Le Naples de Maurizio Sarri, « al di là del risultato »

10
juin
2017

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Catégorie : Europe

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L’éloge est récemment sorti de la bouche de Fabio Capello : «  Il y a eu le grand Ajax, le Milan de Sacchi, le tiki-taka barcelonais de Guardiola et maintenant c’est le Napoli de Sarri. ». Après la saison prolifique en buts du Napoli, c’est une pluie de compliments qui s’abat sur le football pratiqué par les partenopei. Nous allons tenter de voir pourquoi, à l’image de sa ville, le Napoli devient une place à part sur l’échiquier du football européen.

Comme dans la plupart des villes portuaires, le football est vécu à Naples comme une véritable religion. Illustration faite le mardi 7 Mars sur les coups de 18h, la frénésie s’apprête à s’emparer du vétuste Stadio San Paolo. A plus de deux heures du coup d’envoi, ils sont déjà des milliers à garnir les travées du stade et à entonner le célère « Un giorno all’improviso » l’hymne du Napoli, attendant avec excitation le 8ème de finale retour face au Real Madrid. Galvanisés par cette ambiance électrique, les coéquipiers de Marek Hamsik proposent 50 minutes de très haut niveau. Pressing haut, intensité dans les duels, rapidité d’exécution. Asphyxié, le futur champion d’Europe madrilène ne voit pas le jour et encaisse rapidement un but par Mertens. Si le froid réalisme de Sergio Ramos aura finalement raison des ardeurs napolitaines,  Naples l’atypique, méprisée à longueur d’année par le reste de l’Italie, trouve ce soir là une idylle à la hauteur de sa beauté. L’Europe du football est sous le charme des 60000 cœurs azzurri et du football proposé par Maurizio Sarri.

Comment  un ancien banquier de 58 ans originaire de Naples, passé en quelques années de la 5ème division à l’hymne de la Ligue des Champions, s’est-il fait une place à côté de noms tel que Sacchi et Guardiola ? Par des principes de jeu simples basés sur l’offensive et une personnalité hors norme. Avec son visage tout droit sorti du casting de Gomorra, et sa science du jeu, le coach du Napoli inspire le respect. A l’été 2015, c’est lui qui repositionne Hamsik milieu gauche et Insigne sur la gauche de l’attaque. C’est également lui qui pique au vif Higuain, auteur d’une saison folle sous le maillot azzurro l’an passé, en lui demandant de s’affuter et d’être plus exigeant avec lui-même.

Al di là del risultato * (*Au delà du résultat)

Contrairement à l’Ajax, au Milan de Sacchi et au Barça de Guardiola, le Naples de Sarri est cependant encore loin du sacre continental. Si le scudetto se rapproche au fur et à mesure que l’écart avec la Juve se resserre, le Napoli n’est pour l’instant qu’un prince sans couronne dont la beauté n’a simplement pas d’égal. Meilleure équipe de Serie A à l’extérieur cette saison (13V, 4N, 2 D, 50 buts inscrits, 20 encaissés), les partenopei ont offert à leurs fidèles supporters un spectacle offensif régulier hors de leurs bases. Avec ce jeu de passes courtes fluidifié par la technique impeccable du capitaine Marek Hamsik, l’apport des côtés (Ghoulam-Insigne / Hysaj-Callejon) et la patte inspirée du regista Jorginho, la variété du jeu offensif proposé par les napolitains est très certainement en train de laisser une trace indélébile sur l’histoire du football européen.

- Les joueurs du Napoli remercie les tifosi sous la Curva. Fusionnel. -

– Les joueurs du Napoli remercie les tifosi sous la Curva. Fusionnel. –

E oggi come allora, diffendo la citta * (*Et aujourd’hui comme autrefois, je défends la cité)

Comme le chantent les tifosi : « Di tempo ne è passato, ma sono ancora qua » * (*Du temps est passé mais je suis toujours là), l’amour que portent les napolitains à leur équipe est indescriptible et traverse les époques. Il y a une dizaine d’années, ils étaient 51000 spectateurs de moyenne à soutenir leur équipe en Serie C1, troisième échellon du football italien. Arrivé à maturité, perfectionné par l’éclosion des talents Zielinski et Marko Rog, et avec l’apport de Milik, blessé la majeure partie de la saison, le collectif partenopeo devrait encore s’étoffer l’année prochaine et le Napoli régaler tous les amoureux du beau jeu. De quoi donner de nouvelles bouffées de chaleur à la divine tifosa Marika Fruscio. On ne s’en plaindra pas.

Auteur : Yannis Eleftheria

Méditerranéen rebelle et romantique baptisé à la religion footballistique. Le foot pour sa dimension sociale, la plume comme arme.

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