Le mercato, mode d’emploi

16
juillet
2012

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Catégorie : Mercato

feindouno-au-gabon

Mercato. Dans le dictionnaire c’est écrit «Période durant laquelle les joueurs de football peuvent-être transferés entre deux clubs». S’arrêter à cette définition serait naïf et dommage. Car le mercato estival est bien plus que ça. Plus compliqué, plus secret, plus glamour, et qui fait bosser les mecs des vignettes Panini une fois par an, il est toujours un rendez-vous incontournable dans le monde du football.

Au sens premier du terme, le mercato est un grand marché où les clubs s’échangent des joueurs dans le but de renforcer une équipe. Ou la rendre plus attractive. Ou l’affaiblir. Ça peut paraître con en soi, sauf que les exemples ne désemplissent pas. Signe que c’est une période charnière du style « ça passe ou ça casse ». Dès la fin du championnat, le supporter est amer, déçu. Dans ce premier cas, il espère que son club trouvera du renfort parce qu’il a bien vu que l’équipe A n’en touche pas une et ne le fait plus rêver. Du coup, il espère que les bons joueurs arriveront et que les objectifs soient enfin respectés.

Après, il y a ceux qui ont déjà remplit leur cahier des charges. Et pour eux, c’est carrément l’angoisse. Un peu comme Montpellier. On espère garder ses cadres, mais on se dit qu’on aura du mal à les garder vu que la médiatisation entraîne de l’intérêt à l’étranger et que le joueur veut voir plus haut et s’envoler vers d’autres cieux. Pour tout le monde, le mercato est important. Et reflète bien la santé des clubs, et leur réputation.

Un bon club n’aura pas de souci pour recruter. Sur son seul nom, des joueurs en sont limite à envoyer leur CV et la case « transferts » dans L’Equipe ne désemplit jamais vu que les rumeurs vont bon train, PSG pour ne citer que lui. Jamais sur les forums d’ultras, on ne lit autant de « j’ai entendu dire que… ». Les infos sont à prendre avec des pincettes mais font le bonheur de sites spécialisés comme mercato365.com, qui, quand on se le demande, ne doivent rien foutre d’autres de l’année. Par contre, pour les écuries dont l’image est ternie ou au contraire, les caisses sont vides, on cherche une équation bien compliquée, le fameux « recruter malin et pas cher ». L’idée est sensée, le concept séduisant, mais dur de ne pas se planter quand on mise sur des jeunes tout droit sortis des bas fonds du football français et qui changeront d’univers. Comprenez des matchs tranquilles de National où la pression est proche du néant à un club ultra-médiatisé où le moindre faux-pas est analysé, et bien sûr, critiqué. Raspentino est l’exemple à l’OM, qui peine à séduire avec des conflits en interne et une diète qui repousse plus qu’elle attire.

Et à l’approche de cette orgie monétaire, les gros riches gloussent, rigolent, et salivent. Leurs pétro-dollars (Malaga, PSG, Manchester City) seront déversés par liasses, et pas en dessous de 10M€, évidemment. Ceux qui ont les moyens adorent cette période de l’année. Elle reflète le pouvoir, la puissance et l’influence que peut avoir l’argent sur des joueurs. Non, l’argent ne fait pas le bonheur, mais il y contribue. Alors, on se lance des défis à distance.

Qui pourra acheter ce joueur que 6 clubs se disputent ? Combien de millions pourront être dépensés pour accueillir celui-ci ? Mais putain, il sort d’où tout cet argent ? Tant d’interrogations … Les joueurs, eux, sont plus perplexes. Y’en a qui veulent bouger et affirment officieusement que changer d’air leur ferait du bien. À coups de « Mon contrat arrive à son terme. Après tout peut arriver… ». Cette dernière phrase peut faire du bruit. Elle peut faire la une de journaux peu scrupuleux (car si on en arrive à titrer ça, c’est que c’est VRAIMENT la galère pour trouver quelque chose à écrire), et attiser les acheteurs. Et puis, il y a les joueurs. Bourlingués, trimballés, au gré de dirigeants qui ne voient que le chèque au bout et ne feront pas d’état d’âme au moment d’envoyer leur poulain à Chypre ou pire. En D2 Islandaise. Satané foot business. Pour les agents, ce sont deux mois à vous faire des cheveux blancs. 60 jours pendant lesquels le portable sonne toutes les secondes, où on passe son temps à démentir, mentir, lancer les journaleux sur de fausses pistes (ben quoi, on peut rire non?) et où les nuits se font courtes. Bref, deux mois où la caféine remplace l’eau. Ou bien la Red Bull pour les vrais bonhommes.

Signe de l’hypocrisie régnante, on va se plaindre des salaires et montants mirobolants des transferts. Oui, oui, même toi derrière ton écran. C’est cher, c’est vrai, mais le problème n’est pas là. Le football est une putain de machine à fric où les entreprises ont compris que le sport le plus populaire est un business à part entière et que sa puissance est équivalente au nombre de personnes qui aiment le foot dans le monde. Il est presque normal que les échanges soient si onéreux. Surtout quand il y a le spectacle au bout. Parce que oui, le supporter moyen critique, il fustige. Mais il est bien content d’aller au stade et de supporter son équipe avec le dernier joueur à la mode qu’il traitait de tous les noms il y a encore quelques semaines quand il a vu que ce dernier toucherait 3500 fois son SMIC. Par mois. Dur.

Mais il amène de l’attractivité dans le championnat visé. Ibrahimovic rentre dans cette case. Ce gars payé une fortune et qui attitera les autres magiciens du ballon rond car si il est en Ligue 1, enfin au PSG, c’est que là-bas, il y a de l’argent à se faire. Effet dominos qui peut faire de la Ligue 1 un grand championnat. Enfin on l’espère, car l’affluence des stades est synonyme de la pauvreté des joueurs sur les pelouses…

Ensuite, grâce à SoFoot par exemple, on peut voir que le mercato permet de se marrer en lisant quelques noms de mecs transferés, et en fait, ça nous fait ni chaud ni froid. Qui frisonnera quand il apprendra qu’Ismaël Blanco passe du Legia Varsovie à Munich 1860 ? Qui aura un semblant d’érection quand il lira qu’un grand gaillard de d’1m89 ira se les cailler en Norvège alors qu’il jouaient en Grèce et que son salaire était gelé depuis novembre dernier ? Après, il n’est pas dit qu’on survolera ces brèves dans les colonnes des journaux (mais si, à droite là, en petit!) parce qu’on peut y retrouver des beaux noms. Juninho à Vasco de Gama (bon c’est pas d’hier, mais on miserait une pièce qu’un ultra lyonnais aura pleuré devant ce genre d’articles), ou encore Feindouno , ex-Bordelais et Stéphanois, qui se casse au FC Sapins au Gabon. Nostalgie quand tu nous tiens…

Bon, c’est sympa le mercato, ça fait vendre, ça fait jaser, ça fait exulter. Mais se taper des matchs amicaux où les équipes réserves s’affrontent, non merci. Deux mois, ça peut faire court, mais dans le subconscient d’un supporter, c’est super long. Et juste pour ça, on espère que la Ligue 1 reprenne. Si, si.

Auteur : Fabien Burgaud

Fabien : motivation le journalisme sportif. Supporter du FCN et amoureux du football.

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