Le point ville de Jules Verne # 2: Un derby amer

25
octobre
2016

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Catégorie : Ligue 1

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le point ville de Jules Verne

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Moment fort de la saison d’un supporter nantais, la réception du Stade Rennais a encore été synonyme de désillusion pour un public qui n’a pas eu grand-chose à se mettre sous la dent. Dans un match assez équilibré, Rennes l’emporte finalement grâce à deux déboulés de N’tep converti par Kamil Grosicki.

Les origines du mal

Quand on évoque la rencontre Nantes – Rennes à la Beaujoire, les avis sont panachés. Certains vous diront que ce match n’a rien d’un derby en ce que la distance qui sépare les deux villes (130km) est trop grande. D’autres avanceront le fait que le derby n’est pas historique et qu’il coïncide juste avec le retour au premier plan du Stade Rennais et les années difficiles du FC Nantes. Mais dire que ce match ne représente rien, c’est aussi l’occasion pour un supporter nantais de minimiser le poids du Stade Rennais dans le paysage footballistique français. Qu’importe que les rouges et noirs terminent constamment leur championnat à une meilleur place que le FC Nantes depuis la saison 2003/2004. Pour les nantais, Rennes reste un club sans palmarès. C’est l’argument ultime que vous entendrez à coup sûr si vous décidez d’entamer une conversation sur le derby avec un amateur de jaune.

Mais si les fondations de ce derby ne sont pas liées à l’histoire d’une rivalité sportive entre les deux institutions, on peut néanmoins prêter des raisons historiques à la genèse de la rivalité entre les deux villes. En 1956, une réforme territoriale rattache la Loire-Atlantique à la région Pays-de-la-Loire et l’exclut de la Bretagne. Une décision qui fait débat à « Naoned » où une partie importante de la population revendique l’appartenance de Nantes à la Bretagne. A Rennes, on salue la réforme qui a permis à la ville de s’imposer comme seule capitale de la Bretagne.

Enfin, l’histoire récente des deux clubs a aussi contribué à donner plus de volume à ce derby. On pense par exemple à la victoire rennaise à la Beaujoire en 2007 qui a précipité la descente en Ligue 2 du club des bords de l’Erdre. On pense aussi à l’envahissement de terrain des supporters nantais contre Toulouse qui a permis à des violets à la lutte avec Rennes pour la LDC de gagner trois points déterminants pour monter sur le podium. Le larcin du tifo du RCK par la Brigade Loire avait également renforcé l’animosité entre les deux camps, tout comme le triplé en une mi-temps de Dembélé la saison dernière.

On écoute les nantais sur ce que représente pour eux un Nantes – Rennes. Merci à Pedro, Fabien, Gurvan, Thomas, Yann ainsi qu’à tous les autres d’avoir pris le temps de répondre à nos questions.

La Bammousala et le douzième homme

Le meilleur moyen de mesurer ce que représente réellement une affiche par rapport à un autre pour les supporters, c’est de regarder l’ambiance du match. Et il ne souffre d’aucune contestation que les oppositions entre Nantes et Rennes se font généralement devant des supporters plus bruyants qu’à l’accoutumé. A Nantes, on aime se moquer du public rennais, mais il faut reconnaître que les « galettes saucisses » se déplacent toujours en nombre à la Beaujoire. Et l’édition 2016/2017 du derby n’a pas dérogée pas à la règle. La tribune visiteur est envahi par une marré rouge qui déborde même en tribune Erdre et en tribune Océane. En face, en Tribune Loire, le « capo » essaie de motiver ses troupes. « C’est le match ce soir qu’il faut gagner » lance-t-il aux 7000 guerriers qui lui font fasse, avant de rappeler aux supporter la consigne des grandes occasions : « Si ton voisin ne chante pas, tu lui bouge le cul ».

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Le début de match est plutôt en faveur des nantais qui semblent mieux maîtriser le ballon que leurs adversaires du soir. Amine Harit lance les hostilités en perforant la défense rennaise avant de décocher un caramel mou qui passe largement à côté des buts de Costil. La Tribune Loire parait un peu fatiguée et les joueurs ne font pas en sorte de lui redonner vie en proposant un spectacle encore très moyen. Les chants se raccourcissent plus vite depuis quelques temps et le niveau des décibels propulsées par les supporters a clairement baissé. Mais moins bien ne veut pas dire insignifiant et la tribune continue de tenir son rôle de douzième homme.

Nantes semble plus à l’aise en 4-4-2 et montre pas mal d’envie. On apprécie notamment les nombreux décalages d’Adrien Thomasson ou encore les bonnes montées de Léo Dubois. Plutôt intéressent sur son côté gauche, Bammou voit sa frappe interceptée par le gardien rennais avant de finalement trouver la faille. Et non, la Bammousala n’est pas le nom d’une salade de saison, c’est juste un beau centre de Bammou coupé par un Sala lancé. Nantes ouvre le score, le stade explose, les rennais baissent la tête.

Thomasson joue vite, N’tep aussi

Au retour des vestiaires, Nantes est en position idéale pour remporter à domicile ce derby qui lui échappe depuis plus de 10 ans. Sur un centre de Bammou, Stepinski tente une retourné acrobatique et caresse le visage de Pedro Mendes avec ses crampons. S’en suit une petite altercation que la Tribune Loire accompagne d’un indémodable « Romain Danzé est une sa**** ».

La deuxième mi-temps laisse cependant apparaitre une équipe nantaise moins concentrée comme l’atteste les passes en retrait dangereuses de Djidji et Diego Carlos. Rennes se montre à l’inverse plus tranchant et on sent que la dynamique Gourcuff commence à se mettre en place. L’égalisation rennaise intervient sur une action parfaitement construite. N’tep déborde côté gauche, prend un relai sur Gourcuff et sert parfaitement Grosicki qui allume Riou à bout portant (1-1).

Malgré un jeu assez pauvre, Nantes parvient à se procurer quelques occasions, mais c’est l’abnégation des jaunes qui leur permet d’arriver dans les 18 mètres rennais et pas la fulgurance de leur jeu de passe. Face à Costil, Amine Harit croque, et met en lumière une de ses principales limites. Mais comment en vouloir au rayon de soleil d’une saison qui s’annonce nuageuse. A la 75ème, Thomasson décide de rapidement jouer un coup franc mais ne voit pas Sio qui trainait à trois mètres du ballon. Le natif Saint-Sebastien-sur-Loire transmet à N’tep qui remonte tout le terrain et sert une nouvelle fois Grosiski sur du velours. Rennes prend l’avantage et dessine la polémique d’après mach. Le but se révélera finalement valable à la vue du règlement dans la mesure où à partir du moment où Thomasson a décidé de jouer rapidement, le savoyard a pris ses responsabilité et l’arbitre n’était pas en mesure de faire rejouer le coup-franc.

Ne pas perdre la face

Le camp rennais est à la fête et on a du mal à voir comment la pire attaque à domicile cette saison va pouvoir revenir dans la partie. Alors, quand on se dirige vers une défaite certaine contre un rival, il ne reste aux supporters plus qu’une seule chose : ne pas perdre la face. Il faut montrer que malgré la défaite nous sommes toujours là pour notre équipe. A Nantes, cela se matérialise souvent par les écharpes tendues en Tribune Loire. D’autres supporters préfèrent mimer des oreilles de lapin en direction des rennais. Un curieux geste qui symbolise dans la mouvance ultra la lâcheté des supporters adverses.

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Côté rennais, on se délecte du déploiement d’une banderole saillante sur laquelle on peut lire : « Notre plus beau trophée, vous fesser ». Après le coup de sifflet final, les joueurs rennais viennent célébrer la victoire avec leurs supporters. N’tep a une petite pensée pour les supporters nantais en feintant de les écouter. Dans une Tribune Loire à l’agonie, ils sont pourtant peu nombreux à quitter les travées la Beaujoire. Malgré la défaite les joueurs viennent saluer la tribune et les supporters leur envoient un peu d’amour. Il ne faut pas perdre la face.

Dans une saison compliquée, gagner des derbys peut constituer un objectif prioritaire pour offrir un peu de joie à ses supporters. Après des défaites face à Bordeaux et Rennes, Nantes n’a pas réussi à remplir son contrat et la route sinueuse du maintien leur tend encore un peu plus les bras.

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Auteur : Nicolas Grellier

Aime la Tribune Loire, les renards des surfaces et Zdenek Zeman.

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