Le syndrome nouveau stade

27
août
2012

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Catégorie : Editos

Grand-Stade-Lille

Avec son nouveau stade ultra-moderne, Lille entrait définitivement dans la cour des grands. Mais un léger retard à l’allumage en Ligue 1 et un barrage aller mal négocié en vue d’une qualification en Ligue des Champions viennent ternir ce tableau. Comme si avoir un nouveau stade portait malheur ces temps-ci.

Alors, on ne va pas sombrer dans le catastrophisme ou le pessimisme. Restons lucide. Cinq points en trois matchs, on a vu pire comme début, mais il y a mieux aussi. Les départs d’Hazard, Cole sont visiblement encore durs à remplacer, même si Beria s’amusait de cette nostalgie envers le jeune prodige belge, parti faire le show à Chelsea « Hazard ? Faut faire le deuil ». Mais les derniers matchs nuls, contre Nancy (1-1) et à Nice (2-2) laissent perplexe. Il reste évidemment cette volonté de jeu, d’aller se projeter vers l’avant, d’offrir du spectacle, et bon même avec un Martin encore en rôdage, c’est poussif. Sans un grand Landreau, les Lillois seraient repartis du Sud bredouille. Et dans une équipe qui multipliait les cartons par le passé et affolait les compteurs avec son jeu résolument offensif, être sauvé par son gardien, ce n’est pas forcément bon signe. Alors, inhibé les joueurs du LOSC à cause de leur nouvel écrin de 50 000 places, premier stage cinq étoiles UEFA ? Sûrement.

Avec ce bijou de technologie, le club de Michel Seydoux a dû faire face à un ennemi qu’ils n’avaient encore jamais affronté, la pression. Très peu présente ces dernières années, ce qui fait défaut quand le club connaît un pareil tournant. On attendait beaucoup de cette équipe, l’exigence était de se qualifier illico presto pour la Ligue des Champions, histoire de continuer sa progression sur l’échiquier du football européen. Et de rentabiliser la billetterie, sans parler des bonus octroyés aux participants à la plus belle des Coupes européennes. Mais à l’image d’un penalty tiré, sans conviction, de Payet, et finalement arrêté, les Dogues manquent de mordant, et Copenhague mène déjà 1-0 dans les confrontations directes. Autant dire que le match retour s’annonce crucial.

Mais, même en cas de non-qualification (ce qui équivaudrait à être reversé en Ligue Europa), le LOSC pourra se targuer d’avoir mieux réussi son entrée dans son nouveau stade. Ou du moins de la moins pire des façons, ce qui est plutôt rare, ces temps-ci. Le Mans flirtait dangereusement avec le National, et la DNCG a sauvé le club d’Henri Legarda d’un MMArena qui aurait sonné creux en National. Idem pour Le Havre qui aurait pu prendre la même direction, mais un sursaut d’orgueil dans la dernière ligne droite a épargné le très beau Stade Océane des réceptions de Fréjus ou Créteil.

Moins glorieux, Grenoble, ou du moins ses investisseurs asiatiques ont eu les yeux plus gros que le ventre et ont brûlé les étapes. Du Stade des Alpes en 2008, en Ligue 1, le GF38 a payé sa mauvaise gestion et végète en CFA. Plutôt triste oui. Alors, le fait d’avoir un nouveau stade n’est pas toujours synonyme de poisse, demandez aux joueurs et dirigeants de la Juventus ce qu’ils en pensent, mais rentrer dans un stade neuf, sans vécu, et aux antipodes du précédent, ça peut faire tout drôle. Alors, pour ne freiner un marché déjà en retard des stades à construire pour l’Euro 2016, Lille se doit de se qualifier pour la Champion’s League. Pour l’exemple d’abord. Et bon, entendre la petite musique dans un stade de 50 000 places, c’est quand même classe, et scellerait définitivement l’entrée du LOSC dans la cour des grands.

Auteur : Fabien Burgaud

Fabien : motivation le journalisme sportif. Supporter du FCN et amoureux du football.

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