu’au bout. C’est à ce jour la meilleure performance nantaise en Coupe d’Europe.

Paris, Parc des Princes, 1972

Capacité actuelle de 48 583 places

Record d’affluence : 50 370 spectateurs

France-Pays de Galles, Tournoi des VI Nations, 1989

 

stade_parc_des_princes

Éternel jardin du PSG et de l’équipe de France jusqu’en 1998, le Parc des Princes retient en son âme, la plupart des moments forts de notre football. Car avant la construction du Stade de France, c’était bel et bien au Parc des Princes qu’il fallait se déplacer pour célébrer le football français.

Situé dans le 16e arrondissement de Paris, le Parc est le cinquième stade français en termes de capacité. Après 5 ans de rénovation, il revoit le jour en 1972 et devient deux ans plus tard l’écrin du tout jeune club dirigé par Guy Crescent, le Paris-Saint-Germain. Il doit permettre de redévelopper le football au sein de la ville de Paris.

Mais le Parc sera aussi le lieu de résidence de l’équipe de France de 1972 à 1998. Durant cette période, joies immenses (victoire à l’Euro 84) et désillusions cruelles (France-Bulgarie 1993) s’entremêleront. Le Parc c’est aussi le XV de France, le Tour de France, et les concerts mémorables de notre Johnny national. Cette institution de notre football est bien évidemment centrale au sein du dispositif des Euros 1984 et 2016 et de la Coupe du monde 1998. L’équipe de France y a d’ailleurs disputé son dernier match en 2013 face à l’Australie.

Ce qui frappe en évoquant ce stade, c’est qu’il a marqué chaque club de notre football. En effet, étant lieu de résidence de la finale de la Coupe de France de 1919 à 1997, le Parc des Princes a vu défiler l’histoire du football français professionnel. Chaque club possède une part de son histoire à l’intérieur des murs du Parc. Le stade accueille également les finales des grandes compétitions européennes notamment en 1995 et 1998 à l’occasion de la finale de la Ligue des Champions. Le Parc marquera aussi, à jamais l’histoire du Tour de France en étant à plus de cinquante reprises, le lieu d’arrivée de l’épreuve, notamment lors de sa première édition en 1903. Vous l’aurez compris, le Parc est bien plus que le stade du PSG, il est un monument de notre football.

Pourtant c’est bien lors des matchs de l’équipe fanion que l’antre parisien vit ses plus belles heures. C’est pour le bleu et le rouge que les tribunes d’Auteuil et Boulogne raisonnent et chavirent. Souvent critiqué pour son calme ambiant, depuis le plan Leproux et la prise en main des qataris, le Parc n’en reste pas moins, dans son histoire, un lieu où les supporters sont rois. A l’instar du Vélodrome, dégager un match dans la myriade de ceux qui se sont déroulés en son sein est délicat. Mais tous s’accorderont pour dire qu’il y aura eu un avant et un après 1993, dans l’histoire du stade, du PSG et de l’équipe de France. L’envie n’étant pas folle de revenir sur la catastrophe de novembre 1993 contre la Bulgarie, j’ai donc privilégié le fantastique exploit réalisé par les franciliens lors du quart de finale retour de la coupe de l’UEFA face au Real Madrid cette même année.

Le match

PSG-Real Madrid, ¼ finale retour de la Coupe UEFA, 18 mars 1993, (4-1)

Cette année 1993 est décidément folle pour le football français. Vingt-cinq ans après, les mémoires retiennent principalement, et à juste titre, la victoire de l’OM en Ligue de Champions et la déroute des Bleus face à la Bulgarie de Kostadinov.

Pourtant, en amont de ces deux évènements, un authentique exploit fut réalisé par les hommes d’Arthur Jorge, le coach parisien. Aux termes d’un match aller très frustrant (le Real marquera sur un pénalty à la 90e après l’exclusion d’Alain Roche) et d’une défaite 3-1 sur la pelouse de Santiago Bernabéu, les coéquipiers de Georges Weah ont soif de revanche quinze jours plus tard.

Le tout récent PSG de Canal + dirigé par Michel Denisot est sûr de sa force. Les deux buts à remonter ne font pas peur aux franciliens. Très vite le PSG domine les débats, et après plusieurs grosses occasions, Weah trouve enfin l’ouverture à la 33e minute. A cet instant le PSG n’est plus qu’à un but de la qualification. Mais c’est lors de la deuxième mi-temps, et notamment à partir du dernier quart d’heure que le match bascule dans la folie.

A la 81e minute, Valdo balle au pied sollicite Weah qui alerte de manière acrobatique Daniel Bravo, qui lui-même remise de la tête pour Ginola. Le varois exécute alors une demi-volée exceptionnelle et inscrit le but victorieux pour le PSG. Du moins le pensait-on à cet instant… Il reste alors dix minutes à jouer et à tenir pour des parisiens recroquevillés en défense et attendant la contre-attaque. A là 89e minute, sur une récupération de Ginola, héros du Parc ce soir-là (contraste saisissant avec le France-Bulgarie et ce fameux centre raté de novembre 1993), le PSG part en contre. Ginola, poursuivant son action, décale Valdo, qui après une feinte de frappe superbe, ajuste Francisco Buyo, le portier madrilène pour le 3-0. Le Parc est en ébullition, mais ce but ne change pas grand-chose finalement. En cas de but madrilène, nous jouerons les prolongations.

Les hommes de Benito Floro obtiennent un dernier coup-franc à la 91e minute. Le consultant de l’époque Michel Platini, flaire le danger, tout comme Charles Biétry et Thierry Gilardi aux commentaires ce soir-là. L’espagnol Míchel envoie le ballon dans la boîte, et après une remise de la tête, c’est l’inénarrable buteur chilien Zamorano qui pousse le ballon entre les jambes de Bernard Lama. Tout est à refaire pour Paris !

Pourtant, malgré les trois minutes de temps additionnel, l’arbitre hongrois de la rencontre Sándor Puhl laisse le jeu se poursuivre. Sur un coup-franc obtenu encore une fois par Ginola, le PSG s’offre une balle de match à la 96e minute. Le brésilien Valdo dépose le ballon sur la tête de Kombouaré qui arrive lancé et expédie, de la tête, le ballon au fond des filets. Cette fois, les madrilènes ne reviendront pas et le Parc, bouillonnant tout au long de la rencontre, exulte ! Arthur Jorge au bord des larmes sur son banc n’ose pas y croire. Le PSG tient bel et bien son premier grand frisson européen et élimine un Real, il est vrai, moins clinquant en ce début des années 1990.

Comme le dira Charles Biétry après le match, on a oublié qu’il ne s’agissait que d’une rencontre de C3. Qu’importe, même si l’enjeu est moindre, par rapport aux récents gros matchs du PSG en Ligue des Champions, cette performance est retentissante, et est entrée pour toujours dans les mémoires parisiennes. 25 ans après, ce match refait régulièrement surface à l’évocation des exploits français en Coupe d’Europe et figure à une très bonne place dans l’historique du PSG.

 

Photos : lalsace.fr & Pacophotographie

Auteur : Fabien Albert

Supporter depuis tout petit du FCN, fan de José Mourinho et Fabien Barthez. Ancien gardien de but. Mais aussi arbitre de foot convaincu que Tony Chaperon est un bon arbitre ! Amateur d'MPG et de Julien Cazarre

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