Laure Boulleau (PSG) “J’essaie de tourner cette petite page noire”

26
septembre
2014

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Catégorie : Football féminin / Interviews

A quelques heures du choc de la D1 Féminine entre le PSG et Montpellier, Laure Boulleau fait le point sur son début de saison et sur celui du PSG.

A quelques jours du match qui opposera le PSG à Montpellier, l’un de ses concurrents directs au podium, nous avons eu la chance de nous entretenir avec l’emblématique Laure Boulleau. C’est avec beaucoup de justesse et d’humilité, qu’elle a accepté de nous livrer sa vision de ce que pourrait être la saison 2014-2015 de D1 féminine ; celle qui pourrait déboucher sur un nouveau titre pour le Paris Saint Germain ?

Bonjour Laure, comment vas-tu ?

Ça va, je suis en forme physiquement ! Contente d’avoir repris face à Metz, car cela commençait à devenir pesant. C’est compliqué après une bonne prépa de ne pouvoir ni débuter le championnat et ni rejoindre l’équipe de France, j’essaie de tourner cette petite page noire parce que c’est minime par rapport à mes précédentes blessures. Quand on se sent en forme, c’est toujours délicat d’être éloignée des terrains et c’est la première fois que je rate un début de saison.

Quel est ton bilan de la saison passée ?

La saison a été difficile, le dernier mois notamment, c’était très intense. Nous avions fait une bonne entame de seconde partie de championnat puis nous avons semé des points en route, ce qui nous a forcé à devoir gagner toutes les rencontres jusqu’à la dernière journée. C’était stressant, car nous avions pour objectif de jouer la ligue des champions, ça a été très serré avec Juvisy et l’issue aurait pu être en notre défaveur.

Peut-être que les nombreux changements au sein de l’équipe et au niveau du système de jeu n’ont pas joué en notre faveur, mais ça nous servira aujourd’hui, nous avons assimilé et cela nous rend plus à même de nous adapter.

Tu joues au PSG depuis 2005, as-tu déjà songé à rejoindre un autre club ?

Avant que nous soyons professionnelles, j’ai été contacté plusieurs fois par Lyon et il y a une année où ça aurait pu aboutir. J’attendais un gros projet avec le PSG, j’avais envie de changer de dimension et c’était déjà le cas à l’OL depuis quelque temps. Je me suis raccrochée à l’espoir de voir naître le grand projet dont on m’avait parlé à Paris et aujourd’hui, je ne regrette pas du tout.

Gagner la ligue des champions, c’est un des objectifs du PSG ou priorité au championnat ?

Les objectifs sont multiples, la ligue des champions n’est pas un bonus. Je pense que nous sommes aujourd’hui une équipe qui arrive à maturité, le club a beaucoup investi dans les féminines et c’est bon moment pour gagner des titres. Dire que nous allons gagner la ligue des champions, c’est peut-être un peu audacieux, mais faire un bon parcours en dépit d’un tirage compliqué serait une bonne chose. Retrouver Olympique Lyonnais aussi tôt, ce n’est pas le plus simple… Beaucoup de monde pense déjà à ces rencontres, mais il faut pour le moment se concentrer sur Twente et pour un 16èmes, c’est loin d’être un cadeau !

La coupe du monde au Canada, tu y penses déjà ?

Je ne sais pas si les autres joueuses sont comme moi, mais j’ai tendance à focaliser sur les objectifs à courts et moyens termes. C’est vrai que j’y pense tout de même dans un coin de ma tête, après nous sommes qu’en septembre, les échéances à venir en club sont très importantes.

Quels sont tes objectifs ?

Mon objectif perso, c’est de gagner des titres avec le PSG. Une coupe de France, c’est bien, mais je parle plus du championnat ou de la ligue des champions : ce serait le top du top ! Ce qui veut dire avant tout, jouer et être performante, car, c’est important pour moi. En ce qui concerne l’équipe de France, gagner en confiance en se confortant à des grandes équipes et confirmer que j’y ai ma place même si je ne suis pas partie longtemps.

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Tu as suivi les rencontres face à la Finlande ?

Oui, même si j’avais des sentiments un peu mitigés parce que je suis à fond avec mon équipe, mais c’est très frustrant, c’est même sentimental, de rater un stage avec les bleues. Du coup, quand j’ai regardé le match j’ai eu un peu de peine car j’avais vraiment envie d’y être, de jouer mais j’ai envoyé plein de messages.

Quelles seront les forces du PSG cette saison ?

Il y a des belles arrivées ! Celle qui me vient immédiatement en tête, c’est Caroline Seger, parce que c’est une grande joueuse et une super femme en dehors du terrain, elle a beaucoup de leadership. Elle a tout d’une joueuse cadre et c’est rapidement devenu un repère pour moi. Je sais que si j’ai un souci, je peux lui demander de l’aide et elle saura trouver les mots pour me mettre en confiance ; on avait vraiment besoin d’une joueuse entière comme elle. J’ai eu un coup de cœur immédiat pour elle, son football, elle est extra.

Nous avons de la chance, car, sur les 4 arrivées, nous gagnons quatre filles au top qui se sont bien intégrées humainement parlant, mais qui sont aussi là pour travailler. Lira va beaucoup nous apporter grâce à son audace sur les côtés, Josephine Henning, c’est un monstre physique avec une puissance exceptionnelle, la concurrence est rude. Il ne faut pas non plus oublier Ann Berger, que j’appelle Hamburger, qui est un super gardienne qui ose beaucoup au pied, elle n’a pas peur de jouer court et j’apprécie.

Montpellier – PSG, c’est ce samedi, Laetitia Tonazzi, ce sera la joueuse montpelliéraine à marquer ?

Le MHSC a un bon trio en attaque, je pense aussi à la joueuse suédoise, qui les a rejoints lors du mercato, ainsi qu’à Marina Makanza. Nous les avons rencontrées lors d’un amical avant le début de la saison, il manquait les U20 : Claire Lavogez et Sandie Toletti qui ont un bon niveau. Le week-end dernier, Lyon a montré ce qu’il fallait faire pour aller dans le bon sens et gagner, à nous de faire la même chose.

Montpellier et Jusivy restent d’importants adversaires ?

Oui, clairement ! Jusivy, c’est particulier, lors des grandes affiches, elles sont capables de se surpasser et ça les rend très dangereuses. C’est un club qui a des bonnes joueuses, je pense notamment à Gaëtane (Thiney) qui est très en forme, surtout contre nous. J’espère que le fait d’en parler conjurera le sortilège et nous portera chance (rires). Ce sont des matchs où il faut être à 100 % sinon ça ne passe pas…

Quel souvenir gardes-tu de la finale de la Valais Cup ?

J’ai vraiment ressenti deux sentiments, perdre à quelques seconds près, c’est rageant puis je me suis dit que nous avions été plus dangereuses que lors de nos précédentes oppositions, nous leur avons posé plus de problèmes.

Nous avons franchi un nouveau pallier, certainement grâce aux nouvelles recrues et cela nous offre de belles perspectives.

>> Le p’ti plus <<

L’après football, tu y penses ?

J’ai une formation en kiné, mais je ne sais pas si ça sera mon métier… J’aime bien les métiers qui bougent, je n’ai pas envie de tomber dans une routine, j’y pense déjà parce qu’avec le sport de haut niveau, on s’habitue à l’adrénaline et laprès peut paraître angoissant. Instinctivement, je pense que je vais rechercher des challenges qui me font vibrer… Concrètement : “je kiffe ma life” (rires)! J’ai déjà quelques pistes en tête qui me permettront de m’épanouir.

Un passage à CNFE Clairefontaine, c’est un plus ?

Oui, dans le sens où la plupart des joueuses de l’équipe de France y sont passées, à part Gaëtane qui a toujours été une rebelle… Quand on était en U19, elle était déjà très performante ! (rires)

Avec des parcours différents, on se retrouve au même point. C’est plus l’adaptation lorsque l’on sort de ce type de cocon qui est un peu difficile et qui nécessite un accompagnement.

Un conseil à la nouvelle génération de footballeuse ?

Prendre du plaisir à jouer, garder cela en tête à chaque rencontre puis travailler, c’est important quand on veut jouer en D1 et être sélectionnée en équipe de France. Il faut avoir du caractère !

Merci à Laure pour sa bonne humeur et sa disponibilité.

Auteur : Koralee Cano

Crampons ou talons, Koralee a fait le choix de ne pas choisir et surtout d'en parler. Passionnée du détail, curieuse d'en savoir toujours un peu plus, elle décrypte l'univers du football féminin non sans une pointe d'humour.

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