LDC : Paris ou l’importance de la sentinelle

15
février
2018

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Catégorie : Europe

FBL-EUR-C1-REALMADRID-PSG

Il ne faut jamais réveiller une bête comme le Real. C’est peut-être le message le plus fort qu’à lancé le club de la capitale espagnole au monde du football. Inutile de rappeler le score, 3-1 pour les locaux. L’heure est grave. Et même si, à chaud, le sentiment est de penser que la qualification relève de l’exploit titanesque (style remontada) il n’y a pas que le pessimisme qui doit exister. Même si des erreurs notables sont à souligner. Il n’existe pas que les attaquants dans une rencontre, il faut aussi avoir un bloc défensif mené de main de maître par une colonne vertébrale solide.

Il suffit de prendre le match à la deuxième minute pour voir une première action troublante. Isco récupère le ballon au niveau de la ligne médiane, est étonnamment libéré de tout marquage parce que Neymar n’est pas placé. En levant la tête, il aperçoit une défense parisienne en place bien que statique. Les automatismes font effet et Ronaldo, pourtant parti des 40m au centre, réalise un appel en profondeur sur une course de 20 mètres dans laquelle aucun joueur ne sourcille, Berchiche et Kimpembe se contentants de reculer dans une distance les séparant trop large (pratiquement 10 mètres).

 

Ronaldo A1S1

A1S2 Ronaldo

Placé au poste de sentinelle comme de coutume depuis quelques semaines, Lo Celso réalise un mouvement minimaliste, alors qu’il peut gêner la passe, ayant Verratti reculé couvrant la zone derrière lui. L’action ne débouche sur rien, la frappe de l’attaquant portugais étant trop croisée, mais il y a d’entrée de jeu les prémices de quelques manques de communication.

Ce pauvre Lo Celso n’est pas à incriminer que pour le penalty ou la faute devant la surface (24e). Excellent en Ligue 1 depuis un bon mois, l’argentin a fait l’étalage de ses lacunes en poste de sentinelle si le niveau augmente. Mode “Ligue des Champions”. Deuxième exemple :

S2 frappe Benzema

S3 frappe Benzema

Après un gros duel dans l’entre-jeu remporté par les madrilènes, une sorte de contre-attaque en demi-terrain s’amorce, menée par Marcelo. S’en suit un décalage du bloc parisien vers la droite. Benzema, protagoniste de la bataille du milieu, accélère et sprinte 30 mètres durant pour faire l’appel entre les lignes dans la zone but-but (plein centre, en somme). Comme le milieu s’est focalisé sur le ballon, dont Lo Celso et Verratti, l’attaquant français s’est retrouvé libre de tout marquage, à équidistance entre les deux lignes défensives.

Au lieu de servir Ronaldo en profondeur, le latéral brésilien perçoit un appel plus intéressant, sert Benzema qui d’une frappe enroulée du gauche, oblige Aréola à se détendre de tout son long. Un arrêt de classe, et une action qui mérite aussi l’éloge. Paris n’a pas le droit à l’erreur, ou elle est immédiatement exploitée.

C’est le genre de rencontre qui montre l’importance de la sentinelle. L’idée n’est pas de faire le procès de Giovani Lo Celso qui remet en cause toute la hiérarchie du milieu à trois parisien depuis un mois, mais bien de prouver l’importance d’un poste de l’ombre qui nécessite un placement adéquat quelque soit le type d’attaque placée, ou non, lancée par l’adversaire. Quelles sont les solutions. Recadrer ? Laisser la confiance ? Changer de joueur au poste ? Quoi qu’il en soit, le Paris Saint-Germain va devoir se révéler dans un match retour pour lequel tous les amoureux du ballon rond ont déjà coché la date. 6 Mars, soyez prêts.

Auteur : Clément Finot

Le sens du jeu de Pirlo, le jeu de tête de Chamakh, les appels en profondeur de Cavani, mais surtout l'amour d'écrire sur le jeu.

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