Le FC Nantes contre vents et marées

02
mai
2014

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Catégorie : Ligue 1

On leur promettait l'enfer, c'est finalement le maintien à 3 journées de la fin que le FC Nantes s'est adjugé. Retour sur la belle saison des canaris.

On leur promettait l’enfer, la descente immédiate, une vingtième place, il n’en est rien. En se maintenant officiellement à trois journées du terme, les canaris de Michel Der Zakarian ont fait taire les pessimistes. Avec un effectif venant en grande majorité de Ligue 2, la Maison Jaune a réussi son objectif premier, à savoir le maintien.

Un début de saison remarquable

Si le FC Nantes sera en Ligue 1 l’an prochain, il le doit avant tout à sa première partie de saison réussie. Surprenants, les jaunes et verts ont plané et même surfé sur la vague de la montée, rien ne pouvait les arrêter. Du premier succès contre Bastia (entaché par l’affaire Abdoulaye Touré), aux victoires retentissantes à Rennes, Bordeaux, Marseille, le FCN a maîtrisé les assauts des habitués de la Ligue 1, qui ne s’attendaient pas à voir un promu à pareille fête. Cette réussite passait avant tout par un collectif rôdé, soudé, une bande de potes qui savaient se trouver, qui n’avaient qu’une seule et même envie : prouver et démontrer qu’ils ne devaient pas être enterrés aussi facilement. Malgré une fin d’année 2013 ternie par deux revers face à Toulouse et à Saint-Etienne, les canaris concluaient l’année par une position dans le top 10. En ayant titillé le top 5 à de multiples reprises, se mêlant même à la lutte pour les places européennes.

Un long hiver…

La même symphonie ne s’est pas répétée à l’entame de la reprise. Les coéquipiers de Filip Djordjevic s’essoufflent, ne parviennent pas à retrouver leur allant, leur envie, leur hargne. La victoire de Lorient, le 12 janvier, sera le début d’une descente aux enfers. Neuf matches sans le moindre succès et durant cette période, une élimination en demi-finale de la Coupe de la Ligue par l’ogre parisien (1-2). Paris, l’interdiction de recrutement pour deux mercatos, des décisions arbitrales en défaveur des joueurs de Loire-Atlantique et vous obtenez un mélange terrifiant pour les têtes. Les nerfs et le mental ont été mis à rude épreuve et on pensait que Nantes ne s’en remettrait pas. Ajoutez à cela la suspension du meilleur buteur du club Djordjevic et des blessures de quelques cadres et le ciel devenait noir, très noir…

Pourtant, piqués dans leur orgueil, les joueurs Nantais vont se relever et enchaîner les résultats positifs. Un nul à Lille, une victoire contre Montpellier et la Beaujoire pouvait enfin souffler. Les victoires importantes de Guingamp et Valenciennes allaient définitivement faire basculer le FCN de l’autre côté de la barrière, c’est-à-dire, assurer un maintien sans doute acquis dès décembre, mais qui avait été remis en cause par la spirale négative de janvier à mars.

Désormais en roue libre, la formation d’un Michel Der Zakarian remis dernièrement d’un staphylocoque doré à la hanche, peut finir sereinement la fin de saison, tout en pensant à l’avenir. Interdits de recrutement, les canaris posséderont en grande majorité le même effectif que durant cet exercice. Les jeunes du centre, compléteront une équipe qui n’aura qu’un seul mot d’ordre : le maintien.

Avec qui ?

Il n’y aura pas véritablement de casse-tête pour la famille Kita cet été. Seulement, quelques questions subsistent toujours. Si Filip Djordjevic, après 6 ans au club, quittera le navire pour rejoindre l’Italie et la Lazio Rome, Adrien Trebel placardisé par sa non-prolongation de contrat sera obligé de trouver un nouveau point de chute sont sûrs de s’en aller, d’autres restent flous concernant leur avenir. On pense bien évidemment à Issa Cissokho, que Marseille surveille attentivement, à Papy Djilobodji qui a la côte un peu partout en Europe et qui possède la plus forte valeur marchande du club.

Du côté des joueurs prêtés, le doute plane. Itay Shechter arrivé lors du mercato hiver, devrait voir son option se lever, en revanche quid de Johan Audel et de Banel Nicolita ? Le premier intéressé par le projet, mais qui est toujours en proie à des blessures récurrentes, passant plus de temps à l’infirmerie que sur le terrain. Le second qui a refusé un contrat de 2 ans, pointant du doigt la durée (le Roumain souhaite un contrat de 3 ans) et sur les termes financiers. Des détails sont encore à régler.

En revanche, les Rémy Riou, Lucas Deaux, Jordan Veretout, Alejandro Bedoya ou encore Serge Gakpé feront partie du projet Nantais la saison prochaine. Des valeurs sûres qui devront être des atouts indispensables aux canaris pour pouvoir à nouveau se maintenir dans l’élite et ne pas voir le FC Nantes, revenir à l’échelon inférieur.

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Le retour de la formation

L’interdiction de recrutement a parfois ses avantages. Les jeunes pousses de la Jonelière pourront désormais plus postuler à une place dans le groupe professionnel, voire s’installer durablement sur le banc ou dans le XI de départ. Les prémices ont commencé, surtout en cette fin de saison. Jordan Veretout n’est désormais plus vraiment seul. Le natif de Belligné qui pendant une période, était un des seuls joueurs formé au club sur la feuille de match et titulaire, dû en partie à la mise à l’écart d’Adrien Trebel.

Aujourd’hui, la donne a évolué. Les blessures ont permis à des Maxime Dupé, Koffi Djidji de postuler à une place de titulaire, qui a été obtenue. Le troisième portier de la maison jaune a suppléé Rémy Riou pendant quatre rencontres, montrant ainsi ses qualités. Remettant légèrement en cause la hiérarchie établie. Le défenseur central, épargné par les blessures, a été un digne remplaçant de Papy Djilobodji. Avec huit titularisations dont un but, Koffi Djidji a démontré qu’on pourrait compter sur lui à l’avenir, postulant presque à une place de titulaire l’an prochain. Derrière eux, Chaker Alhadur a fait de nombreuses apparitions, remplaçant comme il se doit Olivier Veigneau ou encore Issa Cissokho, quand ceux-ci étaient absents. L’international Comorien, polyvalent (pouvant jouer à gauche comme à droite), doit cependant muscler son jeu et prendre du volume. Néanmoins il reste une garantie, avec de l’expérience emmagasiner.

Des jeunes déjà présents, auxquels s’ajouteront les Georges-Kevin N’Koudou (quelques apparitions en pro), Léo Dubois, Valentin Rongier, Adama Niané, Aristote N’Dongala, Yacine Bammou, Souleymane Sangaré ou encore Najib Gandi. La Jonelière, terre de jeunes pépites qui ne demandent qu’à postuler mais qui devront satisfaire un Michel Der Zakarian exigeant. L’arrivée probable d’un Loïc Amisse dans le staff de l’Arménien, pourrait être salvatrice et une aide précieuse pour les jeunes canaris.

La réussite de Michel Der Zakarian

Depuis son retour à l’été 2012, le FC Nantes va mieux, une évidence. Lui qui avait déjà réussi à faire remonter le club en Ligue 1 cinq années auparavant, a récidivé l’an dernier. Désormais en Ligue 1 et capitaine du navire, le coach Nantais a les cartes en main pour installer durablement un des patrimoines du football hexagonal. Sa philosophie de jeu, axée principalement sur une défense solide et des contres-attaques salvatrices, a fonctionné en première partie de saison, mais a connu quelques éclats durant la seconde.

Les dernières rencontres ont démontré aussi que les jaune et vert pouvaient se montrer très bons dans le jeu et dans l’efficacité, en témoigne le 6-2 à Valenciennes. Gagneur dans l’âme, conquérant et dur avec ses troupes, Der’Zak comme il est surnommé ne lâche jamais, toujours à la limite du politiquement incorrect, notamment avec le corps arbitral. Qui lui a valu certaines remontrances de la Ligue et des matches de suspension. On n’aime ou on n’aime pas, mais le travail établi par Michel Der Zakarian force le respect, reprenant un club à la dérive sportivement, le faisant revenir dans l’élite Française et surtout en inculquant sa philosophie à des joueurs pour la plupart revanchards et qui vont tous dans le même sens. La mayonnaise a fonctionné.

On leur promettait l'enfer, c'est finalement le maintien à 3 journées de la fin que le FC Nantes s'est adjugé. Retour sur la belle saison des canaris.

Plus qu’un public, un douzième homme

La Beaujoire a connue des années de gloire et aussi des moments cauchemardesques. Aujourd’hui, elle retrouve ses lettres de noblesse. Une nouvelle génération de supporters a repris le pouvoir. Entraîné par la Brigade Loire, principal kop situé en Tribune

Loire, qui malgré son désamour envers la direction, réussie à faire revenir au premier plan, le public Nantais. L’ambiance, saluée par les observateurs, les joueurs, est devenue l’une des réussites du retour en Ligue 1. Un symbole fort témoigne de ce renouveau. Les anciens joueurs du club, soulignent tous la même chose : ils n’avaient jamais connu cela, même quand Nantes atteignait les sommets sur le plan sportif. Impressionnant. Impressionnant comme la descente des supporters de la Tribune Loire sur chaque but des canaris, qui avait époustouflé l’international Américain Alejandro Bedoya à son arrivée :

“Contre Bastia, je n’ai pas pu jouer. Mais j’ai pu voir qu’il y avait une ambiance fantastique. Et cette tribune, que les gens considèrent peut-être comme une tribune Ultras, est une tribune incroyable. J’ai été impressionné. Vous savez quand j’étais petit, j’avais l’habitude de regarder du football Argentin, et ils font la même chose quand ils marquent. Ils courent tous vers le bas de la tribune et ils se bousculent en prenant des risques insensés. Il y avait une ambiance fantastique !”

Un public spectaculaire, et qui ne demande qu’à évoluer, à progresser. En témoigne l’apparition du Kop Erdre en Tribune Erdre. Un groupe qui ne souhaite pas faire la concurrence à la Brigade Loire, mais qui souhaite l’aider et qui ne désespère pas à être au bas de la tribune, eux qui sont aujourd’hui placés tout en haut de l’Erdre.

La jeunesse a repris la main, et Nantes avait justement besoin de cela, dépoussiérer et donner un coup de fouet à une institution qui n’a pas évolué, restant dans les années de gloire.

Il faudra donc faire avec le FC Nantes l’an prochain, personne n’y croyait et ils l’ont faits. Maintenant, le plus dur commence pour les canaris, se stabiliser, ne pas connaître une nouvelle débâcle et surtout reconstruire, pour pourquoi pas, retrouver les clés du succès dans les années qui viennent. Le public n’attend que ça.

Auteur : Thomas Bernier

Amoureux du football, supporter du FC Nantes et fan de Norwich City.

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