Le point ville de Jules Verne : Prologue

03
septembre
2016

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Catégorie : Ligue 1

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le point ville de Jules Verne

Bienvenue au FC Nantes, équipe moyenne du championnat de France qui dispute sa quatrième saison consécutive dans l’élite. Toujours bien placé dans les classements de popularité, le club des bords de l’Erdre apparaît de l’extérieur comme une équipe sympathique qu’il fait bon supporter.

Mais être supporter du FC Nantes est plus compliqué qu’il n’y parait. Des bévues administratives aux recrutements ratés en passant par un niveau de jeu proche du néant, l’institution FC Nantes se met rarement au niveau des supporters qui colonisent la Tribune Loire un weekend sur deux. C’est dans les gradins qu’il faut regarder pour ressentir quelques sensations à la Beaujoire. Dans cette chaude ambiance, un chant s’est mis à résonner plus fort que les autres et débute par l’électrisant « Oh que je t’aime ville de Jules Verne ». Symbole de cette Tribune Loire déchainée, cet hymne pose également son empreinte sur cette rubrique qui répond à ce doux nom : « Le point Ville de Jules Verne ».

« Le point ville de Jules Verne » renoue avec la tradition nantaise d’Au Premier Poteau. Deux fois par mois, l’objectif sera de vous faire découvrir le FC Nantes de l’intérieur à travers des reportages plurimédias qui chercheront à vous offrir un contenu très diversifié. Abonné en Tribune Loire pour la sixième année, je vous ferai également part de mes impressions à travers des billets d’humeur et des débriefs des matchs des Canaris.

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Mais avant petit retour sur le contexte qui entoure le club à l’aube de cette nouvelle saison :

En 1996, le FC Nantes tutoyait les sommets européens et disputait une demi-finale de Coupe d’Europe face à la Juventus. Vingt ans après l’une de ses plus belles batailles, le club des bords de l’Erdre aspire aujourd’hui à se pérenniser dans une Ligue 1 qu’il fréquente à nouveau depuis trois saisons. Après la monté de 2013, les dirigeants comme les supporters affichaient leur volonté de stabiliser le club sur le plus beau balcon du football français. Mais combien faut-il d’année à un club pour qu’il soit considéré comme pérenniser en Ligue 1 ? Vraisemblablement deux années pour les adeptes du fameux adage : « la deuxième année en Ligue 1 est toujours plus dure que la première » . D’autres, plus frileux, envisagent un semblant de stabilité à partir de trois années consécutives. Un seuil franchi récemment par le FC Nantes qui a signé en mai dernier, sous la houlette de Michel Der Zakarian, son troisième maintien consécutif.

A Nantes, Michel Der Zakarian c’est un peu notre Diego Simeone Ligue 1. Chemise ouverte au troisième bouton en été, col roulé cintré en hiver, Michel aime gesticuler sur son banc et clame haut et fort qu’il se sent chez lui à Nantes où il a tissé des liens très étroits avec les supporters. Véritable pragmatique, il s’appuie d’abord sur une bonne assise défensive avant de penser à marquer des buts. Ses interviews d’après matchs mettent souvent l’accent sur des joueurs qui se sont bien battus et sur un bloc solide. Mais la comparaison, si elle a lieu d’être, doit s’arrêter là. Car Nantes ne régale personne, pas même ses supporters les plus fidèles.

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Témoin de ce constat, le nombre de buts marqués chaque année par les Canaris peine à dépasser la trentaine, faisant de Nantes la 19ème attaque de Ligue 1 la saison passée et la dernière il y a deux ans. Une situation inquiétante qui a commencé à préoccuper les supporters. Autrefois taxé de public exigeant, le public nantais a pourtant revu ses exigences à la baisse après les années noires du club. Au revoir le public de connaisseurs aigris, bonjour les nantais à la vie à la mort. Cette mutation soudaine a permis à La Tribune Loire de devenir en quelques années une des tribunes qui comptent en France et, partout dans l’hexagone, on salue l’ambiance de la Beaujoire. Mais les supporters doivent parler lorsque le spectacle n’est pas au rendez-vous et le mécontentement a envahi les travées de la Beaujoire la saison dernière. Ainsi, lorsque les premières rumeurs concernant le départ de Michel Der Zakarian sont sorties dans la presse, c’est un sentiment mitigé qui a envahi les supporters.

On doit énormément à MDZ sans qui, aujourd’hui, le club végéterait peut-être encore dans les sombres lagunes de la Ligue 2. Guerrier inébranlable, Michel sait tirer le meilleur de son groupe. Mais le meilleur peut ne pas être assez. Et même si l’on prend en compte les lacunes de l’effectif 2015/2016, il faut s’interroger sur la philosophie de jeu prônée par Der Zak. Sur ce point le constat est sans appel : Nantes n’a pas produit assez de jeu ! Johan Cruyff, lorsqu’il était entraîneur à Barcelone, mettait souvent en avant le fait que le rôle de l’entraîneur était de faire venir les spectateurs au stade. J’ai aimé la relation humaine que Der Zakarian a entretenu avec le public. J’ai aimé la monté et les maintiens. Mais maintenant que le club semble stabilisé en Ligue 1, il me semble normal d’aspirer à autre chose sur le plan du jeu. La saison dernière, aller à la Beaujoire n’était plus un plaisir. A de très rares exceptions près, on savait qu’on signait pour une purge.

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Alors, une fois le départ de Michel Der Zakarian acté, je me suis mis à rêver comme beaucoup de supporters à l’arrivée d’un des derniers faiseurs de rêve en France : Christian Gourcuff. Un temps annoncé du côté de Nantes, l’ancien coach de Lorient a finalement rejoint les rivaux du Stade Rennais. Après quelques semaines de tractation, c’est finalement René Girard qui a été nommé entraîneur par un Waldemar Kita enthousiaste. La réaction des supporters est tout autre et des pétitions contre le venu de l’ancien coach de Montpellier ont circulé sur les réseaux sociaux. Les supporters nantais reprochent à Girard son caractère corrosif et son manque de prise de risque largement étalés durant son aventure lilloise. A cet égard, on imagine difficilement qu’une relation saine soit possible avec le fantasque président du FC Nantes. Mais le gardois a résisté à la tempête qui s’est abattue sur lui en procédant à une opération séduction calculée. Pas très pernicieux, le public nantais a abandonné sa fronde et attend désormais de voir son nouveau coach en action.

L’effectif qui sera à la disposition de René Girard a relativement évolué et paraît un brin plus fort que celui qu’avait entre les mains Michel Der Zakarian. Les inconstants Adryan et Bedoya ont traversé l’Atlantique, les prêts de Sabaly et Lenjani n’ont pas été reconduit, Birama Touré a rejoint le Standard de Liège et Cana a rompu à l’amiable le contrat qui le liait au club. Quant à Kolbein Sigthorson auteur d’un bon Euro, il s’est envolé pour Istanbul dans les derniers jours du mercato et ne laissera pas un grand souvenir à Nantes où il a beaucoup déçu.

Côté arrivées, la cellule de recrutement nantaise a fait dans l’exotisme. On admirera cette année à la Beaujoire les brésilien Diego Carlos et Lucas Lima en défense, Nikolaj Thomsen au milieu de terrain, Alexander Kacaniklic sur l’aile et le jeune polonais Stepinski en pointe. Et puis cet été, tout Nantes s’est pris d’amour pour la dernière merveille de la pleine de jeu de la Jonelière. Champion d’Europe U19 avec l’équipe de France, Amine Harit a éclaboussé de son talent toute la compétition au point d’avoir reçu des sollicitations du Bayern Munich. Un joueur qui devrait rentrer dans les plans de René Girard cette saison. L’entraîneur gardois est d’ailleurs réputé pour ne pas hésiter à lancer des jeunes, une caractéristique qui plait énormément aux supporters d’un club qui a connu ses heures de gloire grâce à sa formation. Étendard de l’école nantaise, Valentin Rongier signe également son retour après la longue blessure qui l’a tenu éloigné des terrains une bonne partie de la saison dernière.

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Le tableau est dressé, la saison n’a plus qu’à commencer !

Auteur : Nicolas Grellier

Aime la Tribune Loire, les renards des surfaces et Zdenek Zeman.

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