Les Bleues ont quelque chose à prouver

27
novembre
2015

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Catégorie : Equipe de France Féminine / Football féminin

Dominatrice en 2014, l'équipe de France joue à se faire peur et se retrouve privée d'une partie de ses titulaires habituels. On fait le point.

2014-2015 a été un régal. 54 ballons dans les filets et 3 buts encaissés : c’est le bilan des qualifications de la Coupe du monde au Canada. À l’automne 2014, les Bleues confirment leur 3e place au classement FIFA en battant les grandes nations du football féminin : le Brésil et l’Allemagne sont défaits. Deux buts chacun. Nos joueuses viennent même à bout des Etats-Unis en février dernier. Sur la pelouse du Moustoir à Lorient, Le Sommer et Houara font trembler les filets, l’une plus volontairement que l’autre. L’équipe de France, après des années de disette face aux Etats-Unis a enfin réussi à décrocher un meilleur résultat que le nul. Le Sommer marque dans sa ville, le public est ravi et donne de la voix, les françaises gagnent en confiance, les américaines doutent. Au Tournoi de l’Algarve au Portugal, elles font un sans-faute, jusqu’à ce qu’elles butent sur les Etats-Unis en finale. 0-2. Dommage.

On joue à se faire peur

Pendant la Coupe du monde, c’est une autre affaire. Le démarreur bégaie et la claque colombienne vient résonner sur la joue du coq français. Lady Andrade danse orgueilleusement sur la tombe footballistique de l’équipe de France. Alors on doute. Nos Bleues ont quelque chose à prouver au monde entier. Elles doivent alors montrer qu’elles sont dignes de soulever le trophée. Alors elles nous tendent une tartine de talent et d’efficacité face au Mexique. On ne peut qu’en redemander. Le quart de finale France-Allemagne nous livre une bataille épique entre deux équipes de très haut niveau. Le résultat fait mal. Éliminées aux tirs au but. Mais c’était beau.

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Dominatrice en 2014, l'équipe de France joue à se faire peur et se retrouve privée d'une partie de ses titulaires habituels. On fait le point.

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On rembobine et on recommence mal

La rentrée 2015 se passe bien et le Brésil est à nouveau battu ! 2-1. Ça fait du bien. Les Bleues rencontrent ensuite la Roumanie. Le premier match de qualification de l’Euro 2017 nous montre nos Bleues qui galèrent quelque peu mais heureusement que le résultat est là : 3-0. Ce n’est qu’une mauvaise passe pense-t-on.

En octobre, le couperet tombe. 1-2. Les Pays-Bas battent les françaises chez elles On doute à nouveau. Le jeu proposé par notre équipe de France n’est pas celui qui nous fait rêver depuis un an. Avec ce jeu-là, on gagne pas Rio. On gagne pas l’Euro.

Alors on va jouer l’Ukraine avec encore une fois quelque chose à prouver. 3-0. Le résultat est là. Le jeu, lui, fait mal. Poussif, stéréotypé. Les Françaises se montrent imprécises dans les trente derniers mètres face à un bloc ukrainien difficile à bouger. Les Ukrainiennes défendent bien et les Françaises peinent à trouver des espaces. Le temps semble long, la balle circule, mais c’est pas du grand football.

Un seul être nous manque et c’est dur de marquer

Pour être honnête, il en manquait plus d’une. Prenons l’exemple de France-Ukraine.

En attaque, Le Sommer et Delie se sont peu exprimées. Delie déclenche son option “invisibilité” et on se rappelle qu’elle est sur le terrain vers la vingtième minute tandis que Le Sommer se voit forcée de jouer plus bas pour tenter de trouver des solutions.

Elodie Thomis, blessée face aux Pays-Bas, est remplacée par Viviane Asseyi. La montpelliéraine n’ose pas assez et rentre dans des duels qu’elle remporte trop peu.

Derrière elle, sur l’aile droite, Griedge M’Bock Bathy joue encore une fois en latérale pour remplacer Jessica Houara d’Hommeaux souffrant d’une entorse. Mais M’Bock Bathy est plus une défenseuse centrale qu’une latérale et ça se voit. Les dédoublements ne sont pas automatiques quand ils sont possibles. Pourtant, on sait que Griedge peut largement le faire. Le duo n’apporte pas assez de solutions offensives sur son côté.

Sur l’aile gauche, un autre duo fonctionne mal : Majri et Kaci. Kaci sur son pied droit a tendance à rentrer dans l’axe au lieu d’écarter sur Majri et ralentit le rythme. Pas la meilleure idée quand les roumaines campent défensivement devant leur surface. Majri perd aussi pas mal de duels sur l’aile, se rattrape avec son but et effectue de bons retours sur les attaquantes ukrainiennes qui se lancent dans de rapides contres.

Le moteur Bussaglia-Abily peine à entraîner l’offense et fait circuler le ballon sans se montrer vraiment décisif pour l’avancée des attaques.

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Dominatrice en 2014, l'équipe de France joue à se faire peur et se retrouve privée d'une partie de ses titulaires habituels. On fait le point.

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En défense centrale, Renard et Georges, la base, quoi. Laura Georges fait son retour et s’affirme avec autorité devant la n°20 Kozyrenko. Georges s’impose par l’expérience et avec sérénité. Wendy Renard aura assuré correctement la défense sur les contres jusqu’à sa sortie sur blessure (85e).

Méline Gérard remplace dans les buts Sarah Bouhaddi. La gardienne remplaçante de Lyon n’aura pas de quoi être inquiétée durant ce match.

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Quelles solutions pour l’EdF sans ses titulaires habituelles ?

La liste des absentes sur les derniers matchs de l’équipe de France est longue et explique en partie les résultats. Thomis, Boulleau, Houara, Georges, Nécib, Thiney. Philippe Bergerôo a aussi tenté de nouvelles combinaisons qui n’arrivent pas à rivaliser avec le 11 de départ typique.

Difficile de trouver de la fluidité sans les automatismes entre lyonnaises et entre parisiennes. Difficile de gagner en fluidité quand les joueuses ne jouent pas à leur poste habituel. Sans Elodie Thomis pour prendre de vitesse les défenses sur son couloir droit, l’offense française est en panne d’inspiration et ne parvient pas à déséquilibrer des blocs défensifs comme celui de l’Ukraine.

Alors les Bleues nous proposent un jeu sans saveur, attentiste, comme si une brèche allait apparaître d’elle-même. Manque d’audace, manque de créativité. Mais surtout de précision. Certes, il y a eu quelques étincelles, des mouvements qui étaient intéressants, mais ça finit à chaque fois par une passe ratée. Alors on repart, on fait à nouveau circuler, on cherche la brèche, on l’attend, on essaie et rebelote. 90 minutes. Seulement 3 buts. 3 c’est déjà pas mal. Mais on attend tellement mieux de nos Bleues donc on devient exigeant. Parce qu’on sait qu’elles peuvent faire tellement mieux, elles nous l’ont déjà prouvé.

Contre l’Albanie ce vendredi, les Bleues doivent prouver qu’elles ont toujours l’étincelle…

Auteur : Julia Tefit

Tombée dans le foot féminin grâce à la NWSL, je suis avec attention l'équipe de France féminine et l'USWNT.

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