Le point ville de Jules Verne # 1: La claque

15
septembre
2016

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Catégorie : Ligue 1

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le point ville de Jules Verne

 

C’est le cœur léger qu’on se rendait en ce bel après-midi de Septembre à la Beaujoire. Dans l’allée principale on profite de la mousse et des derniers rayons de soleil de l’été. Le FC Nantes reste sur deux défaites 1-0 contre Monaco et Bordeaux mais il en faut plus pour inquiéter des supporters nantais qui n’ont plus connu depuis longtemps les sueurs froides d’un maintien difficile. La réception du promu messin apparaît comme idéale pour relancer nos canaris en panne offensivement. Le secteur offensif a d’ailleurs connu quelques retouches durant la trêve internationale. Kolbein Sigthorson a quitté la cité des Ducs sans qu’on sache s’il était véritablement un jour arrivé. Pour le remplacer, Nantes a misé sur Mariusz Stepinski, un international polonais de 21 ans qui va devoir supporter sur ses frêles épaules les attentes d’un public sevré de buts depuis plusieurs saisons.

D’entrée de jeu, Stepinski est aligné aux côtés de Yacine Bammou sur le front de l’attaque nantaise. Le 4-3-3 du début de saison se mue en un séduisant 4-4-2 en losange avec Amine Harit en numéro 10 et Guillaume Gillet à la récupération. Privé de Diego Carlos, René Girard décide de faire confiance au jeune Anthony Walongwa pour prêter main forte à Vizcarrondo en défense centrale.

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nantes-metz-compocapture : https://www.youtube.com/watch?v=rVsgH9k0NmU

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Panique sur le pré

Le match commence très bien pour les nantais. Les 15 premières minutes sont certainement les plus abouties depuis le début de saison. Nantes joue haut et presse les grenats. Une attitude parfaitement illustrée dès la cinquième minute quand Thomasson va gratter un ballon à 30 mètres des cages messines que Stepinski est proche de prolonger dans les buts de Didillon. L’organisation du milieu de terrain nantais est intéressante. Positionné devant la défense, Guillaume Gillet fait parler son jeu de tête. Un cran plus haut, Amine Harit enchaîne les bonnes passes et perd peu de ballon. Même lorsqu’il se montre un peu trop gourmand balle au pied, le champion d’Europe U19 arrive à obtenir une faute ou à trouver un coéquipier. Rongier et Thomasson sont également en jambe avec une mention spéciale au savoyard qui cherche à vite se projeter vers l’avant.

Alors en tribune, personne ne semble véritablement inquiet lorsqu’à la 18ème minute, Mevlut Erding crucifie Rémy Riou d’une jolie frappe enroulée. Pourtant, Nantes doit désormais marquer deux buts pour s’imposer, une performance que les jaunes n’ont plus réalisée depuis le 21 mars dernier et une victoire 2-0 contre Angers. Et face à la montagne qui se dresse devant eux, les nantais vont progressivement perdre pied. Thomasson, Rongier et Gillet disparaissent. Amine Harit reste dans son match mais perd plus de ballons. Bammou et Stepinski sont remuant mais ne parviennent pas à convertir les maigres situations qu’ils se procurent.

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En face, Metz ne cherche pas à maîtriser la possession et exploite les contres à fond. Un schéma de jeu primaire qui a largement été utilisé par le FC Nantes au cours de ces dernières saisons. Une technique payante car les messins grâce à un nouveau but d’Erding font le break avant la mi-temps. Les locaux regagnent les vestiaires sous une pluie de sifflets tandis que la Tribune Loire chante « Mais il est où le FC Nantes ».

En deuxième mi-temps le naufrage continue. Les nantais sont amorphes et ne savent pas quoi faire d’un ballon qu’ils ont possédé à 58% tout au long de la partie. Le bloc nantais évolue trop bas pour être dangereux. Les milieux sont trop loin des attaquants et le seul Harit ne peut pas faire le lien entre la défense et l’attaque. Dans ce 4-4-2, Thomasson et Rongier doivent prendre leurs responsabilités et évoluer un cran plus haut. On avait entraperçu les bonnes qualités de relance de Diego Carlos sur les trois premiers matchs, elles ont cruellement manqué face à Metz. A 10 minutes de la fin, Vizcarrondo stoppe irrégulièrement Ismalia Saar et offre l’occasion à Erding d’inscrire un triplé. L’international turc s’élance et convertit son pénalty, la Tribune Loire exulte et nous rappelle aux bons souvenirs de 1998 en entonnant « et 1 et 2 et 3 zéro ». Depuis la 70ème minute l’ambiance de la Beaujoire a brusquement changé.

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Nantes-Metz

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Colère en tribune

Devant la pauvreté du spectacle proposé, la Tribune Loire lance à la 70ème un chant à la gloire de Michel Der Zakarian. On commence déjà à regretter celui qu’on avait sacrifié dans l’optique de voir un peu plus de jeu à la Beaujoire. Nantes a marqué un but en quatre matchs et ne s’est pas procuré une myriade d’occasion à la Beaujoire, une situation qui rend las des supporters qui sont de moins en moins nombreux au stade. Face à Metz ils étaient moins de 20000 à avoir fait le déplacement, un signe fort qui témoigne du désamour du public pour le jeu de son équipe.

Autre signe symptomatique de cette désaffection progressive des supporters, la tribune Loire semble avoir perdu son éclat d’entant. Si les meneurs de la Brigade Loire peuvent toujours s’appuyer sur une tribune pleine, il leur est de plus en plus difficile de mobiliser des voix. Fondateur de l’ambiance de ces dernières années, le chant « allez nantais » n’est plus repris par la Tribune Erdre ce qui constitue une sérieuse ombre au tableau d’une ambiance souvent présentée comme une des meilleures en France. La tribune que certains avaient surnommée « le mur jaune » en référence à Dortmund est devenue intermittente et les supporters qui donnent de la voix pendant 90 minutes ne forment plus qu’une palissade (voir la photo ci-dessous).

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Mais si cette tendance était déjà apparue la saison dernière, le match contre Metz a marqué une nouveauté avec le retour d’un climat hostile à la direction du club. En fin de match, les « FC Kita on en veut pas » pleuvent et le cœur de la tribune remet au goût du jour les tubes de nos années en Ligue 2 avec notamment le pas très rythmé « oh Waldemar, oh Waldemar à cause de toi on se tape la honte dans toute la France » que vous pouvez réécouter au début de la piste soundcloud en bas de l’article. La famille Kita avait été épargnés les années précédentes à la faveur de résultats sportifs positifs et d’une relation d’apparence saine avec Michel Der Zakarian. Mais on peut parier que le torchon qui brûle entre Waldemar Kita et René Girard au sujet du recrutement couplé à une série de mauvais matchs pourrait rapidement rendre la Beaujoire électrique.

Pour compléter tout ce qui a été dit au dessus on vous laisse avec les témoignages de trois supporters nantais. Jacky veut laisser du temps à cette équipe qu’il juge talentueuse. François pointe le manque d’envie des nantais. Quant à Jacques il n’est pas satisfait du mercato.

Auteur : Nicolas Grellier

Aime la Tribune Loire, les renards des surfaces et Zdenek Zeman.

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