Lens, Auxerre : gros budgets, petits résultats

15
septembre
2017

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Catégorie : Ligue 1

ambiance supporters Lensois

Lens et Auxerre, deux clubs historiques, deux clubs au gros budget, deux clubs en grande difficulté. Le RC Lens et l’AJ Auxerre n’ont jamais eu autant de similarités qu’aujourd’hui. Pourquoi ces deux gros budgets ne s’en sortent pas?

Le RC Lens – Atletico de Madrid : le duo financier

Après un passage sulfureux sous l’ère Mammadov, Lens a retrouvé des couleurs sous les ordres de Solférino et de l’Athlético Madrid. Actionnaire minoritaire du RC Lens, le club madrilène peine à offrir les moyens au club du Nord de se sortir du très compliqué championnat de Ligue 2. Détenteur de 35% des parts du club, beaucoup imaginaient voir le club madrilène prêter ses jeunes talents au nordiste. Une initiative qui se multiplie ces dernières années notamment avec le cercle de Bruges et Monaco. Le club de la Principauté a racheté le club début 2017 et a immédiatement souhaité faire un partenariat avec le club belge. Des joueurs de Monaco : Paul Nardi, Jonathan Mexique, Jordy Gaspar, Guevin Tormin, Irvin Cardona ou encore Tristan Muyumba y sont prêtés. Ce qui n’est pas le cas entre l’Athlético Madrid et le RC Lens. Si le budget annoncé (41M€) laisse sous entendre que le club madrilène a investi dans le club, prêter de jeunes pépites madrilènes en manque de temps de jeu en Espagne ne serait pas un luxe au vu de la situation actuelle des Lensois.

Sur le terrain, les Sangs et Or sont dans une situation très délicate. Lanterne rouge avec zéro point, rien ne présage une hypothétique remontée en Ligue 1 dès cette saison. Incapable de s’imposer ou de tenir un score, Lens coule et croule sous la pression. Le superbe stade Felix Bollaert ne s’attendait pas à vivre un début de saison aussi cauchemardesque. Avec un effectif pourtant alléchant, les Lensois perdent confiance au fil des matches. Autour de joueurs expérimentés (Douchez, Chantôme, Cvetinovic) et de jeunes talents formés au club (Chouiar, Bellegarde, Duverne) Lens avait pourtant les mains mises pour démarrer cette saison pied au plancher. Pourtant, rien ne se passe comme prévu, perte de motivation des joueurs, le discours de Casanova qui ne passe pas auprès des joueurs, erreurs individuelles fatales… Le sort s’acharne contre le club nordiste. Limogé faute de résultat, Casanova a été remplacé fin août par un joueur emblématique du club : Eric Sikora. Au club depuis 1985 en tant que joueur puis entraîneur, Sikora était l’homme providentiel pour redorer le blason lensois. Hélas, le mal est profond dans le Nord de la France. Si des améliorations sont à notifier dans le jeu, les résultats ne suivent pas. Avec six défaites en autant de matches, Lens doit panser des plaies profondes. Les sangs et or semblent partis pour vivre un véritable calvaire cette saison malgré des ambitions affichées. L’AJ Auxerre, aux ambitions identiques, s’en est sorti de justesse l’an passé et semble encore bien loin de renaître de ses cendres.

 

L’AJ Auxerre : la Chine au pouvoir

 

L’AJA démarre sa saison comme elle l’avait commencé l’an dernier. En un an, le club bourguignon a pourtant tout mis de son côté pour repartir du bon pied. Avec l’arrivée du milliardaire chinois, James Zhou, propriétaire de la société ORG Packaging, l’AJ Auxerre semble promis à un avenir radieux. Sans cette arrivée, l’AJA aurait tracé un destin tragique à l’image de Gueugnon, Grenoble ou encore Le Mans. En licenciant Guy Cotret, ancien président du club, James Zhou a lancé sa refonte profonde du club icaunais. Pourri de l’intérieur, le club de l’Yonne a donc renouvelé intégralement sa direction. Francis Graille nommé président, Francis Gillot nommé entraîneur, Cédric Daury nommé directeur sportif, Jérémy Janot nommé entraîneur des gardiens. Voilà un aperçu de ce qu’a souhaité le nouvel investisseur chinois dans le monde du football bourguignon. Après un recrutement de haute volée sur le papier (Adéoti, Yattara, Philippoteaux, Touré, Polomat)  et des matches amicaux séduisants, les bleus et blancs faisaient office de favori. Tout fonctionnait à merveille jusqu’à cette deuxième mi-temps de la deuxième journée contre le Havre. Alors que l’AJ Auxerre menait 1-0 sur un but de l’excellent Philippoteaux, l’arbitre a multiplié les mauvaises décisions contre les Bourguignons (deux cartons rouges). Depuis, l’AJA a perdu toute confiance en elle. Les tensions renaissent, les doutes remontent, la peur ressurgit, les vieux démons refont surface. Les joueurs déjà présents l’an passé (Tacalfred, Boucher) savent ô combien il faudra à tout prix éviter de nouveau cette situation cauchemardesque. Dans l’esprit des supporters, le mal est profond également. Beaucoup de paroles pour peu de résultats sportifs. La dernière banderole affichée durant le match face à Tours (match nul 1-1) en est une énième preuve : “Une saison de m****”.

L’arrivée du très renommé Francis Gillot au poste d’entraîneur laissait présager un avenir radieux. Pour autant, le technicien auxerrois a dû mal à s’acclimater aux joutes de la Ligue 2. L’antichambre de la Ligue 1 est un championnat extrêmement homogène où tout se joue sur des détails. Francis Gillot n’a jamais pu, depuis le début de saison, avoir son effectif au complet. Une situation l’obligeant à devoir bricolé avec ce qu’il a. Fervent adepte du 4-4-2, le tacticien a fait fructifier les fruits de son schéma tactique dès le premier match face à … Lens. Un match alléchant où le jeu le fut tout autant. Depuis l’AJA est retombée dans ses travers. Face aux difficultés, Francis Gillot  n’y est pas allé par quatre chemins pour faire entendre ce qu’il pensait : “Je ne peux plus rien pour vous, j’arrête.” comme l’a révélé l’Equipe le 28 août dans sa version papier. Les sanctions sont donc tombées : les joueurs décevants (Pape Sané et Yaya Sané) ont été mis au placard la semaine passée et deux recrues ( Carlens Arcus et Ivan Firer) sont venues renforcer les rangs icaunais. Pour quel résultat? L’issue de cette semaine à trois matchs devrait permettre d’y voir un peu plus clair. En affrontant trois clubs du haut de tableau en ce début de saison (Nîmes, Lorient, Valenciennes) Auxerre joue déjà son avenir pour cette saison. A l’issue de cette semaine décisive, des décisions pourraient être prises pour tenter de modifier le cours du jeu. Un limogeage de Gillot comme Moldovan l’an passé? Si tel est le cas, les changements consentis cet été n’auraient changé en aucun cas la situation sportive. La descente de l’AJ Auxerre en Ligue 2 au printemps 2011 n’est toujours pas digéré. Le club dont l’icône du club reste Guy Roux végète en deuxième division. Sa glorieuse histoire d’antan ne peut permettre un avenir radieux. Les ambitions de James Zhou de jouer la Coupe d’Europe avec l’AJ Auxerre semble à des années lumières de la situation actuelle de l’AJA : dix-septième de Ligue 2 avec quatre unités. Un bien triste bilan pour ce club attachant.

 

 

Auteur : Quentin Burban

Amoureux du beau jeu mais fan irrésistible de l'AJ Auxerre. Fan absolu de sport, grand curieux, aime la vie plus que la vie ne m'aime.

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