L’AJ Auxerre : le temps passe, rien ne change

14
décembre
2017

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Catégorie : Ligue 2

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Cinq ans que l’AJA végète en Ligue 2. Cinq ans que le club est dans l’attente d’un retour en Ligue 1. Mais en cinq ans les Icaunais n’ont pas fait mieux qu’une septième place au classement. Difficile d’espérer un retour au premier plan pour le club bourguignon.

L’AJ Auxerre est un club à part. La ville de l’Yonne vivait des jours paisibles lorsque le club évoluait en Ligue 1. Rassemblant plusieurs milliers de spectateurs chaque week-end, la ville vivait au rythme de son club de foot. Depuis sa fameuse descente en Ligue 2 au soir du 22 mai 2012 et sa défaite face au champion cette année-là Montpellier (1-2), l’AJ Auxerre n’est jamais revenu au plus haut niveau. Avec le départ de Francis Gillot, cela fait déjà six entraîneurs que le club icaunais a vu défiler en l’espace de cinq années. Comment pouvoir alors espérer revivre des moments de frissons dans l’antre de l’Abbé Deschamps ?

Le rachat par James Zhou : une simple illusion d’un mal bien plus profond ?

Dans une situation financière délicate, l’AJA s’est vu racheter par le propriétaire d’ORG Packaging le 13 octobre 2016. Des ambitions sont depuis affichées et notamment la remontée en Ligue 1 dans un laps de temps très court. Beaucoup d’argents ont été injectés dans le club pour répondre à ces ambitions. Un grand ménage a été effectué avec le départ de Guy Cotret en mai dernier alors qu’il était président depuis avril 2013. Il s’en est suivi la nomination de Cédric Daury au poste de directeur sportif et les arrivées de l’entraîneur Francis Gillot et Jérémie Janot au poste d’entraîneur des gardiens. Ajouté à cela un recrutement de qualité sur le papier avec Philippoteaux, Yattara, Yaya Sané, Pape Sané, Polomat pour ne citer qu’eux.

Le début de saison laissait alors présager une année sereine du côté de l’Yonne. C’est finalement tout le contraire qu’il se passe. Les Icaunais traversent une deuxième saison consécutive sans saveur. L’an passé, Viorel Moldovan, nommé entraîneur durant l’été, avait fait une sortie médiatique remarquée où la défaillance du centre de formation et la pauvreté de l’effectif étaient pointées du doigt. Cette saison, Francis Gillot, malgré les moyens mis en place, a décidé de jeter l’éponge rapidement. L’entraîneur avait déjà voulu lâcher l’affaire en août après une énième défaite face au Paris FC (1-2). Une démission contraire à la volonté de son président, Francis Graille. Gillot était alors resté à l’AJA contre sa volonté. Un très mauvais choix. L’entraîneur s’est montré, à de nombreuses reprises, désabusé face aux non-résultats de son équipe. Son agacement et son dépit en conférence de presse devenus quotidiens, Gillot ne s’est que très peu remis en question par rapport à ses choix tactiques.

Gillot, la défaite de trop

Prônant un 4-4-2, Gillot n’a jamais su tirer le meilleur de son effectif. Dans ce système de jeu, de nombreux joueurs ne pouvaient pas exprimer leurs qualités comme Obraniak cantonné au rôle de milieu droit ou encore Pape Sané qui s’est vu l’objet de nombreuses critiques depuis le début de saison. L’entraîneur a dû faire face à un nombre de blessés importants et n’a jamais pu compter sur un effectif au complet. Pendant longtemps, les absents ont été le sujet d’excuse privilégié du technicien icaunais. L’absence de Yattara en est l’exemple parfait. L’attaquant guinéen est l’homme fort d’une équipe en berne. En son absence, les résultats sont catastrophiques : aucune victoire. Est-ce l’unique faute des joueurs ? Francis Gillot a manqué de remise en cause de sa tactique en l’absence de son attaquant vedette. Les défaites se sont donc accumulées et l’entraîneur s’en est allé. Pourtant, de nombreuses belles séquences de jeu ont pu être observées sous les ordres de Gillot avec des redoublements de passe, des une deux, des transversales de qualité rarement vus lors des dernières saisons. Seulement, beaucoup de ses actions manquaient de tranchant offensifs. Rarement l’AJA a réussi à casser les lignes adverses au contraire d’un bon nombre d’adversaires des icaunais, qui, arrivaient à percer la défense bourguignonne par de bonnes passes. Le 4-4-2 ne permettait pas de mettre en place ce schéma de jeu et les attaquants se sont retrouvés esseulés de ballon. La faculté de Yattara à décrocher pour remonter le ballon en phases offensives n’a été que l’arbre qui cachait la forêt.

D’ici la trêve, Auxerre doit affronter une redoutable équipe corse : l’AC Ajaccio, cinquième du classement. Un réveil est attendu. La trêve permettra de connaître le nom du nouvel entraîneur qui aura une tâche complexe a effectué : l’ambition de faire remonter l’AJA rapidement en Ligue 1. D’ici là la saison qui s’annonce est similaire à l’an passé. Malgré les moyens financiers mis en place, une restructuration sportive et administrative, les résultats ne suivent pas. La désillusion pour les supporters, seules personnes fidèles de l’AJ Auxere, ne cesse d’augmenter. Et si l’AJA n’est-elle tout simplement pas entrain de devenir un club lambda du football français ? Le temps passe et les résultats ne changent pas pour éviter cela.

Auteur : Quentin Burban

Amoureux du beau jeu mais fan irrésistible de l'AJ Auxerre. Fan absolu de sport, grand curieux, aime la vie plus que la vie ne m'aime.

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