Le LOSC, histoire d’une fusion

28
mars
2017

Auteur :

Catégorie : Ligue 1

losc

La probable arrivée de Marcelo Bielsa à la tête du LOSC va définitivement lancer l’ambitieux projet orchestré par Gérard Lopez. Soucieux de respecter l’identité du club nordiste, comme l’a attesté la passation de pouvoir avec Michel Seydoux, l’entrepreneur luxembourgeois possède aujourd’hui un club dont la création était loin d’être pensable avant guerre. Revenons sur une fusion qui, bien qu’elle est faite débat, a mis tout le monde très vite d’accord à force de victoire.

Une fusion pour survivre

Bien que le football n’est pas disparu pendant l’occupation allemande en France lors de la seconde Guerre Mondiale, son organisation au niveau nationale avait été totalement déstructurée. Dès septembre 1944, la préparation d’un championnat à nouveau uni se veut le symbole d’une France libérée et réunifiée. Chaque ville espère y avoir son représentant. Seulement la précarité d’après guerre ne permet pas de faire vivre autant de sections sportives que par le passé. Des choix vont donc s’imposer. A Lille, on tient à ce que la capitale des Flandres redevienne la place forte du football nationale comme elle a pu l’être au début des années 30′ avec l’Olympique Lillois.

Seulement un autre club se veut être le premier représentant lillois et a même pour ambition de régner sur le Nord footballistiquement parlant. Situé dans l’Est de Lille, le Sporting Club de Fives entend défendre ses couleurs face à son rival historique qu’est l’Olympique Lillois. Devant l’impossibilité financière d’inscrire les deux clubs de la ville, le lillois Henri Kretzschmar va soumettre rapidement l’idée, jusque là impensable, d’une fusion entre les deux clubs historiques de la région flamande. Dans un premier temps réticents, les fivois voient dans cette fusion leur disparition. Pourtant à force de négociation celle-ci finira par se réaliser. C’est donc sous le nom Lille Olympique Sporting Club que le club de la ville de Lille débutera le premier championnat de France d’après guerre.

Des négociations salées

Les pourparlers auront été difficile pour le diplomate qu’est Henri Kretzschmar afin de réaliser la fusion entre les deux clubs. En effet Louis Henno, le présidents du S.C. Fives, ne compte pas être l’artisan du démantèlement de son club de cœur et encore moins au profit de l’Olympique Lillois. En remontant à la création du championnat professionnel de football en France, on comprend à quel point les relations entre les deux sont tendus. Louis Henno a toujours eu le rêve que son club soit le représentant numéro un du Nord de la France. En 1932 il décide donc d’inscrire le S.C. Fives dans la première édition du championnat professionnel du football français sentant la nécessité de prendre le wagon de la professionnalisation pour accélérer le développement très ambitieux du club.

De son côté, l’Olympique Lillois hésite à passer le cap de la professionnalisation ce qui permet à Louis Henno de rêver secrètement de dépasser le club rival afin de s’octroyer l’hégémonie régionale. Flairant la passe d’arme pour la suprématie régionale et voyant de nombreux joueurs s’exiler chez le rival, les lillois n’ont pas d’autre choix que de réagir rapidement. Ainsi dans les derniers instants avant le démarrage du championnat, les dirigeants de l’Olympique Lillois décident également d’acquérir le statut de professionnel et de participer à ce championnat. Et malgré une lourde défaite chez l’ennemi fivois qui fera le bonheur de Louis Henno, l’Olympique Lillois est sacré champion du premier championnat professionnel de football en France.

En 1944 les rancœurs sont persistantes entre les deux clubs mais Henri Kretzschmar va proposer à Louis Henno le fauteuil de président du Lille Olympique Sporting Club. Sous ce compromis, l’ancien ailier du S.C. Fives va accepter la fusion et ainsi présider une période faste pour le néo-club lillois. En effet avec deux titres de champions et quatre coupes de France le LOSC impose sa suprématie dans les dix années suivant l’après guerre et peut même se targuer d’avoir pu participer à une finale de la Coupe Latine mettant aux prises les champions des différents pays latins. Cette soif de victoire est dans l’identité du club nordiste et elle pourrait bien réapparaître dans les années à venir.

Crédit photo : buzzsport.fr

Auteur : Leo Dellier

La passion a débuté au stade Léon Bollée, elle demeure intacte aujourd'hui.

Vous avez aimé cet article ? Partagez-le !

Les derniers articles de la catégorie Ligue 1

Plus dans Ligue 1
arbitrage
Arbitrage : ce que le foot doit prendre au rugby

Fraîchement réélu à la tête de la FFF, Noël Le Graët devrait faire de l'arbitrage français une priorité. Pour améliorer...

Heyraud
Jacques-Henri Eyraud, les marseillais et Eole

Le 17 octobre dernier, c’est-à-dire cinq mois, Frank McCourt devenait officiellement le nouveau propriétaire de l’Olympique de Marseille. Dans ses...

Vada
Valentin Vada, l’éclosion

Les Girondins peuvent exulter. L’issue d’une bataille menée contre les tourments depuis 6 ans est en train de leur être...

Fermer